Flux d'emploi et de main-d'œuvre en France : un réexamen - Des flux d'emploi revus à la baisse et assez peu liés aux flux de main-d'œuvre

Claude PICART

Les flux d'emploi (créations et destructions d'emplois dans les entreprises) et de main-d'œuvre (embauches et débauches) sont au cœur des analyses récentes du marché du travail. L'ampleur des flux bruts d'emploi (créations + destructions) , au regard des flux nets (créations - destructions), a contribué au renouveau des analyses schumpetériennes en termes de destruction créatrice. Il était jusqu'à présent admis que les flux bruts d'emploi sont du même ordre de grandeur dans des pays aussi différents que la France et les États-Unis, ce qui va à l'encontre du lien attendu entre protection de l'emploi et réallocations. La présente étude utilise la possibilité de suivre les salariés sur deux ans dans les DADS pour corriger la mesure des flux d'emploi des flux artificiels engendrés par les changements d'identifiant des établissements. La correction divise par deux les flux d'emploi qui se révèlent ainsi nettement moins importants en France qu'aux États-Unis. La même source permet d'étudier sur un champ quasi exhaustif la relation entre flux d'emploi et flux de main d'œuvre. Les rotations ou excès des flux de main-d'œuvre sur les flux d'emploi, apparaissent plus liés à des caractéristiques sectorielles qu'aux flux d'emplois. Leur ampleur, révisée à la hausse par cette étude, est plus le signe d'un certain dualisme du marché du travail que de la vigueur du processus de destruction créatrice.

Documents de travail
No G2007/05
Paru le : 01/06/2007