L'apport des méthodes à noyaux pour mesurer la concentration géographique - Application à la concentration des immigrés en France de 1968 à 1999

Roland RATHELOT - Patrick SILLARD

La majorité des études s’intéressant à la localisation géographique d’un phénomène ou d’une population procèdent, préalablement à la représentation cartographique, à l’agrégation des données selon des unités géographiques administratives, qui n’ont pas de rapport avec la nature du phénomène étudié. Lorsque l’on étudie une population rare, et a fortiori lorsque l’on dispose de données non-exhaustives, les résultats dépendent largement des choix opérés au moment de l’agrégation. Dans cette étude, nous utilisons les estimateurs non paramétriques à noyaux pour estimer des rapports de densités de population. L’utilisation de ces méthodes présente, pour un coût technique très faible, l’intérêt d’agréger les données de manière à obtenir un arbitrage optimal entre précision et biais. Nous appliquons ces méthodes au répertoire historique des recensements Saphir (Insee) pour étudier l’évolution de la distribution géographique des immigrés sur le territoire français entre 1968 et 1999. Un deuxième apport de ce travail est de proposer un indice de concentration résidentiel adapté aux rapports de densités obtenus dans une première étape.

Documents de travail
No G2010/11
Paru le : 01/07/2010