Quelle croissance de moyen terme après la crise ?

Pierre-Yves CABANNES - Vincent LAPÈGUE - Erwan POULIQUEN - Magali BEFFY - Mathilde GAINI

La crise financière amorcée en 2007 aux États-Unis s’est ensuite propagée à l’ensemble des économies du monde. À l’issue d’une contraction de l’activité d’ampleur historique, les premiers signes de reprise ont été enregistrés dès le courant 2009. Cependant, notre étude des crises bancaires survenues dans les pays de l’OCDE depuis une quarantaine d’années suggère un retour très progressif de la croissance sur sa tendance d’avant-crise, avec des pertes durables de PIB en niveau. D’après nos estimations, ces pertes d’activité observées lors des crises passées auraient transité à la fois par une diminution du stock de capital, une augmentation du taux de chômage et une baisse du taux d’activité. En revanche, ces crises bancaires auraient eu peu d’impact sur la productivité globale des facteurs. En France, la crise de 1992-1993, qui présente des caractéristiques communes avec la crise actuelle, a également engendré un impact négatif et durable sur le taux d’emploi et le chômage. Les pertes de taux d’emploi pour les hommes et les femmes ont été assez proches. Il a fallu dix ans pour que le taux de chômage retrouve son niveau d'avant crise. Sous divers scénarios typés de sortie de crise, nous illustrons les répercussions mécaniques que la crise pourrait avoir à moyen terme sur les finances publiques, en l’absence de tout ajustement budgétaire à compter de 2012. Même dans un scénario de rattrapage à l’horizon 2018 des pertes d’activité enregistrées en 2008 et 2009, l’impact sur la dette à cette échéance dépasserait 20 % du PIB sous l’effet de la baisse des recettes et de l’augmentation de la charge de la dette. Cet impact serait encore supérieur dans des scénarios de croissance moins favorables.

Documents de travail
No G2010/09
Paru le : 01/06/2010