En Poitou-Charentes, un dynamisme démographique centré sur les grandes villes

Nadège Pradines

Au premier janvier 2011, 1 780 379 personnes vivent en Poitou-Charentes. Depuis 1999, la croissance annuelle moyenne est de 0,69 %, supérieure à la croissance annuelle en France métropolitaine (0,64 %). La région gagne ainsi 8,6 % d’habitants mais le nombre de naissances annuelles n’a augmenté que de 5,1 %. La hausse de la population régionale est principalement le fait de nouveaux arrivants. Le Poitou-Charentes enregistre en 2010 l’un des taux de natalité les plus bas de France et un taux de mortalité supérieur de près de 3 points au taux métropolitain.

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No 018
Paru le : 17/01/2012

Au premier janvier 2011, 1 780 379 personnes vivent en Poitou-Charentes. La région conserve son 15e rang métropolitain. Depuis 1999, la population de la région a augmenté de plus de 140 000 personnes, soit un gain de près de 12 000 habitants par an. La région enregistre ainsi une croissance annuelle moyenne de 0,69 %. L’évolution annuelle de la population de la France métropolitaine est moindre : 0,64 %.

5,1 % de naissances de plus en 2010 qu’en 1999

18 815 bébés de mère picto-charentaise ont vu le jour en 2010, soit une hausse légère de 0,5 % par rapport aux naissances de 2009. En France métropolitaine, les naissances ont augmenté de 1,0 % sur la même période. Depuis 1999, la croissance du nombre de naissance a été plus forte en France (+7,7 %) qu’en Poitou-Charentes (+5,1 %).

Le nombre de naissances n’est pas régulier selon les années. La tendance générale est à la hausse, mais l’année 2002 a connu un creux important (17 721 naissances dans la région, le plus bas niveau de la période 1999-2010), ce qui limite la hausse globale depuis 1999. Depuis 2002, le nombre de naissance a crû de 6,2 % dans la région.

La Charente-Maritime, département le plus peuplé de la région, enregistre 6 185 naissances domiciliées en 2010. La Vienne suit, avec 5 006 naissances domiciliées. On enregistre 4 060 naissances en Deux-Sèvres et 3 564 naissances en Charente.

Par rapport à 2009, le nombre de naissances baisse légèrement en Charente-Maritime (-0,4 %). En Deux-Sèvres, le nombre de naissances continue de diminuer entre 2009 et 2010 (-2,3 %) après la baisse de 4,0 % entre 2008 et 2009. Dans la Vienne, les naissances ont augmenté de 1,1 %. La Charente enregistre la plus forte progression des naissances en 2010 (+4,6 %) après avoir enregistré en 2009 la plus forte baisse (-7,0 %). C’est néanmoins le seul département de la région à enregistrer de manière récurrente moins de naissances dans les années 2000 qu’en 1999. Dans les trois autres départements, la tendance est à la hausse.

Figure 1 – Évolution des naissances de 1999 à 2010

  • Source : Insee, État civil, naissances domciliées

Un taux de natalité faible et constant

En 2010, le Poitou-Charentes enregistre l’un des taux de natalité les plus bas de France : 10,6 ‰. C’est peu ou prou le même qu’en 2009 (10,5 ‰), inférieur de plus de 2 points au taux de natalité en France métropolitaine en 2010, qui s’établit à 12,7 ‰. On peut notamment l’expliquer par la moindre proportion de femmes en âge de procréer (entre 15 et 49 ans) en Poitou-Charentes qu’en France métropolitaine : en 2009, elles représentaient 23,0 % de la population de métropole, contre seulement 21,1 % de la population de Poitou-Charentes.

En 2009, le taux de natalité varie dans la région de 9,7 ‰ en Charente à 11,6 ‰ dans la Vienne. La Charente-Maritime et les Deux-Sèvres ont un taux de natalité de respectivement 10,0 ‰ et 11,3 ‰.

Figure 2 – Taux de natalité par département en 2009

  • Source : Insee

Forte proportion de naissances hors mariage en Poitou-Charentes

La proportion de naissances hors mariage croît encore en Poitou-Charentes, passant de 62,9 % en 2009 à 64,0 % en 2010. En métropole, la part de naissances hors mariage est de 55,0 %. Le Poitou-Charentes demeure au 1er rang des régions de France métropolitaine devant le Limousin (62,5 %) et la Basse-Normandie (62,3 %). À l’inverse, l’Île-de-France et l’Alsace enregistrent les proportions de naissances hors mariage les plus faibles avec, respectivement, 46,3 %, avec 46,5 %.

Les naissances hors mariage sont devenues majoritaires dans la région dès 2001, avec 6 ans d’avance sur la France métropolitaine.

La part des naissances hors mariage est la plus élevée chez les mères ouvrières (70,6 %) ou celles sans activité professionnelle (69,9 %) et la plus faible chez les mères occupant des postes de cadre ou de profession intellectuelle supérieure (52,1 %).

En Poitou-Charentes, la part des naissances hors mariage est plus élevée que la moyenne nationale pour toutes les catégories sociales, sauf pour les cadres et les professions intellectuelles supérieures chez qui la part de naissance hors mariage se limite à 52,1 % en 2010. Les différences de comportement selon la catégorie socioprofessionnelle se retrouvent à l’échelle de la France métropolitaine.

Figure 3 – Naissances hors mariage en 2010, par catégorie socioprofessionnelle de la mère

  • Source : Insee, État civil, naissances domciliées

Globalement, la structure socioprofessionnelle spécifique de Poitou-Charentes, marquée entre autres par un poids plus élevé des femmes ouvrières et plus faible des femmes cadres, ne joue pas. La différence est essentiellement imputable au fait que la part des naissances hors mariage, à catégorie socioprofessionnelle donnée, est généralement supérieure en Poitou-Charentes.

Légère diminution du nombre de décès en 2010

18 226 habitants de Poitou-Charentes sont décédés en 2010, soit une baisse de 0,7 % par rapport à 2009. En France métropolitaine, le nombre de décès demeure stable entre 2009 et 2010.

La plus forte augmentation se situe en Charente-Maritime, avec 1,0 % de décès en plus entre 2009 et 2010. 6 861 décès y ont été enregistrés en 2010. La Charente, qui avait connu la plus forte augmentation du nombre de décès entre 2008 et 2009, enregistre cette fois la plus forte baisse du nombre de décès de la région (-4,1 %). 3 765 décès y ont été enregistrés. Dans la Vienne, 4 032 personnes sont décédées en 2010, 1,2 % de moins qu’en 2009. Le nombre de décès en Deux-Sèvres a au contraire augmenté (+0,5 %). 3 568 personnes y sont décédées.

Figure 4 – Évolution des décès de 1999 à 2010

  • Source : Insee, État civil, naissances domciliées

Le nombre annuel de décès domiciliés a augmenté de 2,8 % sur la région entre 1999 et 2010. C’est principalement en Charente-Maritime que le nombre de décès annuels a augmenté (5,8 % de décès en plus en 2010 qu’en 1999), en raison de la surreprésentation de personnes âgées dans ce département. En Vienne, le nombre de décès domiciliés a peu augmenté (+0,5 %), à l’image de la France métropolitaine (+0,1 %).

Dans la région, plus d’un décès sur trois (37,6 %) a lieu en Charente-Maritime en 2010, mais c’est en Charente que le taux de mortalité est le plus élevé : 11,2 ‰, contre 11,0 ‰ en Charente-Maritime. La Vienne et les Deux-Sèvres enregistrent des taux de mortalité plus bas, respectivement 9,6 ‰ et 9,7 ‰. La mortalité est plus élevée en Poitou-Charentes (10,3 ‰) qu’en France métropolitaine (8,6 ‰).

Figure 5 – Taux de mortalité par département en 2009

  • Source : Insee

En Poitou-Charentes comme en France, et en 2010 comme en 2009, c’est pendant les mois d’hiver du premier trimestre que les décès sont les plus nombreux. Ils diminuent ensuite pour atteindre leur minimum aux mois d’été (juillet, août, septembre) puis remontent durant l’automne. Ces variations sont sujettes à la météorologie. Ainsi, en 2009, le nombre de décès en janvier est bien supérieur à celui de 2010, ce que l’on peut relier avec l’épisode de grand froid enregistré par Météo France en janvier 2009. De même, un surplus de décès en 2009 à partir du mois d’août pourrait s’expliquer par les épisodes de grande chaleur enregistrés par Météo France cette année-là, au contraire de 2010, qui eut un été moins chaud.

Figure 6 – Décès par mois en 2010

  • Source : Insee, État civil, naissances domciliées

Les hommes meurent plus souvent à l’hôpital

En 2010, dans la région, 53 % des décès sont survenus dans un établissement hospitalier, correspondant à 9 593 décès. 26 % sont survenus au domicile de l’individu et 16 % dans un hospice ou une maison de retraite. Les 5 % restants sont survenus en clinique privée, sur la voie publique, dans un lieu public ou un autre lieu.

Femmes et hommes ne meurent pas tout à fait pour les mêmes causes et dans les mêmes circonstances. Moins d’une femme sur deux décède en établissement hospitalier (49 %), soit sept points de moins que les hommes (56 %). En revanche, plus d’une femme sur cinq (21 %) décède en hospice ou maison de retraite, contre seulement 11 % pour les hommes. Cela s’explique par l’espérance de vie des femmes, supérieure à celle des hommes : elles se retrouvent donc plus fréquemment en situation de dépendance liée à leur âge avancé. Par ailleurs, les hommes sont 3,5 fois plus nombreux à mourir sur la voie publique ou dans un lieu public.

Excédent naturel à la hausse en Poitou-Charentes

En 2010, le nombre de naissances excède de 589 le nombre de décès (+58,8 % depuis 2009) en région.

Les deux départements des Charentes enregistrent un déficit naturel. Il s’accentue en Charente-Maritime depuis 2009 (le déficit est plus important de 15,6 %). Avec un excédent de 676 décès sur les naissances, ce département enregistre son plus fort déficit naturel de la période 1999-2010 et demeure le seul département du Poitou-Charentes où ce solde est systématiquement négatif depuis 1999. On l’explique notamment par la structure par âge du département, où les seniors sont surreprésentés.

En Charente, le déficit naturel est moindre en 2010, après une aggravation record entre 2008 et 2009. La baisse des naissances observée en Deux-Sèvres entre 2008 et 2009 se poursuit, contribuant à une diminution du solde naturel. Il reste toutefois largement excédentaire, comme dans la Vienne. La Vienne enregistre une croissance significative de son excédent naturel.

Figure 7 – Évolution du solde naturel en Poitou-Charentes de 1999 à 2010

  • Source : Insee, État civil, naissances domciliées

Les petites aires presque toutes déficitaires de naissances

Poitiers est la grande aire urbaine enregistrant l’excédent naturel le plus élevé, de 1 286 en 2010. Elle est suivie de La Rochelle (441), Niort (395), Angoulême (276), Châtellerault (116), Cognac (58). Dans l’aire urbaine de Royan, pour une naissance, on enregistre plus de deux décès. Le solde naturel y est largement négatif (-357). Les grandes aires urbaines de Saintes et Rochefort enregistrent en 2010 un solde naturel à l’équilibre1, les naissances compensant légèrement les décès.

En 2009, les tendances étaient sensiblement les mêmes : Royan était la seule grande aire urbaine largement déficitaire en naissances, le solde était à l’équilibre pour Cognac et positif pour les autres grandes aires urbaines.

Au sein des moyennes aires, les soldes naturels sont à l’équilibre ou légèrement excédentaires, hormis à Saint-Jean-d’Angély où on enregistre un déficit de 87 naissances. C’était déjà le cas en 2009, avec un déficit de 57 naissances.

Mauléon, Nueil-les-Aubiers et Cerizay sont les seules petites aires où le solde naturel est positif en 2010. Dans les 18 autres petites aires 1, on enregistre un déficit de naissances. Dans les petites aires de Confolens, Melle, Civray, Jonzac, Montmorillon et Marennes, en 2010, pour deux décès, on enregistrait environ une naissance.

Toutes les petites et moyennes aires bénéficiant d’un excédent naturel positif se situent dans le département des Deux-Sèvres, au nord de l’axe Poitiers-Niort. Ce constat était également valable en 2009, où Mauléon, Nueil-les-Aubiers et Cerizay étaient les seules petites aires à enregistrer davantage de naissances domiciliées que de décès domiciliés. Les aires de Moncoutant et Surgères étaient à l’équilibre, et toutes les autres enregistraient un déficit de naissances. Dans les petites aires de La Flotte, Jonzac, Marennes, on enregistrait environ 2 décès pour une naissance. Le déséquilibre était plus important encore dans les petites aires d’Ars-en-Ré, Civray et Confolens, où l’on enregistra plus de 5 décès pour 2 naissances.

Figure 8 – Densité du solde naturel en 2010

  • Source : Insee, État civil, estimation de la population

Sources

(1) : On n’a pas compté la petite aire de Descartes, aire de la région Centre comprenant Buxeuil (86), ni la petite aire de La Roche-Chalais - Saint-Aigulin, aire de la région Aquitaine comprenant Saint-Aigulin (17).

Définitions

On définit ici un solde à l’équilibre lorsque le rapport du nombre de naissances sur le nombre de décès est compris entre 0,95 et 1,05

Pour en savoir plus

Bilan démographique 2009, une proportion record de naissances hors mariage en Poitou-Charentes