La pauvreté laborieuse en Lorraine et Meurthe-et-Moselle : mécanismes à l'œuvre et leviers à mobiliser

Gérard MOREAU

En Lorraine, 50 000 personnes sont des travailleurs pauvres. Les 45 000 ménages auxquels ils appartiennent comptent 140 000 personnes, dont 40 000 enfants. Les mécanismes de cette pauvreté laborieuse s’imbriquent différemment pour les femmes et les hommes. En schématisant, les femmes travailleuses pauvres ont les revenus salariaux les plus bas du fait de temps partiels et elles assument seules leurs enfants. Quant aux hommes travailleurs pauvres, plus fréquemment en couple avec une conjointe inactive, leurs salaires sont faibles pour cause de périodes d’emploi réduites et sont insuffisants pour hisser le ménage hors de la pauvreté. Quel que soit le genre, la faiblesse du revenu salarial annuel est un dénominateur commun de la pauvreté laborieuse. Outre les caractéristiques individuelles (genre, âge), des facteurs économiques (structure sectorielle, taille des entreprises) génèrent les bas salaires. Certains territoires de la Meurthe-et-Moselle, par exemple les zones d’emploi de Nancy et Longwy, sont très concernés. En s’attaquant notamment à la pauvreté laborieuse, composante importante de la pauvreté globale, l’efficacité du revenu de solidarité active (RSA) ne pourra être atteinte que si la qualité de l’emploi et des revenus salariaux est au rendez-vous.

Economie Lorraine
No 204
Paru le : 26/01/2010