Evolution of Instability on the French Labour Market during the Last Thirty Years

Romain AEBERHARDT et Claire MARBOT

Nous utilisons le panel DADS sur 30 ans pour décrire l'évolution de la stabilité dans un emploi en étudiant la durée des périodes d'emploi. L'étude propose deux perspectives différentes qui visent à décrire et caractériser cette évolution. Tout d'abord, l'analyse des taux de survie et la modélisation de la durée des périodes d'emploi montre clairement que l'instabilité a augmenté au cours des trente dernières années. De plus, il existe une variété de situations selon les caractéristiques des salariés et des entreprises. La hausse de l'instabilité est particulièrement prononcée avant la deuxième année des emplois. Les plus jeunes sont à la fois les plus instables et ceux qui ont connu la hausse la plus importante de l'instabilité en emploi. Les cadres sont les salariés les plus stables, et après une période de convergence entre catégories socio-professionnelles les différences se sont accrues, mais de manière différente parmi les hommes et parmi les femmes. La stabilité dans les entreprises du secteur des services est plus faible que dans les autres secteurs et son évolution est moins favorable. Dans un second temps, nous étudions l'hétérogénéité fixe dans le temps, à la fois au niveau des salariés et au niveau des firmes, à l'aide d'un modèle à doubles effets fixes. Nos estimations suggèrent en particulier que, au fil des générations, l'instabilité individuelle augmente et les salariés travaillent de plus en plus dans des entreprises où la stabilité est moindre. De plus, les professions intermédiaires forment la catégorie socio-professionnelle la plus instable en termes de stabilité individuelle, tandis que les ouvriers travaillent dans les entreprises qui gardent leurs salariés le moins longtemps.

Documents de travail
No G2013/08
Paru le : 09/07/2013