Avantages comparés des séries des premières valeurs publiées et des séries des valeurs révisées - Un exercice de prévision en temps réel de la croissance trimestrielle du PIB en France

Christelle MINODIER

Pour élaborer leurs prévisions, les conjoncturistes utilisent de nombreux outils, parmi lesquels le recours fréquent à une estimation économétrique. Ces estimations économétriques s’appuient très généralement sur les dernières séries connues des grandeurs économiques étudiées. Sauf pour la dernière observation, il s’agit donc en général de séries qui ont été révisées par rapport à leur première estimation, notamment s’agissant des données des comptes trimestriels. Utiliser les données a priori les meilleures, donc les données définitives, pour faire les estimations économétriques semble naturel. Cet article montre toutefois que ce n’est pas la méthode la plus efficace si ce qu’on cherche à prévoir n’est pas la donnée définitive, mais la première donnée publiée, par exemple lorsque que c’est sur cette base qu’est jugée la qualité de la prévision. Dans ce cas en effet, il peut être plus efficace, sous certaines hypothèses, d’effectuer les estimations économétriques en s’appuyant exclusivement sur les premières valeurs publiées (données dites en « temps réel ») en lieu et place des dernières séries publiées. Cette approche est justifiée théoriquement dans le cadre de confection des comptes trimestriels français et validée empiriquement en comparant les résultats des deux méthodes (séries révisées versus premiers résultats) dans le cadre des exercices de prévision de la croissance du PIB français menés en temps réel. Il s’avère que pour prévoir le premier chiffre publié de la croissance trimestrielle du produit intérieur brut, l’utilisation de la série des premières valeurs comme variable modélisée permet d’améliorer significativement la qualité des prévisions.

Documents de travail
No G2010/01
Paru le : 01/01/2010