De la crise financière à la crise économique - L’impact des perturbations financières de 2007 et 2008 sur la croissance de sept pays industrialisés

Jean-Charles BRICONGNE - Jean-Marc FOURNIER - Vincent LAPÈGUE - Olivier MONSO

La crise financière, amorcée en 2007 aux États-Unis sur le marché des prêts hypothécaires subprimes, s'est progressivement étendue à l'ensemble des marchés financiers et a durement affecté la croissance dans les principaux pays avancés au cours des années 2008 et 2009. Compte tenu de son ampleur et de l'incertitude qu'elle engendre, nous discutons de la capacité de modèles macroéconométriques estimés sur le passé à quantifier ses différents canaux de transmission. Nous tentons de chiffrer l'impact global de la crise sur l'économie de sept pays avancés et sur la zone euro dans son ensemble à l'aide du modèle macroéconomique multinational NiGEM. Au cours des années 2008 et 2009, l'Allemagne a pâti d'une contraction particulièrement forte du commerce mondial, laquelle aurait expliqué plus de la moitié de l'effet de la crise ainsi mesuré en 2009. Le Royaume-Uni et les États-Unis auraient surtout été affectés par des effets de richesse et une contraction forte de leur demande intérieure. Cette contraction peut sans doute être attribuée en partie aux effets du resserrement du crédit. Le Japon apparaît comme le pays le plus touché par la crise en 2009 : la contraction du commerce extérieur y a été aggravée par l'appréciation du yen et l'investissement aurait sur-réagi fortement à la chute de l'activité. A contrario, le fait que la France ait pâti d'une contraction moins marquée de son activité en 2009 s'expliquerait par une absence de sur-réaction dans les comportements économiques et une sensibilité moindre au repli du commerce mondial.

Documents de travail
No G2011/05
Paru le : 17/02/2011