Déplacements des actifs du Nord lorrain vers le Luxembourg : pour une mobilité transfrontalière durable

Philippe DEBARD,

Luxembourg-Ville et un secteur restreint dans le sud-ouest du Grand-Duché sont les destinations privilégiées des actifs du Nord lorrain qui travaillent au Luxembourg. La voiture individuelle reste leur moyen de transport dominant. La présence d'une gare près du domicile ou du lieu de travail ne garantit pas l'utilisation du train. Le recours au train n'est significatif que pour les frontaliers qui habitent dans la communauté d'agglomération de Metz Métropole et dans la communauté de communes du Sillon mosellan et pour ceux qui travaillent à Luxembourg-Ville. Pourtant, face aux flux grandissants et aux difficultés d'accessibilité au Grand-Duché qui en découlent, la mise en œuvre d'une politique de mobilité transfrontalière durable devient nécessaire. Cette politique passe par l'accroissement de la fréquentation des transports en commun, où les parkings-relais peuvent jouer le rôle de lieux de rassemblement. De nouvelles offres de transports tels le covoiturage ou le véhicule partagé peuvent réduire le nombre de véhicules sur les routes. Ces offres doivent aussi se rendre attractives en développant par exemple l'usage de véhicules électriques, projet-phare de la démarche «Moselle Nouvelles Mobilités». C'est une des conditions pour que les usagers se rallient à l'initiative de mobilité transfrontalière durable et procèdent peu à peu à un nécessaire changement de leurs habitudes, avant que la saturation prévisible des réseaux ne les y contraigne.

Economie Lorraine
No 294
Paru le : 22/10/2012