Théorie de l'opinion Faut-il pondérer les réponses individuelles ?

Olivier BIAU et Nicolas FERRARI

Les enquêtes de conjoncture fournissent une information avancée et facilement mobilisable par les prévisionnistes. Leurs questions sont le plus souvent qualitatives. L'utilisation la plus courante chez les conjoncturistes consiste à calculer des soldes d'opinion, différences entre les proportions des réponses positives et des réponses négatives. Ces soldes sont ensuite introduits dans des modèles économétriques afin de prévoir les évolutions des variables étudiées. Les soldes d'opinion sont en général calculés en pondérant les réponses des entreprises. Le plus souvent, les poids sont proportionnels à la taille des entreprises. Toutefois, il n'existe pas d'éléments théoriques justifiant de manière précise de telles pondérations. Nous développons ici un modèle en vue de déterminer le choix optimal des pondérations. Dans l'objectif de construire des soldes d'opinion qui prévoient au mieux les évolutions réelles de la variable sous-jacente, nous mettons en évidence qu'il faut que les pondérations croissent moins que linéairement avec la taille des entreprises. Cette conclusion est vérifiée empiriquement à l'aide de plusieurs exemples de questions issues d'enquêtes de conjoncture menées par l'Insee.

Documents de travail
No g2006/12
Paru le : 01/11/2006