7,7 millions d’habitants en Auvergne Rhône-Alpes

Geneviève Burel, Claude Waszak, Insee

Auvergne Rhône-Alpes fait partie des grandes régions européennes les plus peuplées. La région se distingue par un degré d’urbanisation plus important que la moyenne française. Les concentrations urbaines sont ainsi très marquées dans les bassins lyonnais et stéphanois et le long des grands axes de communication. Le couloir alpin, le Genevois français, l’aire clermontoise et la basse vallée du Rhône constituent aussi des zones d’urbanisation denses. Face à eux, l’emprise des zones rurales et montagneuses très peu denses, qui couvrent le tiers du territoire, reste cependant importante.

Avec 7 695 300 habitants au recensement de 2012, Auvergne Rhône-Alpes fait partie des vingt plus grandes régions européennes (NUTS1). Elle dispose du même niveau de population que les grandes régions de Basse-Saxe (7,9 millions), du Ouest-Pays-Bas (7,9) et de Catalogne (7,5).

Deuxième région la plus peuplée de France

Auvergne Rhône-Alpes est le deuxième ensemble régional le plus peuplé après l'Île-de-France. Il concentre 12 % de la population française sur 13 % de la superficie métropolitaine. La densité moyenne de population y est de 109 habitants au km2, densité légèrement inférieure à celle de la France métropolitaine ou de l’Union européenne.

Elle masque de fortes disparités. La région conjugue en effet de vastes espaces urbains à la densité élevée avec des zones rurales et montagneuses peu ou très peu denses. Auvergne Rhône-Alpes fait ainsi partie des régions françaises les plus urbanisées mais aussi de celles où les territoires ruraux très peu denses occupent le plus d’espace.

Une forte densité urbaine

Au cours des dernières décennies, sous l’effet de la périurbanisation, les zones à densité élevée se sont fortement étendues.

Au centre de la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’agglomération lyonnaise étend son influence sur un périmètre très large, le long des principaux axes de communication. Un continuum d’agglomérations et de communes à forte densité s’étend sur toutes les vallées du Rhône et de la Saône et à l’est le long de l’A43 jusqu’à Chambéry. De même, l’espace urbain est continu le long de la vallée du Gier jusqu’à Saint-Étienne. En 2012, trois millions de personnes résident à moins d’une heure en voiture du centre de Lyon, ce qui en fait le plus important bassin de population de France de province à égalité avec celui de Lille.

Le sillon alpin, s'étendant de Grenoble à Genève, est le deuxième espace de forte densité de la région. Ce territoire connaît un développement urbain majeur depuis les années 1980, sous l’impulsion de la métropole genevoise.

Clermont-Ferrand, principale métropole du Massif central, a renforcé son potentiel démographique. Elle se trouve au centre d'un couloir de densification allant de Vichy à Issoire.

Selon la typologie européenne, ce sont deux millions de personnes de la région qui vivent dans les communes caractérisées par une forte densité urbaine, où la densité moyenne est de 3 159 habitants au km2. Auvergne Rhône-Alpes fait partie des régions où plus du quart de la population réside dans ce type de communes. Elle se place ainsi derrière l'Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d'azur et Nord-Pas-de-Calais Picardie. La concentration urbaine régionale reste toutefois éloignée de celles observées le long de l’arc européen reliant le centre de l’Angleterre, le Benelux, l’Allemagne rhénane, la Suisse et l’Italie du Nord.

Des espaces montagneux très faiblement peuplés

Région urbaine, Auvergne Rhône-Alpes est également la principale région de montagne française. Ainsi, 2,2 millions de personnes résident dans une commune classée en zone de montagne, dont plus de la moitié dans la partie régionale du Massif central. Le peuplement des zones rurales de ce massif, qui s’inscrit dans la vaste diagonale de faible densité s’étendant du Luxembourg au Portugal, diffère de celui des Alpes. Dans le massif alpin, la population communale se concentre dans les parties urbanisées situées au fond des vallées. Le peuplement y est ainsi plus dense que celui de la partie régionale du Massif central ou de la Drôme où se concentrent les espaces de faible densité. Dans la région, les communes très peu denses recouvrent 35 % de la superficie régionale. Seulement 278 000 personnes y résident soit 4 % de la population. La densité moyenne de ces espaces très peu denses (11 hab./km2) y est inférieure à la moyenne nationale (14 hab./km2).

Figure 1 – Une forte densité urbaine - Densité de population en 2012

  • Source : Insee, Recensement de la population 2012.

Figure 2 – Un tiers du territoire très peu densément peuplé - Population des unités urbaines et degré de densité des communes en 2012

  • Source : Insee, Recensement de la population 2012.

Pour comprendre

Cette publication est extraite d'un atlas réalisé par les directions régionales de l'Insee et les agences d'urbanisme d'Auvergne et de Rhône-Alpes, avec l'appui financier des préfectures de région de Rhône-Alpes et d'Auvergne. Cet ouvrage a également reçu le soutien des conseils régionaux d'Auvergne et de Rhône-Alpes. Fruit de plusieurs mois de collaboration entre des équipes pluridisciplinaires de statisticiens, de géographes, d'urbanistes et de cartographes, ce recueil est le premier d'une série de trois tomes à paraître d'ici octobre 2016. « Auvergne Rhône-Alpes : géographie physique, humaine et urbaine », Atlas tome 1, octobre 2015