Les facteurs explicatifs de la mortalité infantile en France et leur évolution récente. L’apport de l’échantillon démographique permanent.

Xavier Niel

Entre 2005 et 2010 la mortalité infantile stagne en France, alors qu'elle continue de se réduire dans d'autres pays européens. Le changement de définition des enfants sans vie, en 2002 puis en 2008 bouleverse les statistiques de mortinatalité mais ne semble pas influencer celles de la mortalité infantile. La taille de l'échantillon démographique permanent (EDP) de l'Insee a été multipliée par quatre en 2004 et ce panel démographique permet désormais d'étudier la mortalité infantile. Ce document examine dans un premier temps dans quelle mesure l'EDP reflète l'évolution de la mortalité infantile calculée à partir des bulletins d'état civil. Il détaille son degré d'exhaustivité, la précision de ses résultats, et ses biais éventuels par rapport à l'état civil. Il étudie ensuite comment la France se situe parmi les pays de l'Union européenne, auxquels on a ajouté l'Islande, la Norvège et la Suisse. Il aborde les facteurs sociodémographiques explicatifs de la mortalité infantile, parmi lesquels des caractéristiques liées à la mère (la nationalité, l'âge, la situation sociale), et d'autres, plus liés aux conditions de l'accouchement (naissance prématurée, naissances multiples, sexe de l'enfant, taille de l'unité urbaine de résidence de la mère, taille de l'unité urbaine du lieu de l'accouchement). Il présente les résultats des analyses univariées et multivariées sur les années 2004 à 2009. D'après l'analyse multivariée, la mortalité infantile est plus forte pour les jumeaux, les garçons, les enfants de mères de nationalité d'Afrique Noire, de mères de moins de 20 ans, de mères inactives ou de catégorie sociale inconnue, de pères ouvriers, de mères résidant dans des unités urbaines de plus de 200 000 habitants. Mais ces facteurs n'expliquent pas l'arrêt de la baisse observée à partir de 2005.

Documents de travail
No F1106
Paru le : 08/06/2011