En 2009, plus de 53 500 picto-charentais vivent au sein d'une «communauté»

Nathalie Dupas

La population vivant en communauté est très disparate et regroupe très majoritairement deux périodes de la vie : la post-adolescence et la vieillesse. En Poitou-Charentes, la population âgée de 75 ans et plus étant surreprésentée, les résidents des maisons de retraite et hospices forment un tiers des personnes vivant en communauté. Du fait du caractère rural de la région, les internats sont également surreprésentés en Poitou-Charentes. À l'inverse, les résidents en foyer de travailleurs sont proportionnellement cinq fois moins nombreux en Poitou-Charentes qu'en moyenne nationale.

e.décim@l
No 028
Paru le : 01/02/2013

Les communautés sont de types très variés : services de moyen ou long séjour, internats, casernes, établissements pénitentiaires, communautés religieuses ou foyers de travailleurs. En 2009, près de 1 761 000 personnes résident en Poitou-Charentes dont un peu plus de 53 500 dans des communautés, soit 3 % de la population totale de la région contre seulement 2,5 % en France. La vie en communauté répondant à des situations très variées, la population vivant en communauté peut donc être amenée à y séjourner, volontairement ou par nécessité, à titre temporaire ou définitif, au cours des deux grandes étapes de sa vie : la post-adolescence et la vieillesse.

Dans la région, on recense 1 039 communautés dont plus d'un tiers sont des maisons de retraite ou des hospices, près de 27 % des établissements sanitaires ou sociaux de moyen et long séjour et 23 % des internats.

En Poitou-Charentes, 37 % des personnes vivant en communauté sont des résidents de maisons de retraite ou d'hospices, soit 7 points de plus qu'au niveau national et presque autant (36,5 %) sont en internats contre seulement 26,4 % en France. À l'inverse, la population des foyers de travailleurs est beaucoup moins représentée en Poitou-Charentes qu'au niveau France (1,7 % contre 8,5 %).

Globalement, tant en nombre qu'en population concernée, la répartition des communautés sur les quatre départements de notre région est proche de celle de sa population totale. Ainsi, logiquement, la plus grande part des communautés se situe en Charente-Maritime (35 %) mais sa population vivant en communauté y est légèrement sous représentée. À l'inverse, la Vienne qui concentre 24 % de la population régionale, regroupe 27 % des personnes vivant dans une communauté de la région. C'est essentiellement dû à la présence de l'Université à Poitiers et de sa cité pour loger les étudiants. Des différences notables concernent les foyers de travailleurs où 40 % sont localisés dans le département des Deux-Sèvres, les détenus où deux tiers d'entre eux sont recensés dans des prisons de Charente-Maritime, les militaires en casernes dont près de la moitié se trouve en Charente contre seulement 6 % en Deux-Sèvres et, enfin, les foyers universitaires où cinq sur six se situent dans la Vienne.

Figure 1 – Répartition des populations selon les communautés par département du Poitou-Charentes en 2009

  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Près de 20 000 personnes résident dans des maisons de retraite ou des hospices

Les maisons de retraite et hospices sont les premières structures communautaires en matière d'accueil au niveau national. En Poitou-Charentes, c'est encore plus vrai : 37 % de la population vivant en communautés est hébergée dans les 357 maisons de retraites et hospices de la région. La Charente-Maritime regroupe 36 % de ces communautés et un peu plus de 20 % sont réparties dans chacun des trois autres départements de la région. À noter que les foyers logements ne sont pas considérés comme des communautés et sont donc exclus de l'étude.

Ce mode d'hébergement se développe, du fait du vieillissement de la population. L'espérance de vie des femmes, supérieure à celle des hommes, explique qu'elles représentent 73 % de la population de ce type de communauté. Les résidentes ont en moyenne 86,2 ans contre 81 ans pour les hommes.

L'hébergement en maisons de retraite et hospices augmente avec l'âge : 38 % des résidents ont entre 80 et 90 ans (31 % plus de 90 ans) contre seulement 14 % âgés de 70 à 79 ans. Les personnes de 75 ans et plus, résidant en maisons de retraite ou hospices, représentent 10 % de la population régionale de cette tranche d'âge. C'est légèrement supérieur au niveau national où elles sont un peu moins de 9 %.

La majorité des résidents sont des veufs ou des veuves (63 %). Parmi ces pensionnaires, 90 % sont d'anciens actifs dont 24 % étaient ouvriers, 23 % employés, 16 % agriculteurs et 14 % exerçaient une profession intermédiaire.

Figure 2 – Répartition par âge des résidents des maisons de retraite et hospices de Poitou-Charentes en 2009

  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Les internats scolaires accueillent 19 500 élèves

Le Poitou-Charentes regroupe 4 % des internats français, soit 238 établissements. Près des deux tiers de ces internats sont regroupés dans les départements de la Charente-Maritime et de la Vienne. En rapport avec sa part de population totale dans la région, la Charente-Maritime héberge 36 % des internes, 10 % de plus que le département de la Vienne et le double de celui de la Charente. En termes de population accueillie, et surtout en nombre d'établissements, les internats sont surreprésentés dans la région par rapport au niveau national. En effet, proportionnellement, les jeunes picto-charentais de 15-19 ans sont plus souvent en internats qu'au niveau national (19 % contre 11 %). Ce phénomène touche principalement les régions rurales et donc le Poitou-Charentes mais également le Limousin et la Franche-Comté.

Les garçons sont plus souvent internes que les filles (57 %). Plus de 70 % de la population des internats sont des élèves de 14 ans ou plus, stagiaires, non rémunérés.

La catégorie de communauté à laquelle appartiennent les internats comprend également les internes des établissements d'enseignement militaire, ceci explique la part relativement élevée (18,5 %) d'internes se déclarant comme actifs ayant un emploi.

Dans la région, la moyenne d'âge des internes est de 17 ans pour les filles et de 17,9 ans pour les garçons et les internes de nationalité étrangère sont deux fois moins nombreux qu'en moyenne nationale (2 % contre 4 %).

276 établissements sanitaires ou sociaux de moyen et long séjour

Avec plus de 7 600 personnes recensées dans les établissements sanitaires ou sociaux de moyen et long séjour, ces hébergements constituent la troisième catégorie de communauté la plus peuplée du Poitou-Charentes (14 %). Cette part est cependant légèrement moindre qu'au niveau national. Cette catégorie de communauté est large car elle regroupe les services de moyen et long séjour des établissements publics ou privés de santé tels que les services de Soins de Suite et de Réadaptation (SSR) mais également les résidences sociales et assimilées comme les établissements d'accueil mère-enfant ou les organismes destinés à l'accueil des handicapés.

On y trouve la même proportion de femmes et d'hommes mais à des âges différents. En effet, la moyenne d'âge des femmes est nettement plus élevée que celle des hommes (57,6 ans contre 47,1 ans). Ce sont le plus souvent des personnes peu diplômées.

Six cités universitaires en Poitou-Charentes pour 2 170 étudiants

Les cités universitaires de la région sont inégalement réparties sur le territoire puisque cinq des six sont situées dans la Vienne. La région compte environ deux fois moins de cités universitaires qu'en moyenne nationale. En revanche, la proportion d'étudiants qui y est hébergée est identique au niveau national (environ 7 %).

Les étudiants de ces cités universitaires représentent 4,1 % de la population vivant en communauté dans la région contre 5,8 % en France. Ce sont donc 7 % des étudiants du Poitou-Charentes qui vivent en cité universitaire. Quant aux étudiants qui vivent en résidence universitaire, ils sont recensés dans le logement de leur résidence, c'est-à-dire comme des ménages ordinaires.

Les garçons sont légèrement plus nombreux et un peu plus âgés que les filles. En effet, ils ont en moyenne 22,2 ans contre seulement 20,9 ans pour les filles. Près de 30 % d'étudiants étrangers résident dans les cités universitaires, c'est un peu plus qu'au niveau national (27 %).

Au total, les hébergements communautaires de la sphère éducative (internats et cités universitaires) concentrent 41 % des personnes recensées en communautés dans notre région.

Les établissements militaires de la région hébergent près de 1 400 personnes

2,6 % des personnes vivant dans les communautés du Poitou-Charentes sont des militaires résidant en casernes. Cette proportion est moins élevée qu'au niveau national (3,8 %). Près de la moitié des militaires est localisée en Charente. À l'inverse, le département des Deux-Sèvres en compte moins d'une centaine.

Cette communauté est composée à 93 % d'hommes, soit plus qu'en moyenne nationale (88 %). L'âge moyen de ces résidents est de 25,8 ans. Ils sont à 55 % célibataires et près de 30 % sont divorcés.

Un peu plus de 1 200 détenus

Plus de la moitié des établissements pénitentiaires de la région est située en Charente-Maritime, principalement en raison de la présence de l'important établissement situé à Saint-Martin-de-Ré. La population carcérale du Poitou-Charentes représente 2,3 % de l'ensemble des communautés contre 3,8 % au niveau France. Dans notre région, la population de ces établissements est à 99 % masculine. Peu diplômés, seulement 14 % des détenus possèdent le bac ou davantage, ils ont en moyenne 41 ans. Nos établissements régionaux hébergent moitié moins de prisonniers de nationalité étrangère qu'au niveau national soit 9 % contre 17 %.

3 % des communautés recensées sont des foyers de travailleurs

Le Poitou-Charentes compte proportionnellement moins de foyers de travailleurs qu'au niveau national, à l'image de la Bretagne. Seulement 31 foyers sont comptabilisés dans la région. Ils sont présents dans les quatre départements mais sont surreprésentés dans les Deux-Sèvres tant en nombre (40 % de la région) qu'en population hébergée (27 %). En effet, dans ce département, l'association «un toit en gâtine» œuvre beaucoup pour permettre aux jeunes et aux personnes en difficulté d'habiter sur le territoire de la Gâtine.

Plus de 900 personnes résident dans ces foyers de travailleurs, dont 70 % d'hommes. Plus de la moitié a le niveau BEP ou moins. Ils sont à 93 % célibataires et 55 % sont des actifs ayant un emploi. Ils sont jeunes : 25,3 ans pour les hommes et 23,6 ans pour les femmes. La population étrangère (19 %) y est moins représentée qu'au niveau national (près de 50 %) car les foyers de la région n'ont pas la même finalité que ceux présents dans les grandes agglomérations qui comptent, par exemple, des foyers uniquement destinés à loger une population immigrée.

Chaque couvent ou monastère héberge en moyenne 8 religieux

Les communautés religieuses sont peu représentées dans la région avec 89 couvents ou monastères. Les personnes exerçant des activités religieuses mais occupant un logement ordinaire ne sont pas recensées dans le cadre du recensement des communautés mais lors du recensement des logements ordinaires et ne font donc pas partie de cette étude. La population des communautés religieuses y est plutôt âgée : la moyenne d'âge des femmes est de 69,7 ans et 62,3 ans pour les hommes. Les femmes y sont majoritaires, avec plus de 80 %. Leur niveau d'éducation est particulièrement élevé : plus de la moitié possède au moins le bac. Les étrangers y sont peu nombreux, représentant moins de 10 % de leur population.

Sources

Le recensement de la population est une enquête qui permet de dénombrer et de qualifier l'ensemble de la population vivant en France.

L'Insee distingue 3 catégories de population :

- celle vivant dans un logement dit «ordinaire», (97,3 % de la population en 2009),

- celle vivant en communauté (2,5 %),

- celle vivant dans des habitations mobiles, les mariniers et les personnes sans-abri (0,2 %).

Des modalités spécifiques de recensement ont été mises en place pour les communautés. La population est recensée de manière exhaustive tous les cinq ans, à raison d'un cinquième par an. Pour cela, l'Insee gère un répertoire des communautés. En 2009, on compte environ 30p000 communautés en France. Les logements de fonction situés dans l'enceinte des communautés et les logements occupés par plusieurs personnes en colocation sont és dans les ménages «ordinaires». Le choix a été fait de conserver les mineurs en communauté tout au long de cette étude. Ce qui explique les différences avec les chiffres publiés sur insee.fr, où les mineurs sont réintégrés dans la population des ménages «ordinaires».

La collecte des bulletins a lieu chaque année au mois de janvier et février. De plus, cette collecte est réalisée par des enquêteurs de l'Insee et non par des agents recenseurs.

Définitions

Une communauté : est définie comme un ensemble de locaux d'habitation, comprenant des chambres, relevant d'une même autorité gestionnaire et dont les habitants partagent à titre habituel un mode de vie en commun comme la prise de repas. Les différentes catégories de communautés sont définies par le décret n° 2003-485 du 5 juin 2003 relatif au recensement de la population.

- maisons de retraite

- foyers de travailleurs

- autres établissements sanitaires ou sociaux de moyen et long séjour

- communautés religieuses

- établissements militaires

- cités universitaires

- autres internats

- établissements pénitentiaires

- établissements sociaux de court séjour

- autres types de communauté

Certaines communautés ne sont pas recensées en tant que telles. Principalement, si leur taille est trop petite, elles peuvent être recensées comme des ménages ordinaires. C'est le cas pour les communautés religieuses ou les foyers de travailleurs. Aussi, les locataires de certaines résidences sont recensés comme des ménages ordinaires. C'est le cas des résidences universitaires ou des foyers-logement pour personnes âgées.

Pour en savoir plus

La vie en communauté : 1,6 million de personnes, Insee Première n°1334 - février 2013

15 000 centenaires en 2010 en France, 200 000 en 2060 ?, Insee Première n°1319 - octobre 2010

Les personnes âgées