Élasticités-prix des consommations énergétiques des ménages

Marie CLERC - Vincent MARCUS

Les niveaux historiques atteints au cours de l’été 2008 par les cours mondiaux du pétrole et les prix des carburants ont ravivé les craintes d’importantes pertes de pouvoir d’achat pour les ménages. Parallèlement, dans le cadre d’une stratégie nationale pour la réduction des émissions de CO2, une réforme de la fiscalité pesant sur les combustibles fossiles est à l’étude. Dans ce contexte, cette étude identifie les catégories de ménages les plus exposés à une hausse du prix de ces énergies et évalue la sensibilité de la consommation des ménages aux variations des prix des carburants et (de manière moins détaillée) de l’énergie domestique à travers l’estimation d’élasticités-prix. On estime tout d’abord des élasticités-prix sur séries temporelles longues issues des comptes nationaux trimestriels. Cette première étape est complétée par une analyse microéconomique pour rendre compte de l’hétérogénéité des comportements de consommation et apprécier les effets différenciés d’une hausse de prix selon les catégories de ménages. À cette fin, on mobilise des données individuelles de consommation issues de l’enquête «Budget de Famille 2006». La faible variabilité des prix entre ménages, principale limite des données en coupe, est contournée en construisant des indices de prix personnalisés pour chaque ménage enquêté (méthode proposée par Ruiz et Trannoy, 2008). À partir des données de séries temporelles, on estime des élasticités-prix moyennes de la demande significatives pour le carburant, de l’ordre de 0,2 à court terme et 0,4 à long terme. Les élasticités obtenues à partir de l’approche microéconomique sont comprises entre 0,7 et 1,0. L’analyse microéconomique montre également que les ménages utilisant leur véhicule personnel pour le déplacement domicile-travail sont moins sensibles à une hausse du prix du carburant que les ménages ne l’utilisant pas à cet effet. La différence de sensibilité entre les ménages les moins et les plus aisés apparaît, quant à elle, assez faible.

Documents de travail
No G2009/08
Paru le : 01/09/2009