Allègements de cotisations patronales et dynamique salariale

David SRAER

Cet article réexamine l'impact des premiers allègements de cotisations patronales mis en place dans les années 1990 sur la progression salariale des individus à bas salaires. Dans la mesure où elles constituent un transfert net de l'État vers le couple employeur/employé, il est peu probable que ces politiques conduisent à des baisses de salaire pour un employé de productivité donnée. En revanche, la dégressivité des réductions de charges peut conduire à une relation concave entre salaire et productivité telle que de mêmes gains de productivité débouchent sur une progression salariale plus faible une fois mises en place les baisses de charge. C'est cet effet de trappe à bas salaire que nous cherchons à tester dans cette étude. Un premier test consiste à comparer l'évolution du taux de croissance des salaires des individus touchés par les baisses de charges à celui des individus les plus proches en terme de salaire brut, mais n'étant pas affectés par ces allègements. Cette stratégie de différence de différences montre que les individus à bas salaires avaient, en 1997, plus de chances d'être augmentés que des individus de salaire « moyen », et ce relativement à la situation de 1994 où les baisses de charges n'étaient que très marginales. Les fortes hausses du SMIC sur la période peuvent néanmoins compliquer l'interprétation causale de ces résultats. Notre deuxième stratégie empirique compare l'évolution salariale d'un individu proche du SMIC entre 1994 et 1998 avec celle d'un individu ayant les même caractéristiques observables mais sur la période 1984-1988. Les estimations ne montrent aucune différence significative dans ces évolutions salariales. Au final, les résultats suggèrent que l'espérance de revenu des bas salaires ne s'est pas dégradée avec la mise en place des allègements de charges, tout au moins à court et moyen-terme.

Documents de travail
No G2007/01
Paru le : 01/03/2007