Impacts du travail frontalier en Lorraine : entraînement de l'emploi et développement du présentiel, avec effet d'ombre à la frontière

Jean-Paul FRANÇOIS et Gérard MOREAU

À l’issue d’un ensemble de travaux, dont la bibliographie est rappelée en fin d’article, portant sur les effets tant individuels que territoriaux du travail frontalier en Lorraine, demeure l’exigence d’en identifier les impacts sur l’évolution et la transformation de l’emploi local. Au cours des dernières années, le nord de la Lorraine a progressé dans la hiérarchie régionale en termes de taux d’activité des résidents. Dans les trois zones d’étude (Ouest, Metz, Est), le nombre d’emplois localisés a évolué plus favorablement que dans l’ensemble de la Lorraine entre 1999 et 2006. Quant au taux d’emploi frontalier des 25-54 ans à destination du Luxembourg et de la Belgique, il s’est élevé dans la zone Ouest et la zone de Metz entre 1999 et 2007. Cette dernière évolution renvoie davantage à une intensité frontalière croissante, c’est-à-dire à une plus grande part d’actifs occupés frontaliers parmi les actifs occupés résidents, qu’à une hausse du taux d’emploi global des 25-54 ans. Ce dernier a toutefois progressé entre 1999 et 2007, mais pas de façon uniforme sur le territoire. Tout en étant globalement supérieures à la moyenne régionale, les trois zones ont des performances variables en fonction de l’éloignement à la frontière. Dans les trois zones (Ouest, Metz et Est), l’emploi local semble moins se développer à toute proximité de la frontière, “à l’ombre” de cette dernière. Et la structure de l’emploi paraît s’y orienter vers plus de fonctions présentielles.

Economie Lorraine
No 234
Paru le : 22/09/2010