Les Pays de la Loire : 1ere région en progression du PIB entre 1990 et 2008

Delphine LEGENDRE (Insee)

La région des Pays de la Loire est la région de France métropolitaine où le PIB a le plus progressé entre 1990 et 2008. Elle n'a pas été pénalisée par la spécialisation de son tissu économique dans les activités industrielles qui ont bien résisté dans les Pays de la Loire en comparaison avec d'autres régions. La présence de ce secteur a aussi vraisemblablement eu un effet d'entrainement positif sur le développement des services aux entreprises. Néanmoins, avec la crise de 2008, la situation de l'économie régionale est plus délicate, le PIB ayant difficilement retrouvé en 2011 son niveau d'avant crise. Les perspectives d'activités peu dynamiques en 2013, faisant suite à une année 2012 difficile laissent à penser que les évolutions du PIB des Pays de la Loire seront plutôt moroses pour 2012 et 2013.

Faits et Chiffres
No 475
Paru le : 17/06/2013

En 2011, le PIB des Pays de la Loire s'élève à 98 milliards d'euros en valeur, représentant 7,2 % du PIB hors Île-de-France. Reflétant le dynamisme de l'économie régionale, le PIB régional est aujourd'hui l'un des plus élevé des régions françaises. En effet, la région se place au quatrième rang des régions de province derrière Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais.

Le PIB progresse plus vite que partout ailleurs en France

De 1990 à 2008, le PIB des Pays de la Loire obtient la meilleure progression annuelle moyenne parmi les régions métropolitaines. Il augmente ainsi chaque année de 2,5 % (en volume) contre 1,8 % en moyenne pour la métropole. Avec la Bretagne, les deux régions voisines de l'ouest distancent assez nettement d'autres régions dynamiques du sud et du sud-ouest. Cette progression, plus rapide qu'ailleurs, accentue le poids du PIB régional dans la formation du PIB national. Alors qu'il ne représentait que 4,5 % du PIB national en 1990, il en représente 5 % en 2008.

d'usines de sous-traitance automobile à Laval.

Figure 1 – Entre 1990 et 2008, le PIB régional a augmenté de 2,5 % par an

Entre 1990 et 2008, le PIB régional a augmenté de 2,5 % par an
PIB Taux de croissance annuel moyen du PIB entre 1990 et 2008
en volume en volume
2008 1990
Pays de la Loire 81 244 52 391 2,5
Bretagne 69 770 45 780 2,4
Midi-Pyrénées 64 504 43 492 2,2
Languedoc-Roussillon 50 702 34 515 2,2
Aquitaine 72 407 50 147 2,1
Rhône-Alpes 158 408 110 456 2
Poitou-Charentes 36 755 25 920 2
Île-de-France 476 230 339 597 1,9
Provence - Alpes - Côte d'Azur 115 579 82 525 1,9
Métropole 1 611 289 1 162 293 1,8
Province 1 135 059 822 696 1,8
  • Champ : Classement des neufs premières régions métropolitaines selon leur taux de croissance annuel moyen du PIB entre 1990 et 2008
  • Source : Insee, comptes régionaux, base 2000

L'industrie résiste mieux qu'ailleurs...

La forte présence de l'industrie dans l'économie des Pays de la Loire, secteur en déclin sur le territoire national, n'a pas eu d'effet négatif sur la croissance du PIB ligérien entre 1990 et 2008. La progression de la valeur ajoutée industrielle a ainsi été plus élevée en Pays de la Loire qu'en France de province entre 1990 et 2008 (+ 2,7 % par an contre + 1,6 %). Le tissu industriel régional obtient par exemple la meilleure progression annuelle de la valeur ajoutée dans les industries agro-alimentaires (+ 3,7 %) et parmi les meilleures dans les biens d'équipements (construction navale, aéronautique et équipements mécaniques) et intermédiaires.

La région a pu se spécialiser vers les industries créatrices de valeur ajoutée (industries agro-alimentaires et des biens d'équipements), se développant moins vers celles en difficultés (industries automobile et des biens de consommation). Même si sa valeur ajoutée progresse, la contribution de l'industrie dans la création de valeur diminue, passant de 22,3 % en 1990 à 17,3 % en 2008. Elle reste cependant supérieure à la part observée en France de province (+ 1,7 points).

...alors que les services entrainent l'économie régionale

Contrairement à l'industrie, la part de valeur ajoutée dans la valeur ajoutée régionale dégagée par les services a fortement augmenté entre 1990 et 2008 (+ 8,8 points). Dans les Pays de la Loire, sa part est en constante progression depuis 1990 même si elle demeure inférieure à celle de la France de province. En 2008, le secteur des services produit plus de la moitié de la valeur ajoutée régionale dans les Pays de la Loire.

La valeur ajoutée des services aux entreprises a considérablement augmenté : + 6,5 % par an dans la région contre + 4,9 % pour la France de province. Une explication de cette très forte évolution peut se trouver dans la spécificité industrielle de la région. En effet, les nombreuses entreprises industrielles présentes sur le territoire ont pu avoir recours à des prestataires de services ou encore ont pu externaliser une partie de leurs activités vers le secteur des services.

Figure 2 – La part de l'industrie dans la formation de valeur ajoutée reste importante dans la région

La part de l'industrie dans la formation de valeur ajoutée reste importante dans la région
Contribution des secteurs d'activité à la formation de valeur ajoutée (en %) Pays de la Loire France de province
2008 1990 Taux d'accroissement annuel moyen de la valeur ajoutée entre 1990 et 2008 2008 1990 Taux d'accroissement annuel moyen de la valeur ajoutée entre 1990 et 2008
Agriculture 3,2 7,5 -0,7 2,8 5,2 0,1
Industrie 17,3 22,3 2,7 15,6 22 1,6
Construction 8,6 7,5 5 7,7 6,8 4,3
Commerce 11,2 11,7 3,9 10,4 11,3 3,1
Services 59,8 51 5,1 63,5 54,7 4,5
100 100 100 100
  • Note de lecture : La valeur ajoutée industrielle a augmenté de 2,7 % par an entre 1990 et 2008. En revanche, sa part dans la valeur ajoutée régionale a baissé passant de 22,3 % en 1990 à 17,3 % en 2008.
  • Source : Insee, comptes régionaux, base 2000

Depuis 2008, les Pays de la Loire n'échappent pas à la crise

Sur la période récente, l'économie des Pays de la Loire est affectée, comme les autres régions françaises, par le contexte de crise internationale. Entre 2008 et 2009, le PIB enregistre une baisse de 2,5 %, baisse comparable au reste de la France de province. Les effets de la récession touchent tous les secteurs d'activité. Entre 2009 et 2010, où une reprise se fait sentir, les secteurs industriels (IAA, fabrication d'équipements électriques, informatiques et d'autres produits industriels) et de la construction voient encore leur valeur ajoutée diminuer. Parallèlement, la contribution de l'industrie au PIB continue à s'effriter. La contribution de l'industrie à la création de valeur ajoutée est de 16 % en 2010. Le secteur des services continue de progresser sauf les activités de services aux entreprises (services administratifs et de soutien), qui dépendent de la bonne santé de l'activité industrielle. Leur valeur ajoutée a aussi baissé fortement entre 2008 et 2009.

En 2011, le PIB régional a retrouvé son niveau d'avant crise. Les valeurs ajoutées ont augmenté dans tous les secteurs. Cela a été notamment le cas dans l'industrie où l'amélioration de 2,3 % a été supérieure à celle observée en France de province (+ 1,1 %). Toutefois, le contexte actuel de stagnation du PIB français en 2012 et les prévisions de dégradation de l'activité en 2013 laissent à penser que les évolutions futures du PIB régional seront toutes aussi moroses.

Définitions

Produit Intérieur Brut : le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des secteurs institutionnels ou des branches, augmentées des impôts grevant les produits (TVA, droits de douane, taxes spécifiques), moins les subventions sur les produits.

PIB en valeur : le PIB est dit « en valeur »  ou « nominal »  si ses différentes composantes sont évaluées aux prix de l'année en cours (PIB à prix courants).

PIB en volume : le PIB est dit « en volume »  ou « réel »  si les montants qui le constituent ont été évalués aux prix d'une année donnée choisie comme année de base (PIB à prix constants).

Valeur ajoutée : différence entre la valeur des biens et services produits par une entreprise ou une branche et celle des biens et services utilisés pour la production (appelés « consommations intermédiaires »). La valeur ajoutée est dite « brute »  si les frais engagés pour la reconstitution du capital (amortissement des bâtiments, machines, etc...) ne sont pas déduits, « nette »  s'ils le sont.