Stabilité de la consommation d’énergie dans l’industrie en 2013

Hélène Thélot, division Enquêtes thématiques et études transversales, Insee

La consommation d’énergie dans l’industrie (hors carburants) stagne en 2013, après une baisse de 18 % entre 2005 et 2012. Ce mouvement suit celui de la production dans l’industrie manufacturière. La facture énergétique, elle, cesse d’augmenter (-1,3 % en euros courants et à champ constant), les prix du charbon et des produits pétroliers diminuant. La consommation d’énergie brute s’établit à 35,6 millions de tonnes d’équivalent pétrole et la facture énergétique à 15,9 milliards d’euros. L’électricité et le gaz demeurent les énergies les plus consommées.

Publications grand public
Insee Focus – No 11
Paru le : 16/10/2014

La consommation d’énergie dans l’industrie, stagne après plusieurs années de baisse

En 2013, la consommation brute d’énergie hors carburants des secteurs de l’industrie (hormis l’artisanat commercial et l’industrie de l’énergie ; sources) s'élève à 35,6 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep), et la consommation nette d’énergie à 34,3 millions de tep (figure 1).

À champ constant (Sources et méthodes), les achats d’énergies marchandes, comme la consommation d’énergie brute, sont restés stables en 2013. De 2005 à 2012, ils avaient diminué de 18 %, avec un recul marqué en 2009. Cette évolution reflète celle de la production dans l’industrie manufacturière (figure 2), mais aussi les efforts des établissements du secteur pour consommer moins d’énergie.

Le secteur le plus énergivore reste l’industrie chimique, suivi de la métallurgie (figure 3). Alors que le premier consomme beaucoup de gaz, le second est plutôt utilisateur de combustibles minéraux solides (CMS) : houille, lignite ou coke de houille.

Figure 1 – Évolution de la consommation d'énergie et de la facture

Évolution de la consommation d'énergie et de la facture
2005 2010 2011 2012 2013 (à champ constant) 2013 (nouvelle série)
Consommation brute d'énergie (en millions de tep1) 41,7 35,6 34,5 34,1 34,0 35,6
Consommation nette d'énergie (en millions de tep1) 39,4 33,8 33,0 32,6 32,6 34,3
Facture énergétique2 (en millions d'euros courants) 12 092 13 768 14 767 15 256 15 052 15 894
  • Note : La base de sondage a été élargie en 2013 ; les données "2013 (à champ constant)" ont été calculées pour comparer aux années antérieures (Rubrique sources).
  • 1. tep : tonne d'équivalent pétrole.
  • 2. À partir de 2012, la facture énergétique comprend la facture de bois acheté (un peu plus de 80 millions d'euros en 2013).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (Rubrique sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2013.

Figure 2 – Évolution de la facture, des quantités achetées d'énergies marchandes et de l’IPI * depuis 2005

base 100 en 2005
Évolution de la facture, des quantités achetées d'énergies marchandes et de l’IPI * depuis 2005
Facture Facture déflatée du prix du PIB IPI* dans l'industrie manufacturière Quantités achetées d'énergies marchandes** Facture (nouvelle série) Facture déflatée du prix du PIB (nouvelle série) Quantités achetées d'énergies marchandes** (nouvelle série)
2005 100 100 100 100
2006 112,1 109,7 101,3 97,9
2007 113,1 108,0 102,6 97,2
2008 127,3 118,7 98,3 96,1
2009 104,0 96,9 82,6 80,6
2010 113,9 104,9 86,3 86,0
2011 122,1 111,5 89,5 82,2
2012 126,2 113,8 86,5 82,1
2013 champ constant) 124,5 111,4 85,5 81,7
2013 (nouvelle série) 131,4 117,6 85,7
  • * indice de la production industrielle.
  • ** les énergies marchandes sont les combustibles minéraux solides, le gaz, les produits pétroliers, l'électricité et la vapeur.
  • Note : La base de sondage a été élargie en 2013 ; les données "2013 (à champ constant)" ont été calculées pour comparer aux années antérieures (Rubrique sources).
  • Lecture : le niveau de la facture énergétique mesuré à champ constant est supérieur en 2013 de 24,5 % (indice = 124,5) à celui de l’année de référence 2005 (indice = 100).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (Rubrique sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2013.

Figure 2 – Évolution de la facture, des quantités achetées d'énergies marchandes et de l’IPI * depuis 2005

Figure 3 – Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur en 2013

en %
Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur en 2013
Industrie agroalimentaire Bois, papier et imprimerie Chimie et pharmacie Caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques Métallurgie et produits métalliques Équipements électriques, électroniques, informatiques, machines, matériel de transport Autres industries
Industrie agroalimentaire 13,8
Bois, papier et imprimerie 11,6
Chimie et pharmacie 27,9
Caoutchouc, plastique et minéraux non métalliques 13,4
Métallurgie et produits métalliques 24,4
Équipements électriques, électroniques, informatiques, machines, matériel de transport 6,3
Autres industries 2,6
  • Note : la consommation d'énergie inclut celle où l'énergie est utilisée en tant que matière première.
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (Rubrique sources).
  • Source : Insee, enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2013.

Figure 3 – Ventilation de la consommation d'énergie brute par grand secteur en 2013

La facture énergétique cesse d’augmenter

Le mouvement de hausse de la facture énergétique observé depuis 2005 (mise à part la baisse de 2009) s’enraye en 2013. En effet, les prix des combustibles minéraux solides, qui avaient bondi de 2009 à 2011, diminuent en 2013 pour la deuxième année consécutive (figure 4). Par exemple le prix de la houille, qui représente 90 % des quantités de combustibles minéraux solides achetées en 2013, est passé de 90 euros la tonne en 2005 à environ 180 euros en 2011, puis est redescendu à 130 euros la tonne en 2013 (soit 210 euros par tep). En outre, après avoir plus que doublé entre 2005 et 2012, le prix moyen des produits pétroliers baisse en 2013 pour la première fois depuis 2009, en lien avec le recul du prix du brent ; il atteint 525 euros par tep en 2013. Le prix de la vapeur fléchit légèrement en 2013 et s’établit à 29 euros la tonne (soit 400 euros par tep). Parallèlement, les prix de l’électricité et du gaz de réseau poursuivent une hausse relativement tendancielle ; en 2013, le prix du gaz naturel est de 32 euros le MWh (soit 420 euros par tep), et celui de l’électricité de 65 euros le MWh (soit 760 euros par tep). Le prix de l’électricité en France reste un des plus faibles d’Europe.

Figure 4 – Évolution des prix des énergies depuis 2005

base 100 en 2005
Évolution des prix des énergies depuis 2005
Électricité Vapeur Produits pétroliers Combustibles minéraux solides Gaz de réseau
2005 100 100 100 100 100
2006 112,3 121,7 116,9 94,8 125,1
2007 111,2 121,1 125,3 93,2 130,0
2008 117,6 156,7 157,9 106,7 155,1
2009 124,2 130,0 119,3 102,6 138,0
2010 126,4 129,4 151,7 142,9 131,3
2011 134,8 147,2 187,9 181,8 139,2
2012 137,7 161,1 208,6 164,6 150,7
2013 143,6 158,3 188,1 125,7 158,1
  • Lecture : par rapport à l’année de référence 2005 (indice = 100), le niveau de prix des produits pétroliers est supérieur de 88,1 % en 2013 (indice = 188,1, soit 100 + 88,1).
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (Rubrique sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2013.

Figure 4 – Évolution des prix des énergies depuis 2005

L’électricité et le gaz toujours les plus consommés, à parts égales

Entre 2005 et 2013, les grandes tendances de consommation d’énergie ont peu varié (figure 5). Hors usage en tant que matière première, l’électricité et le gaz restent les deux énergies les plus consommées, dans des quantités proches ; elles représentent à elles deux 70 % de la consommation d’énergie marchande et non marchande. La part des énergies non marchandes (bois, liqueur noire, autres produits pétroliers, combustibles renouvelables ou non) est stable à 12 %. Celle des produits pétroliers continue de diminuer : en 2013, elle s’établit à moins de 7 % de la consommation d’énergie dans l’industrie (hors usage en tant que matière première), soit 0,6 point de moins qu’en 2012 et presque quatre points de moins qu’en 2005. Enfin, la part des combustibles minéraux solides se situe à 6 % en 2013, dépassant pour la troisième année consécutive la part des achats de vapeur.

Parallèlement, l’industrie produit elle-même de l’électricité ; en 2013, cette autoproduction représente un peu moins de 6 000 GWh, soit 5 % de la consommation totale d’électricité. Un peu plus de la moitié de cette autoproduction est consommée sur place, le reste étant revendu au réseau. Cette autoproduction est très majoritairement d’origine thermique : seulement 10 % sont d’origine hydraulique, photovoltaïque ou éolienne.

Figure 5 – Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume hors usage en tant que matières premières

en %
Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume hors usage en tant que matières premières
Électricité Combustibles minéraux solides Gaz de réseau Produits pétroliers Vapeur Énergies non marchandes
2005 33,8 4,7 34,4 10,2 6,1 10,8
2006 34,1 5,2 34,2 10,1 5,2 11,2
2007 34,9 5,3 34,2 9,2 5,5 10,9
2008 34,1 5,0 33,1 8,4 5,9 13,5
2009 34,6 4,6 33,7 8,4 6,2 12,5
2010 34,2 5,2 34,7 7,8 6,1 12,2
2011 34,2 6,8 34,3 7,9 5,2 11,7
2012 33,6 6,6 35,3 7,1 5,5 11,9
2013 33,7 6,2 36,1 6,5 6,0 11,6
  • Champ : France, industrie hors artisanat commercial et industrie de l'énergie, y compris récupération, établissements de 20 salariés ou plus (Rubrique sources).
  • Sources : Insee, SSP, enquêtes annuelles sur les consommations d'énergie dans l'industrie 2005 à 2013.

Figure 5 – Part des grandes familles d'énergies dans la consommation en volume hors usage en tant que matières premières

Sources

Ces données sont issues de l'enquête annuelle sur les consommations d'énergie dans l’industrie (EACEI). En 2013, le champ de cette enquête couvre les établissements de 20 salariés ou plus implantés en France, appartenant au secteur de l'industrie, hors industrie de l’énergie et artisanat commercial, mais y compris récupération, soit les codes suivants de la NAF rév. 2, : 07, 08, 09.9, 38.3 et 10 à 33 (sauf 10.13B, 10.71B, 10.71C, 10.71D, 19.10Z, 19.20Z, 20.13A, 24.46Z). Auparavant, l’enquête couvrait en plus les établissements de 10 à 19 salariés du secteur de fabrication de gaz industriel (2011Z). Les séries de 2005 à 2012 ont été modifiées pour tenir compte de ce changement.

Par ailleurs, les résultats de l’enquête 2013 ne sont pas directement comparables à ceux de l’enquête 2012 car l'Insee a changé de base de sondage. Les données 2013, à champ constant, ont été recalculées en corrigeant cet effet de changement de base.

Définitions

La consommation d’énergie brute est obtenue en sommant les consommations en combustibles et en électricité, ainsi que les achats de vapeur.

La consommation d’énergie nette est égale à la consommation brute diminuée des quantités de combustibles ayant servi à produire de l'électricité et diminuée de la quantité de vapeur vendue par des établissements industriels.

La liqueur noire est un sous-produit du bois utilisé dans l’industrie de la pâte à papier

Pour en savoir plus

Bahu M., « Les consommations d'énergie dans l'industrie en 2013", Économie, Insee Résultats n° 77, février 2015.

Thélot H., « Les consommations d’énergie dans l’industrie en 2012 », Insee Résultats n° 68 Économie, décembre 2013.

Thélot H., « La consommation d'énergie dans l'industrie de 2005 à 2012 : le volume baisse, la facture augmente », Insee Focus n° 2, février 2014.

Martin J.P., « Prix du gaz et de l’électricité en France et dans l’Union européenne en 2012 », Chiffres et statistiques n° 461, SOeS, novembre 2013.