Les PME françaises : rentables mais peu dynamiques ?

Claude PICART

Si les PME ont un taux de marge inférieur à la moyenne, c'est parce qu'elles ont une plus faible intensité capitalistique - moins de capital à rémunérer - et non parce qu'elles seraient moins rentables. Au contraire, leur rentabilité apparaît plus élevée aussi bien à travers les différents ratios comptables de rentabilité qu'à travers leur valorisation lors de leur acquisition par des groupes. Ceci ne signifie pas que la croissance réduit le profit et que les PME n'ont pas intérêt à grandir car cette forte rentabilité tient moins à leur taille qu'à leur âge. Elles deviennent moins rentables en vieillissant et cette baisse de rentabilité est plus accentuée pour celles qui ne grandissent pas. Cette meilleure rentabilité peut découler d'effets de sélection -seules les meilleures des PME parviennent à s'installer durablement-, mais, qu'il y ait sélection ou non, un constat demeure : le sous-investissement des PME en place ne peut être relié à un problème de défaut de rentabilité. C'est d'autant plus vrai que sur les 15 dernières années, la rentabilité d'exploitation de l'ensemble des sociétés non financières s'est légèrement améliorée et, grâce à la baisse des taux d'intérêt, leur profitabilité s'est nettement accrue. Comme les autres entreprises, les PME se désendettent, accroissent les dividendes et augmentent leurs fonds propres. Plus que les autres entreprises, elles accumulent une trésorerie qui se substitue à des concours bancaires en forte baisse, et qui sert moins à épargner en vue de l'investissement qu'à faire face à d'éventuels chocs négatifs. Cette faiblesse de l'investissement n'empêche pas ces PME de constituer le principal foyer de création d'emplois. Les PME constituent un vivier qui alimente la strate des grandes firmes, que ce soit par la croissance de certaines PME qui deviennent alors de grandes entreprises ou par acquisition de PME par les groupes.

Documents de travail
No g2008/01
Paru le : 01/02/2008