Les rendements non monétaires de l'éducation : le cas de la santé

Valérie ALBOUY et Laurent LEQUIEN

Plusieurs études étrangères récentes ont tenté de tester rigoureusement l'existence d'un effet causal de l'éducation sur la santé. Un certain nombre de ces études mettent en évidence un effet causal significatif de la durée de scolarisation sur la mortalité à l'âge adulte: elles le font en utilisant les chocs exogènes sur le niveau d'éducation que constituent les augmentations des âges de scolarité obligatoire. Les données de l'Échantillon Démographique Permanent permettent d'essayer de transposer cette démarche au cas français. Dans le cas de la France, les deux chocs identifiants qu'il est possible d'utiliser sont les réformes Zay et Berthoin ayant porté l'âge de scolarité obligatoire à respectivement 14 et 16 ans. Après avoir précisé le cadre méthodologique, nous mettons successivement en œuvre une démarche non paramétrique centrée sur les personnes nées juste avant et juste après l'entrée en vigueur des réformes, puis une procédure paramétrique en deux étapes permettant de prendre en compte l'information contenue dans une plus grande partie de notre échantillon. Ces deux approches ne confirment pas les résultats des études existantes. On observe certes de nettes augmentations du niveau d'éducation dues aux réformes, et ces hausses se traduisent par des baisses de mortalité, mais ces baisses ne sont pas statistiquement significatives. Nous concluons par une discussion sur la pertinence des réformes utilisées pour mettre en évidence un éventuel mécanisme causal, et proposons des pistes de recherche à approfondir.

Documents de travail
No g2007/02
Paru le : 01/03/2007