Liens emploi-formation : de la théorie aux réalités du marché du travail lorrain

Yann KUBIAK et Alexandre PARMENT

En Lorraine comme en France, au cours des dernières décennies, la tertiarisation de l’économie et l’allongement continu de la durée de la formation initiale ont profondément modifié le contenu des métiers et des qualifications nécessaires pour les exercer. Au fil du temps, la structure productive lorraine converge vers la structure nationale. Toutefois, quelques spécificités régionales subsistent, en lien avec le passé industriel : la part des ouvriers reste importante alors que celle de l’encadrement demeure plus faible qu’au niveau national. Il en découle que la part des actifs en emploi, diplômés d’un CAP ou d’un BEP, y est plus importante qu’en France, celle des diplômés d’un 2ème ou 3ème cycle universitaire y est au contraire plus faible. L’intensité du lien entre formation et emploi varie selon les secteurs d’activité et les métiers considérés. Ainsi, dans le commerce et les industries de process, où le recrutement est large et le personnel peu qualifié, la relation est plutôt lâche. À l’inverse, elle est forte dans les domaines de la mécanique et du travail des métaux, recrutant sur des profils spécifiques, ou encore de la santé, dont les parcours de formation et le nombre de formés annuellement sont réglementés pour répondre aux besoins du marché du travail.