Les nouveaux cantons de l’Ariège

Philippe Duprat, Fabien Batlle

Depuis les élections de mars 2015, le département de l’Ariège comprend 13 cantons au lieu de 22 auparavant. Le conseil départemental compte 26 conseillers départementaux, 13 femmes et 13 hommes. Les nouveaux cantons ont une population comprise entre 6 700 et 14 200 habitants en 2012.

13 cantons au lieu de 22

Suite au nouveau découpage cantonal défini par décret début 2014, l’Ariège se compose de 13 cantons, au lieu de 22 auparavant (figure 1). Le canton le plus peuplé est celui de Pamiers-1, avec 14 213 habitants (population légale au 1er janvier 2012, en vigueur en 2015). Il est composé d’une partie de la commune de Pamiers et de 14 communes localisées à la périphérie. Le canton le moins peuplé, avec 6 659 habitants, est celui de la Haute-Ariège, limitrophe du département de l’Aude et dont la commune principale est Ax-les-Thermes. Avec le canton du Couserans-Est, ce sont les deux cantons les plus étendus : 830 km² pour le premier et 900 km2 pour le deuxième, ils regroupent 47 et 38 communes. La densité de population y est très faible : 8 habitants au km² en Haute-Ariège, moins de 11 dans le Couserans-Est. À l’opposé les cantons les moins étendus sont les cantons urbains autour de Foix et Pamiers. (figure 2)

Des cantons isolés, loin de l’influence des villes

En Ariège un habitant sur cinq (20 %) réside dans une commune isolée, hors influence d’un pôle (agglomération de plus de 1 500 emplois). C’est deux fois plus que la moyenne régionale (11 %). Ces habitants sont concentrés principalement dans quatre cantons : Haute-Ariège, Mirepoix, Couserans-Ouest, et Arize-Lèze (anciens cantons du Fossat et du Mas-d’Azil). Dans ces cantons très ruraux, la part des habitants résidant dans une commune isolée, hors de l’influence des pôles, varie entre 48 et 90 %.

Des cantons perdent des habitants

Entre 2007 et 2012, les cantons de la Haute-Ariège, du Couserans–Ouest (dont Saint-Girons fait partie intégralement) et du Pays d’Olmes (Lavelanet) perdent des habitants. En moyenne annuelle, la baisse varie de - 0,2 % à - 0,8 %. Sans surprise, ce sont les cantons où la part des personnes âgées est élevée. Ainsi, dans le canton des Portes-de–Couserans, 28,1 % des habitants ont 65 ans ou plus, contre 22,7 % en moyenne dans le département et seulement 19 % dans la région Midi-Pyrénées.

Figure1 – 13 nouveaux cantons en Ariège

Figure2 – Population des nouveaux cantons et caractéristiques de la population

Population des nouveaux cantons et caractéristiques de la population
Cantons de l'Ariège Nb de communes Super ficie km2 Popula tion 2012 Densité hab/km2 Évolution annuelle moyenne (2007-2012) (%) Moins de 20 ans (%) 65 ans et plus (%) Répartition de la population dans le canton (%)
Pôle d'emploi Couronne d'un pôle Communes multi- polarisées Communes isolées
Haute-Ariège 48 830 6 659 8,0 -0,4 18,5 26,4 8,8 0,0 0,9 90,3
Arize-Lèze 27 383 10 804 28,2 0,9 21,2 23,2 0,0 36,0 16,1 47,9
Couserans Est 37 901 9 507 10,5 0,3 19,7 24,6 0,0 22,2 19,6 58,2
Couserans Ouest 30 435 10 745 24,7 -0,2 19,3 28,1 64,6 18,6 6,0 10,8
Foix 6 60 13 743 228,7 0,4 21,3 22,3 97,2 2,8 0,0 0,0
Mirepoix 35 353 13 244 37,5 0,5 21,0 23,1 0,0 0,0 31,8 68,2
Pamiers-1 15 129 14 213 110,4 nd nd nd nd nd nd nd
Pamiers-2 8 80 12 353 154,6 nd nd nd nd nd nd nd
Commune de Pamiers* 1 46 15 483 334,8 -0,1 23,3 21,1 100,0 0,0 0,0 0,0
Commune hors Pamiers-1* 14 110 6 406 58,1 1,3 24,6 18,1 69,5 20,3 8,9 1,3
Commune hors Pamiers-2* 7 52 4 677 89,7 3,7 26,5 15,5 0,0 84,1 15,9 0,0
Pays d'Olmes 23 324 12 881 39,8 -0,8 18,9 26,6 56,8 0,0 28,2 15,0
Portes d'Ariège 16 229 13 008 56,9 1,6 25,4 18,5 0,0 21,3 77,9 0,8
Portes du Couserans 28 304 9 496 31,3 0,5 19,4 25,9 29,3 46,2 20,6 3,9
Sabarthès 32 576 11 745 20,4 0,1 19,8 24,6 53,9 7,1 27,4 11,6
Val d'Ariège 28 300 13 968 46,6 1,5 23,6 17,5 45,4 25,1 29,5 0,0
Ensemble du département 332 4 903 152 366 31,1 0,5 21,5 22,7 41,8 16,4 21,5 20,3
  • Nd : Non disponible
  • *Certaines communes peuvent faire l’objet d’un découpage en plusieurs cantons. Le canton peut donc comprendre une partie de la commune principale et éventuellement une ou plusieurs communes périphériques. Certaines données n’étant disponibles qu’au niveau des communes entières, l'Insee considère la commune principale, entière, comme un pseudo-canton unique et distinct. Pour la ou les communes périphériques, le pseudo-canton considéré est alors identique au vrai canton amputé de la fraction de la commune principale que comprend le vrai canton. Les chiffres de population totale pour l’ensemble des nouveaux cantons portent sur leur vrai contour. En revanche, les caractéristiques de la population ne sont parfois disponibles qu’au niveau des pseudo-cantons, ce qui explique que certaines lignes du tableau ne soient pas renseignées.
  • Source : Insee, Recensements 2012 pour les populations légales et 2011 pour les caractéristiques de la population (exploitations principale)

Pour comprendre

Le canton est la circonscription électorale dans le cadre de laquelle sont élus les conseillers départementaux.

La loi du 17 mai 2013 instaure un nouveau mode d'élection pour les membres des conseils départementaux, nouvelle appellation des conseils généraux. Lors des élections des 22 et 29 mars 2015, les candidats se présentaient en binôme composé d'un homme et d’une femme, ceci afin de garantir la parité hommes-femmes. Dans chaque canton, un binôme a été élu au scrutin majoritaire à deux tours. Ces modifications s’inscrivent dans le cadre des objectifs définis par le Président de la République lors des États généraux de la démocratie territoriale.

Le nombre d’élus restant inchangé, la carte cantonale de chaque département a été modifiée en conséquence et a conduit à un nombre de cantons deux fois moins élevé.

Définitions

La notion d’unité urbaine correspond à celle de l’agglomération : c’est un ensemble continûment bâti, constitué d’une ville-centre et de sa banlieue. On parle de pôle dès lors qu’il y a au moins 1 500 emplois. Les communes appartenant à une unité urbaine sont dites urbaines, les autres sont considérées comme rurales.

L’aire urbaine est la zone d’influence d’un pôle. Elle est constituée du pôle et de sa couronne, ensemble de communes dont une partie importante de la population résidente (40 %) travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.

Les communes multipolarisées sont les communes sous l’influence croisée de plusieurs pôles. Les autres communes sont dites isolées, hors influence des pôles.