Le partage des fruits de la croissance de 1950 à 2008 : une approche par les comptes de surplus

Guy LALANNE - Pierre-Alain PIONNIER - Olivier SIMON

Dans cette étude, on effectue un calcul des comptes de surplus sur la période 1950-2008. Trois facteurs de production sont distingués : le travail salarié, le travail indépendant et le capital. Le capital obtient en moyenne un surplus nul tandis que le surplus distribué au travail évolue de concert avec la productivité globale des facteurs, marquant un ralentissement pendant les années 1980. Le surplus distribuable chute fortement à partir de l’année 2007, sous l’effet notamment d’une hausse du prélèvement extérieur. L’analyse du partage du surplus est ensuite confrontée à celle du partage de la valeur ajoutée, en mettant en évidence la substitution entre capital et travail dans les années 1980. La méthode standard des comptes de surplus est, enfin, enrichie par une prise en compte de la protection sociale et de son financement. Une partie de la rémunération des facteurs de production contribue, en effet, à financer les prestations sociales, dont certaines sont versées à des agents extérieurs au processus de production : retraités, chômeurs et inactifs. Il apparaît que la prise en compte du système de protection sociale abaisse le surplus distribué au travail salarié. Sur la même période, le versement des retraites mobilise en moyenne un demi-point de croissance par an mais l’essentiel (0,4 point) est lié à l’accroissement du nombre de retraités. La progression des prestations versées aux retraités et aux chômeurs est cependant comparable à celle des salaires réels nets après transferts sociaux.

Documents de travail
No G2009/05
Paru le : 01/07/2009