Retrouver un emploi : des parcours diversifiés

David Amonou, Sonia Besnard, Insee

Les chômeurs qui retrouvent un emploi suivent différentes trajectoires. Dans les Pays de la Loire, 56 % de ces demandeurs d’emploi retournent durablement à l’emploi après quelques mois de chômage. En revanche, l’insertion dans l’emploi n’est que temporaire pour 22 % des demandeurs d’emploi : ces derniers alternent des périodes d’emploi et de chômage. Au cœur de la crise, les conditions de retour à l’emploi se sont détériorées : l’insertion sur le marché du travail était moins souvent durable.

Dans les Pays de la Loire, 40 % des demandeurs d’emploi inscrits au cours de l’année 2010 ont déclaré avoir retrouvé un emploi au moins une fois dans les deux ans suivant leur inscription. Cette situation est comparable au niveau national. Elle s’est dégradée avec la crise : 52 % des demandeurs d’emploi inscrits entre mi-2005 et mi-2006 retrouvaient au moins une fois un emploi en deux ans. Si l’insertion dans l’emploi peut être durable, certains individus alternent des périodes d’emploi et de chômage. Différents parcours-types sont identifiés à partir de l’enchaînement des situations connues par les individus au cours des 24 mois suivant leur inscription (définitions). Seuls les demandeurs d’emploi ayant retrouvé au moins une fois un emploi au cours de cette période sont pris en compte.

Le parcours le plus fréquent : un retour durable à l’emploi

Dans la région, parmi les chômeurs ayant retrouvé au moins une fois un emploi au cours des deux ans suivant leur inscription, 56 % suivent un parcours relativement favorable (figure 1). Dans ce parcours, la majorité des individus restent durablement en emploi après cinq mois de chômage (figure 2.a). Dans les mois qui suivent, moins de 10 % des individus connaissent de nouvelles périodes de chômage. Plus favorable, ce type de parcours est plus fréquent qu’au cœur de la crise : seuls 51 % des demandeurs d’emploi de la région inscrits entre mi-2008 et mi-2009 suivaient cette trajectoire. En 2010, dans la région, si retrouver un emploi reste plus difficile qu’avant la crise, les personnes qui y parviennent s’insèrent plus souvent durablement sur le marché du travail. Les emplois retrouvés ne sont pas nécessairement des CDI, les personnes peuvent changer d’emploi au cours de la période sans toutefois redevenir demandeur d’emploi.

Figure 1 – Le retour durable à l'emploi, moins fréquent au cœur de la crise - Parcours-types des demandeurs d'emploi ligériens ayant retrouvé au moins un emploi dans les 24 mois suivant leur inscription (en %)

Le retour durable à l'emploi, moins fréquent au cœur de la crise - Parcours-types des demandeurs d'emploi ligériens ayant retrouvé au moins un emploi dans les 24 mois suivant leur inscription (en %)
Période d'inscription
avant la crise (mi-2005 et mi-2006) au cœur de la crise (mi-2008 et mi-2009) en persistance de la crise (en 2010)
Part des individus ayant retrouvé au moins un emploi 52 41 40
Parcours suivis par ceux qui ont retrouvé un emploi
Parcours 2.a – Retour durable à l'emploi 54 51 56
Parcours 2.b – Alternance emploi et chômage 22 26 22
Parcours 2.c – Nombreuses absences au contrôle 8 8 7
Parcours 2.d – Retour durable à l'emploi après interruption de recherche 6 8 7
Autres parcours 10 7 8
Ensemble 100 100 100
  • Source : Pôle emploi-Dares, Fichier historique statistique au 2e trimestre 2013, calculs Insee/Dares.

Autre parcours fréquent : un retour à l’emploi en alternance avec des réinscriptions

Le chemin vers l’emploi est plus difficile pour les autres demandeurs d’emploi de la région. En particulier, la sortie du chômage n’est souvent que temporaire pour 22 % des demandeurs d’emploi. Il s’agit davantage de personnes ponctuellement en emploi avant de se réinscrire à Pôle emploi que de personnes qui alternent régulièrement emplois de courtes durées et périodes de chômage : seules 15 % ont connu au moins trois périodes d’emploi au cours des deux ans suivant leur inscription. Après avoir retrouvé un emploi, une part importante de ces individus se réinscrivent à Pôle emploi : un an après leur première inscription, 40 % sont à nouveau demandeurs d’emploi (figure 2.b). Il convient de noter que des personnes entrant en emplois aidés dans le secteur non marchand suivent ce parcours, car ces retours à l’emploi sont considérés comme non durables. Ce type de parcours concerne davantage des employés, des personnes non diplômées ou de niveaux CAP ou BEP.

Au cœur de la crise, ce retour non durable vers l’emploi était plus fréquent (+ 4 points), témoignant d’une certaine précarisation des emplois retrouvés. En 2010, la situation est équivalente à celle de 2005, avant la survenance de la crise.

Des parcours moins fréquents : absences au contrôle, interruption de recherche…

Pour 7 % des demandeurs d’emploi qui ont retrouvé un emploi, le parcours commence par une période d’emploi ponctuelle souvent suivie d’une réinscription de quelques semaines. Les personnes disparaissent ensuite des listes de demandeurs d’emploi pour absence au contrôle (figure 2.c). Cette sortie est pour certains définitive, pour d’autres elle précède un nouvel épisode de recherche d’emploi. Environ la moitié des absences au contrôle relèvent en réalité d’une reprise d’emploi non déclarée à Pôle emploi. Dans ce parcours, certains individus retrouvent donc durablement un emploi, tandis que d’autres alternent des périodes d’emploi et de chômage. Ces demandeurs d'emploi se singularisent principalement par leur jeune âge (plus de la moitié ont moins de 25 ans), et ce sont majoritairement des hommes.

Le retour à l’emploi, majoritairement durable, s’est fait attendre plus d’un an pour 7 % des demandeurs d’emploi. Ces chômeurs ont plus souvent arrêté temporairement leur recherche d’emploi au cours des premiers trimestres suivant leur inscription (figure 2.d). Il s’agit plus souvent de personnes mariées avec enfants, moins fréquemment inscrites pour cause de fin de CDD. Elles sont moins représentées parmi les 18 à 25 ans.

Une partie des demandeurs d’emploi suivent plusieurs formations avant de retrouver un emploi : ils sont 3 % dans la région. Ces formations interviennent le plus souvent entre le troisième et le sixième trimestre suivant l’inscription. Cependant, cette période de formation est souvent suivie d’une nouvelle période de chômage avant un retour à l’emploi, et 16 % des demandeurs d’emploi sont en stage ou recherchent un emploi deux ans après leur inscription. Les individus suivant ce parcours sont plus jeunes que la moyenne et d’un niveau de qualification intermédiaire, près des deux tiers sont employés.

Figure 2 – Les quatre parcours-types les plus suivis par ceux qui retrouvent un emploi - Chronogramme des situations des demandeurs d'emploi ayant retrouvé au moins un emploi dans les 24 mois suivant leur inscription

  • Lecture : dans le parcours 2.a, après cinq mois de recherche, 50 % des demandeurs d’emploi ont retrouvé durablement un emploi et 40 % sont toujours dans leur demande initial d’emploi.
  • Source : Pôle emploi-Dares, Fichier historique statistique au 2e trimestre 2013, calculs Insee/Dares.

Définitions

Le fichier historique statistique (FHS) de Pôle emploi contient l’historique sur dix ans des périodes d’inscription sur les listes de demandeurs d’emploi pour toutes les personnes ayant été inscrites au moins deux jours.

Les individus pris en compte sont âgés de 18 à 64 ans inscrits pendant au moins un mois à Pôle emploi en catégories A, B ou C et n’étant pas inscrits dans les six mois précédents.

La typologie des parcours menant à l’emploi est constituée sur les demandeurs d’emploi qui se sont inscrits en France au cours de l’année 2010, ayant repris au moins une fois un emploi au cours des deux ans suivant leur inscription. Dix parcours-types de demandeurs d’emploi ont été définis ; cinq concernent moins de 2 % des demandeurs d’emploi du champ de l’étude chacun : ils ne sont pas décrits ici.

Les demandeurs d’emploi des Pays de la Loire ont ensuite été répartis au sein de ces dix parcours-types, pour chacune des trois périodes d’inscription (entre le 1er juillet 2005 et le 30 juin 2006, entre le 1er juillet 2008 et le 30 juin 2009, et en 2010). Cette étude porte principalement sur les demandeurs d’emploi qui se sont inscrits au cours de l’année 2010. Les deux autres périodes d’inscription permettent d’apprécier l’effet de la crise sur les modalités de retour à l’emploi. Il est à noter qu’exclure de l’analyse les personnes n’ayant jamais occupé d’emploi au cours des deux ans suivant leur inscription masque l’effet de la crise sur la probabilité de retrouver un emploi.

Le retour à l’emploi est défini à partir du motif de sortie de la demande d’emploi en catégories A, B ou C, qu’il s’agisse d’une sortie des listes de Pôle emploi pour reprise d’emploi déclarée ou d’une bascule vers la catégorie E (contrat aidé et création d’entreprise). Il est à noter que certains demandeurs d’emploi occupent déjà un emploi dans le cadre de l’activité réduite (catégories B et C). Les reprises d’emploi réelles sont sous-estimées : environ la moitié des sorties des listes pour défaut d’actualisation et un peu plus d’un quart des sorties pour radiation administrative sont en fait des retours à l’emploi.

Le retour à l’emploi est dit durable lorsque la sortie de listes n’est pas suivie dans les six mois d’une réinscription à Pôle emploi, à l’exception des sorties vers un contrat aidé non marchand.

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