32 350 décès : le niveau reste élevé en 2014

Mireille Dalla Longa

En 2014, 32 350 personnes domiciliées en Aquitaine sont décédées. Ce chiffre est stable par rapport à l’année précédente. Il reste ainsi au-dessus de la barre des 32 000 décès qui avait été franchie en 2012.

Près de six femmes décédées sur dix sont âgées d’au moins 85 ans tandis que les hommes sont seulement un sur trois à l’être. Ces derniers ont une espérance de vie moins élevée. Près de 800 personnes décédées étaient centenaires. Près de la moitié des décès surviennent à l’hôpital et plus d’un quart au domicile. Avec l’allongement de la durée de vie, la part des décès en maison de retraite continue de s’accroître.

Les deux principales causes de décès restent les tumeurs et les maladies de l’appareil circulatoire. Les hommes meurent plus fréquemment des premières et les femmes des secondes.

En 2014, 32 350 personnes résidant en Aquitaine sont décédées, soit 5,9 % des décès domiciliés de la France métropolitaine. Quasi stable dans la région par rapport à 2013, le nombre de décès baisse de 2 % en métropole, 3,3 % en Limousin et 5,8 % en Poitou-Charentes. En Aquitaine, il reste au-dessus de la barre des 32 000 décès largement dépassée en 2012 alors que depuis 1975, il oscillait fréquemment autour des 30 000 dans la région. L’arrivée de générations nombreuses nées entre les deux guerres aux âges à forte mortalité explique en partie ce haut niveau (figure 1).

Figure 1 – Un niveau de décès élevé depuis 2012 en Aquitaine

indice base 100 en 1990
Un niveau de décès élevé depuis 2012 en Aquitaine
Aquitaine France métropolitaine
1990 100,0 100,0
1991 98,6 99,7
1992 98,6 99,1
1993 101,4 101,2
1994 99,0 98,9
1995 101,2 101,1
1996 100,7 102,0
1997 101,9 100,9
1998 103,2 101,6
1999 102,8 102,3
2000 100,8 101,0
2001 102,8 101,1
2002 102,5 101,8
2003 104,9 105,1
2004 98,0 97,0
2005 101,5 100,4
2006 99,5 98,3
2007 99,9 99,1
2008 101,9 101,3
2009 103,7 102,4
2010 104,6 102,8
2011 101,8 101,8
2012 109,3 106,4
2013 108,5 106,3
2014 108,4 104,1
  • Source : Insee, État civil

Figure 1 – Un niveau de décès élevé depuis 2012 en AquitaineÉvolution des décès domiciliés de 1990 à 2014

Au niveau départemental, dans les Pyrénées-Atlantiques, en Dordogne et en Lot-et-Garonne, le nombre de décès diminue tandis qu’il est en légère hausse dans les Landes et en Gironde. Avec en moyenne respectivement 99, 98 et 96 décès par jour, les mois de janvier, février et décembre sont les moins cléments de 2014. Ces trois mois représentent 27 % des décès aquitains. Au mois de juin, cette moyenne est de 80 décès par jour. En France métropolitaine aussi on compte plus de décès en période hivernale. En revanche, le mois d’août y est le plus clément.

Six fois sur dix, les femmes meurent après 85 ans

Alors que traditionnellement il mourait plus d’hommes que de femmes, cette tendance s’est inversée depuis 2012. En 2014, 16 055 Aquitains sont décédés pour 16 297 Aquitaines.

En lien avec une espérance de vie plus élevée pour les femmes, leur arrivée en plus grand nombre aux grands âges peut expliquer cette évolution : en 2014, 60 % des femmes décédées avaient au moins 85 ans contre 36 % des hommes (figure 2).

Figure 2 – 60 % des femmes décédées étaient âgées d’au moins 85 ans

en %
60 % des femmes décédées étaient âgées d’au moins 85 ans
Hommes Femmes
Moins d'1 an 0,4 0,3
1 à 4 0,1 0,1
5 à 9 0,0 0,0
10 à 14 0,0 0,0
15 à 19 0,1 0,1
20 à 24 0,4 0,1
25 à 29 0,3 0,1
30 à 34 0,5 0,2
35 à 39 0,7 0,3
40 à 44 1,1 0,7
45 à 49 1,9 1,1
50 à 54 3,2 1,8
55 à 59 4,9 2,4
60 à 64 6,6 3,4
65 à 69 8,4 4,3
70 à 74 8,1 4,4
75 à 79 11,1 7,4
80 à 84 16,3 13,5
85 ou plus 35,6 59,7
  • Source : Insee, État civil

Figure 2 – 60 % des femmes décédées étaient âgées d’au moins 85 ansRépartition des décès domiciliés par âge et sexe en Aquitaine en 2014

Liés aussi à l’allongement de l’espérance de vie, les décès surviennent de plus en plus tard. En effet, quinze ans auparavant dans la région, 55 % des femmes et 27 % des hommes avaient au moins atteint cet âge l’année du décès.

Au niveau national, ces proportions sont inférieures : respectivement 57 % et 32 % en 2014. En effet, l’espérance de vie à la naissance est plus élevée en Aquitaine qu’en métropole. Au 1er janvier 2013, elle s’établit à 79,2 ans pour les Aquitains et 85,3 ans pour les Aquitaines contre 78,8 ans pour les hommes et 85,0 ans pour les femmes en métropole. En Aquitaine, en quinze ans, l’espérance de vie s’est allongée d’environ quatre ans pour les hommes et deux ans et demi pour les femmes. De nombreuses personnes vivent bien au-delà et deviennent de plus en plus fréquemment centenaires. En 2014, 767 personnes décédées domiciliées dans la région étaient centenaires. Près de neuf sur dix étaient des femmes, dont les plus âgées avaient atteint 110 ans. Quinze ans auparavant, 320 personnes étaient mortes centenaires, dont toujours une grande majorité de femmes.

Près de la moitié des décès à l’hôpital

Plus de la moitié des décès surviennent dans un établissement de santé (45 % à l’hôpital et 9 % en clinique privée) et plus d’un quart au domicile ou dans un logement (figure 3). Ces proportions varient peu au cours des dernières années. En revanche, avec l’allongement de l’espérance de vie et l’augmentation de la probabilité de rentrer en dépendance et en établissement pour personnes âgées, mourir dans une maison de retraite devient de plus en plus fréquent : la part des décès en maison de retraite passe de 11,5 % en 1999 à 13,5 % en 2014.

Figure 3 – Répartition des décès par lieu en 2014

en %
Répartition des décès par lieu en 2014
Logement ou domicile Établissement hospitalier Clinique privée Maison de retraite Voie ou lieu public Autre ou non déclaré Ensemble
Dordogne 25,7 43,5 4,5 19,9 1,8 4,7 100
Gironde 24,2 54,2 6,0 10,7 0,9 4,1 100
Landes 27,1 42,5 3,7 18,1 1,9 6,6 100
Lot-et-Garonne 31,6 41,6 8,9 14,7 0,9 2,3 100
Pyrénées-Atlantiques 25,5 32,9 19,2 11,8 1,1 9,4 100
Aquitaine 25,8 45,3 8,7 13,5 1,2 5,4 100
France métropolitaine 24,4 48,9 8,0 12,2 1,3 5,3 100
  • Source : Insee, État civil

Quelques spécificités départementales se dégagent. Ainsi, dans les Pyrénées-Atlantiques, la proportion de décès survenus dans une clinique privée (19 %) est nettement plus élevée que dans les autres départements aquitains, probablement en raison d’une part importante de lits offerts dans le secteur hospitalier privé dans ce département. En revanche, 54 % des décès enregistrés en Gironde ont lieu en établissement hospitalier. Ce constat est à lier à la présence du centre hospitalier régional (CHR/CHU) sur le territoire girondin. En Dordogne, un décès sur cinq se produit en maison de retraite. La proportion de personnes âgées dans ce département est la plus élevée de la région. De fait, la capacité d’accueil des maisons de retraite y est surreprésentée (17 %) alors que pour nombre d’indicateurs (population, emploi…) le « poids » de la Dordogne en Aquitaine se situe entre 10 % à 13 %. En Lot-et-Garonne, dans pratiquement un cas sur trois, les personnes décèdent à leur domicile.

Tumeurs pour les hommes, maladies de l’appareil circulatoire pour les femmes

Les deux principales causes de décès restent les maladies de l’appareil circulatoire et les tumeurs. En 2012 (dernière année disponible), en Aquitaine, 55 % des décès leur sont dus, à parts quasi égales. Les tumeurs sont responsables de 32 % des décès chez les hommes, et en plus grand nombre ce sont des tumeurs du système respiratoire (bronches, poumons…), et de 23 % chez les femmes, avec en premier lieu les tumeurs malignes du sein. Les maladies de l’appareil circulatoire sont la cause de 25 % des décès masculins et de 29 % des décès féminins. Viennent ensuite, mais dans une moindre mesure, les causes externes de blessure et d’empoisonnement (6,8 % des décès) et les maladies de l’appareil respiratoire (6,5 %).

D’une manière générale, les hommes se suicident plus souvent que les femmes. Dans la région, en 2012, ils ont été trois fois plus nombreux que les femmes à mettre fin à leurs jours. Ils sont aussi trois fois plus nombreux à avoir perdu la vie dans un accident de transport. Toutefois avec les efforts déployés depuis de nombreuses années pour lutter contre l’insécurité routière, le nombre de décès masculins dus aux accidents de transport s’inscrit dans une tendance à la baisse : en moyenne 480 au début des années 1980, 170 après 2010.

Sources

Les statistiques d’état civil sur les décès sont issues d’une exploitation des informations transmises par les mairies à l’Insee. Le code civil oblige en effet à déclarer tout événement relatif à l'état civil (naissances, mariages, décès, reconnaissances) à un officier d'état civil dans des délais prescrits. Ces informations sont ensuite transmises à l'Insee par les mairies. L'Insee s'assure de l'exhaustivité et de la qualité des données avant de produire les fichiers statistiques d'état civil.

Depuis 1968, le CépiDc (centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès) de l'Inserm est chargé d'élaborer annuellement la statistique nationale des causes médicales de décès en collaboration avec l'Insee. Cette statistique est établie à partir des informations recueillies à partir de deux documents : le certificat médical et le bulletin d'état civil de décès.