Les travailleurs pauvres comme catégorie statistique - Difficultés méthodologiques et exploration d’une notion de pauvreté en revenu d’activité

Sophie Ponthieux

La notion de travailleur pauvre peut sembler au premier abord assez évidente, mais sa mise en œuvre comme catégorie statistique ne va pas de soi, en particulier parce qu’elle demande une définition spécifique pour identifier les travailleurs. En outre, comme travailler est une situation individuelle tandis que la pauvreté s’apprécie sur la base de variables mesurées au niveau du ménage, la catégorie se trouve définie à l’intersection de deux unités statistiques, l’individu et le ménage. Ce document propose dans sa première partie une comparaison des principales définitions des travailleurs mises en œuvre pour élaborer des statistiques sur les travailleurs pauvres. On cherche en particulier à évaluer l’impact d’un changement des critères employés pour identifier les travailleurs sur la taille et les caractéristiques de la population des travailleurs pauvres, et sur l’analyse que l’on peut porter sur les causes de leur pauvreté. La seconde partie est consacrée au problème spécifique de la construction statistique « individu/travailleur ménage/pauvre », qui rend l’analyse du phénomène particulièrement complexe, puisque la construction oblige en effet à démêler en aval le rôle des facteurs individuels et des facteurs familiaux. Face à cette difficulté, on propose une approche qui procède en prenant comme point de départ un indicateur de « pauvreté en revenu d’activité » défini au niveau individuel, puis en examinant si cette « pauvreté » est compensée par les autres revenus privés au niveau des ménages et par les transferts sociaux. L’ensemble de l’étude est basée sur les données EU-SILC de l’année 2006 et compare 10 pays de l’Union européenne.

Documents de travail
No F2009/02
Paru le : 01/03/2009