Le prototype ESeC est-il une nomenclature pertinente pour décrire les relations d'emploi en France ?

Cécile Brousse, Olivier Monso et Loup Wolff

L'INSEE est très favorable à l'émergence d'une classification socio-économique européenne et à son introduction au sein des variables communes aux données européennes sur les ménages. Le projet européen de classification socio-économique (ESeC), financé par la Commission européenne, a pris le parti d'une classification en grande partie fondée sur une description du monde du travail, sans tenir compte d'autres facteurs explicatifs des « positions sociales » (capital économique, culturel, social, etc.). Ce projet a donné l'occasion, pour un consortium de chercheurs et de statisticiens européens, de proposer des études sur la pertinence d'ESeC. Ce document de travail comporte trois parties. Écrite par Cécile Brousse, la première partie montre l'utilité des techniques de classification automatique pour tester le prototype ESeC et produire des classifications alternatives. Dans le champ des salariés, elle fait émerger des combinaisons de métiers et de satut d'emploi qui sont plus cohérentes avec les concepts de base liés aux relations d'emploi. Elle construit également des classifications couvrant d'autres aspects des positions socio-économiques (conditions de travail, éducation, salaires...). Dans la deuxième partie, Loup Wolff met en évidence la tendance à l'hétérogénéité plus grande de la catégorie des « superviseurs » depuis les années 80. Son étude indique que la prise en compte des fonctions de superviseur, comme proposée dans le prototype ESeC, pourrait ne pas être stable au cours du temps. Enfin, Olivier Monso fournit une évaluation de la mobilité sociale en cours de carrière avec le prototype ESeC et avec la classification nationale. Cette comparaison semble montrer que le prototype ESeC produit plus de mobilité inter-classe que la classification nationale.

Documents de travail
No F0705
Paru le : 01/05/2007