L'emploi culturel occupe 4 000 actifs en Limousin

Emilie Auriac

En Limousin, près de 4 000 actifs, dont 3 000 salariés, déclarent travailler dans le secteur culturel. La conservation du patrimoine, le domaine du spectacle vivant et les activités artistiques concentrent à eux seuls presque la moitié des salariés du secteur culturel. Conditions d'emploi et rémunérations sont variables d'un domaine à l'autre. Si les CDI dominent largement dans l'architecture, la presse, l'édition et la librairie, moins de la moitié des artistes de spectacle bénéficient de ce type de contrat. Les salariés de la radio et de la télévision sont de loin les mieux rémunérés avec 15,58 € net de l'heure en 2006 alors que dans l'édition-librairie, le salaire horaire net moyen ne dépasse que légèrement les 8 €.

Publication électronique
No 15
Paru le : 01/04/2009

En Limousin, à la mi-2005, près de 4 000 actifs déclarent travailler dans le secteur culturel, dans des domaines allant de l'édition à la radio, de la conservation du patrimoine aux activités cinématographiques ou de vidéo, de l'architecture au spectacle vivant.

Figure 1 – Le Limousin dans la moyenne des régions de province

  • Source : Insee - Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2007

Avec 1,3 % des actifs occupés, les activités relevant de la culture occupent dans l'économie régionale une place comparable à la moyenne des régions de province, et placent le Limousin au 10e rang national. Seule l'Île-de-France se détache largement, 3,9 % des travailleurs franciliens œuvrant dans le secteur culturel. Le Languedoc-Roussillon et la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur suivent d'assez loin (1,8 %).

Un quart des actifs du secteur culturel sont non salariés

L'emploi culturel est souvent non salarié. Un actif sur quatre ne relève pas du salariat, contre un sur sept dans l'ensemble de l'emploi régional. Dans les activités cinématographiques et l'architecture, les non salariés représentent même jusqu'à la moitié des professionnels.

Salariés et non salariés ont des profils différents. Les non-salariés sont en moyenne plus âgés. Ils comptent peu de jeunes dans leurs rangs : seulement 4 % des non salariés de la culture ont moins de 30 ans contre 18 % des salariés. Le monde des non salariés est plutôt masculin, 7 d'entre-eux sur 10 étant des hommes, alors que les femmes sont légèrement majoritaires chez les salariés. Enfin, les non salariés travaillent plus souvent à temps complet (90 %).

Fin 2006, les 3 000 salariés du secteur culturel se répartissent dans plus de 700 établissements ce qui représente 2,8 % des établissements de la région, et place le Limousin au 8ème rang des régions françaises. Les petites structures sont plus fréquentes que dans l'ensemble de l'économie régionale : 37 % des salariés du secteur culturel travaillent dans un établissement de moins de 10 salariés contre seulement 23 % de l'ensemble des salariés limousins.

La prédominance de la Haute-Vienne, département le plus urbanisé qui concentre la plupart des établissements culturels et des médias est encore plus marquée que dans les autres domaines : six salariés de la culture sur dix travaillent dans ce département, trois sur dix en Corrèze et seulement un sur dix en Creuse.

Le secteur culturel comprend une large palette d'activités. Avec plus de 700 salariés, soit près d'un quart des emplois salariés de la culture (dont 490 pour la seule gestion des bibliothèques), la conservation du patrimoine est particulièrement développée en Limousin. La région concentre ainsi 3,9 % des salariés métropolitains de ce secteur, alors que sa part dans l'emploi total ne dépasse pas 1,1 %.

Figure 2 – Un salarié du secteur culturel sur quatre dans la conservation du patrimoine

Un salarié du secteur culturel sur quatre dans la conservation du patrimoine
Domaine Nombre de salariés
Conservation du patrimoine 738
Spectacle vivant et activités artistiques 662
Presse 450
Edition et librairie 414
Radio et télévision 318
Architecture 284
Activités cinématographiques et de vidéo 110
Ensemble 2 976
  • Effectifs salariés dans le secteur culturel, au 31 décembre 2006
  • Source : Insee - CLAP 2006

Contrats à durée déterminée et temps partiel dans les spectacles

Dans le secteur culturel, trois salariés sur quatre sont employés en contrat à durée indéterminée (CDI), mais les conditions d'emploi sont très variables d'un domaine à l'autre. Les CDI dominent largement dans l'architecture, la presse, l'édition et la librairie. À l'inverse, moins de la moitié des artistes de spectacle bénéficient de ce type de contrat, les contrats à durée déterminée (CDD) constituant plutôt la règle. Trois quarts des salariés de la culture sont à temps complet, mais cette proportion tombe à 64 % pour les seules activités artistiques et le spectacle vivant.

Plus de femmes dans la librairie et la conservation du patrimoine

Les salariés de la culture sont en majorité des femmes. Elles occupent 55 % des emplois du secteur contre 48 % dans l'ensemble de l'économie. Deux domaines sont très féminisés : l'édition-librairie et la conservation du patrimoine, où deux salariés sur trois sont des femmes. A contrario, les activités cinématographiques et de vidéo sont des domaines plus masculins (61 % d'hommes). Trois salariés du secteur culturel sur dix sont des cadres contre 13 % dans le reste de l'économie. Les cadres sont particulièrement nombreux dans la radio et la télévision, où ils représentent deux salariés sur trois, ainsi que dans les spectacles vivants et les activités artistiques, où près d'un salarié sur deux est cadre.

Figure 3 – Plus de cadres et moins d'ouvriers chez les salariés de la culture

  • Source : Insee - Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2007

Des salaires horaires plus élevés dans la radio et la télévision

Les 3 000 emplois salariés dénombrés en 2006 dans le secteur culturel ne correspondent qu'à une partie des postes offerts par le secteur. En effet, il faut y ajouter 3700 postes dits « annexes », qui correspondent à des périodes de travail de courte, voire très courte durée. Ces postes ne représentent pas plus de 4 % des heures travaillées, hormis dans les activités artistiques et les spectacles, où la proportion dépasse 16 %.

Hors postes de très courte durée, les salaires horaires offerts aux professionnels de la culture sont supérieurs au salaire moyen régional tous secteurs confondus. En 2006 les salariés du secteur culturel perçoivent en moyenne 11,80 € net de l'heure, contre 11,31 € pour les autres salariés limousins. Mais de fortes disparités existent entre les différentes branches : les salariés de la radio et de la télévision sont dans l'ensemble les mieux rémunérés avec 15,58 € net de l'heure alors que dans l'édition-librairie, le salaire horaire net moyen ne dépasse que légèrement les 8 €.

Dans les activités artistiques et des spectacles, seul domaine où les postes annexes représentent un volume important d'heures, la rémunération horaire nette pour ces postes de très courte durée est supérieure de 4 € à celle des salariés employés pour des périodes plus longues (15,02 € contre 11,02 €).

Sources

L'étude privilégie une approche par secteur des emplois culturels. Les emplois « culturels » sont définis à partir de l'activité de l'établissement employeur, sur la base de la nomenclature d'activité française en 712 postes, révisée en 2003 (NAF rév. 1). L'effectif total, salarié et non salarié, dans les emplois culturels a été calculé à partir des Enquêtes annuelles de recensement de 2004 à 2007.

Les emplois salariés sont étudiés à partir du système CLAP (connaissance locale de l'appareil productif). CLAP est un système d'information alimenté par différentes sources dont l'objectif est de fournir des statistiques localisées au lieu de travail jusqu'au niveau communal, sur l'emploi salarié et les rémunérations pour les différentes activités des secteurs marchand et non marchand.

Les éléments relatifs aux rémunérations des salariés sont calculés à partir des Déclarations annuelles de données sociales (DADS), en utilisant la notion de « poste ». Au sens des DADS, un poste correspond à un salarié dans un établissement. Par exemple, un salarié qui travaille dans deux établissements correspond à deux postes. Parmi ces postes, on distingue ceux dont la durée d'occupation (moins de 30 jours ou moins de 120 heures) et le salaire versé (moins de trois SMIC mensuels) sont faibles. Ils sont qualifiés de postes « annexes ». Dans la culture, ces postes annexes sont nombreux mais, hormis dans les activités artistiques et des spectacles, le volume d'heures et de rémunérations qu'ils représentent est peu important par rapport aux postes non annexes. Dans cette étude, les 3 000 emplois comptabilisés du secteur, hors postes annexes, sont des postes de travail occupés au 31 décembre 2006, auxquels s'ajoutent 3 700 postes annexes.

Activités au sens de la nomenclature d'activités française retenues dans cette étude :

INDUSTRIES CULTURELLES

- Edition et librairie

-- 22.1A Edition de livres

-- 22.1G Edition d'enregistrements sonores

-- 22.1J Autres activités d'édition

-- 52.4R Commerce de détail de livres, journaux et papeterie22.1A Edition de livres

- Presse

-- 22.1C Edition de journaux

-- 22.1E Edition de revues et périodiques

-- 92.4Z Agences de presse, journalistes indépendants

- Activités cinématographique et de vidéo

-- 92.1B Production de films institutionnels et publicitaires

-- 92.1C Production de films pour le cinéma

-- 92.1D Prestations techniques pour le cinéma et la télévision

-- 92.1F Distribution de films cinématographiques

-- 92.1G Edition et distribution vidéo

-- 92.1J Projection de films cinématographiques

- Architecture

-- 74.2A Activités d'architecture

- Spectacle vivant et activités artistiques

-- 92.3A Activités artistiques

-- 92.3B Services annexes aux spectacles

-- 92.3D Gestion de salles de spectacles

-- 92.3K Activités diverses du spectacle

- Conservation du patrimoine

-- 92.5A Gestion des bibliothèques

-- 92.5C Gestion du patrimoine culturel

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