Nouvelles ruralités en Lorraine : un «désir de campagne» limité à quelques espaces résidentiels et récréatifs

Philippe DEBARD

Les espaces ruraux lorrains couvrent la moitié de la région et abritent, comme en France métropolitaine, près d'un habitant sur six, autour de 21 pôles d'emploi majeurs. L'industrie, notamment l'agroalimentaire, la santé-action sociale, mais aussi l'armée, l'agriculture et l'artisanat, constituent leur armature économique. Un certain renouveau démographique s'y observe depuis 1999, à l'instar du mouvement initié dix ans plus tôt en France, mais en Lorraine, celui-ci reste limité à quelques cantons proches des villes, dont il prolonge l'étalement urbain dans des campagnes qui bénéficient désormais des revenus tirés de l'économie résidentielle. Le tourisme, à travers les résidences secondaires, la fréquentation de sites naturels, musées et manifestations, parvient à capter d'autres sources financières pour irriguer l'économie rurale. Mais ceci reste insuffisant pour combler les écarts de niveau de vie et de développement dont souffrent nombre de pôles d'emploi et les franges rurales de l'ouest de la région entrées en phase de marginalisation démographique. Le maintien d'équipements de proximité et de services à la population, notamment dans le domaine de la santé, appuyé au besoin sur les projets de territoire portés par les intercommunalités, demeure un objectif prioritaire pour les espaces ruraux qui espérent rester attractifs ou le devenir, à l'heure où se profilent un vieillissement de la population et un recul de l'emploi sur fond de repli de l'emploi industriel, de crise économique et de restructurations militaires.

Economie Lorraine
No 205-06
Paru le : 02/02/2010