Wage Resilience in France since the Great Recession

David AUDENAERT, José BARDAJI, Raphaël LARDEUX, Michaël ORAND et Michaël SICSIC

À partir de 2009, le ralentissement des salaires réels en France a été moins prononcé que celui de la productivité des salariés, ce qui a tiré le taux de marge des entreprises françaises à la baisse. Comment expliquer cette déconnexion ? Deux facteurs sont étudiés. Le premier porte sur le changement de structure de la population salariée consécutif à une perte d'emploi plus concentrée sur les bas salaires. Ce facteur contribue bien à la résilience des salaires mais semble marginal pour expliquer cette déconnexion entre salaire et productivité. De fait, il contribuait aussi sur la période pré-crise en raison de la hausse de la qualification de la population active. Le deuxième facteur examine l'existence de rigidités nominales à la baisse des salaires. D'abord, une proportion significative des salaires a diminué et les gels de salaire ont concerné une très faible proportion de salariés. Ensuite, en 2009, les salaires ont plus baissé quand l'activité de l'entreprise a diminué qu'ils n'ont augmenté quand celle-ci a progressé. Pour autant, l'estimation économétrique effectuée au niveau des salariés montre la faiblesse de la réponse des salaires à un choc d'activité de l'entreprise du salarié, qu'il soit positif ou négatif, et ce particulièrement pour certaines catégories de personnes dont les bas-salaires, et pour les grandes entreprises. Bien qu'en nette augmentation, la réponse des salaires au choc d'activité négatif en 2009 reste ainsi faible en niveau et dans l'absolu. Celle-ci n'a donc pas permis de maintenir le partage de la valeur ajoutée au niveau d'avant-crise. En miroir, cette inertie des salaires pourrait permettre le rétablissement du taux de marge des entreprises en période de forte reprise.

Documents de travail
No G2014/11
Paru le : 27/10/2014