Signes de qualité : un atout pour la filière agroalimentaire en Franche-Comté

Lauris BOUILLON et Pierre QUILLERY

Avec près de 11 000 salariés, l’agroalimentaire comtois regroupe 2,6% de l’emploi salarié régional, en progression depuis 10 ans, contrairement à l’ensemble de l’emploi industriel. Proches des sources d’approvisionnement dans de nombreuses activités, les emplois y semblent moins délocalisables. Malgré quelques poids lourds, les activités de l’agroalimentaire sont dominées par de petits établissements comptant une forte proportion d’ouvriers et peu de cadres. Dans les entreprises régionales, la création de valeur ajoutée est relativement plus faible qu’au niveau national ce qui est peu favorable à leur développement et au déploiement de stratégies vers d’autres marchés et l’exportation. La filière est, par ailleurs, soumise à de très fortes tensions du fait des conditions de plus en plus aléatoires de son approvisionnement, du durcissement de la législation et d’une concurrence exacerbée. La forte présence de la filière lait en Franche-Comté témoigne de ces difficultés : l’interprofession du Comté a construit une politique de partage de la valeur ajoutée à toutes les étapes de la filière qui lui permet de résister à ces chocs. Hors AOC, la situation évolue moins favorablement mettant en lumière des risques sur le revenu agricole dans de nombreuses exploitations et l’émergence de situations difficilement soutenables. La filière viandes est aussi concernée par les problèmes de rentabilité dans un marché régional peu développé et tributaire de l’extérieur.

l'Essentiel INSEE Franche-Comté
No 118
Paru le : 16/12/2009