Saison d’été 2014 : les campings soutiennent l’activité en Auvergne

Daniel Gras, Insee

De mai à septembre 2014, la fréquentation des campings auvergnats affiche une légère progression. Celle-ci est même un peu plus élevée qu’au plan national. À l’inverse, le nombre de nuitées hôtelières diminue plus en Auvergne qu’en métropole. Parmi les départements auvergnats, la Haute-Loire présente la plus forte baisse de fréquentation hôtelière. Il est également le seul des quatre départements à enregistrer un recul de fréquentation sur la saison dans les campings.

La saison d’été 2014, marquée par une météo défavorable, n’est pas propice au tourisme en Auvergne. Comme l’année précédente, le nombre de visiteurs est en baisse, tant dans les hôtels que dans les campings. Cependant, les campeurs passent plus de nuits en Auvergne que durant la saison 2013.

Depuis 2011, si la fréquentation est en repli dans l’hôtellerie, elle ne cesse de progresser dans les campings. Cet essor s’accompagne d’une demande de confort de la part des clients. Ils privilégient de plus en plus les emplacements équipés d’un hébergement de type mobile-home, chalet ou autre habitation de loisir.

Hôtels : une activité plus en recul qu’en métropole

Entre mai et septembre 2014, les hôtels auvergnats accueillent 1,18 million de touristes, soit 5,3 % de moins qu’en 2013. En métropole, le repli n’est que de 2,0 %. Aux deux niveaux géographiques, la durée de séjour reste stable. Avec 1,92 million de nuitées, la fréquentation recule de 4,1 % par rapport à la saison 2013 (Figure 1). Cette baisse est supérieure de deux points à celle enregistrée au plan national.

Le taux d'occupation des chambres régresse de 1,7 point malgré une légère réduction de la capacité d'accueil (– 0,1 %). Sur l'ensemble de la saison, les hôteliers n'ont loué que 54 % des chambres disponibles. L'Auvergne présente ainsi l’un des plus faibles taux d'occupation après le Limousin et Midi-Pyrénées. Celui-ci reste nettement plus élevé dans les hôtels de chaîne (67 %) que dans les hôtels indépendants (48 %).

Figure 1 – Hôtels et campings : des tendances inverses pour les nuitées

Indice base 100 en 2010
Hôtels et campings : des tendances inverses pour les nuitées
Arrivées hôtels Nuitées hôtels Arrivées campings Nuitées campings
2010 100,0 100,0 100,0 100,0
2011 103,8 102,7 100,6 97,5
2012 104,2 101,4 100,3 98,4
2013 102,6 99,8 98,6 98,7
2014 97,2 95,7 96,2 99,9
  • Sources : Insee ; DGCIS ; Partenaires régionaux, Enquête de fréquentation touristique.

Figure 1 – Hôtels et campings : des tendances inverses pour les nuitéesÉvolution des nuitées entre mai et septembre en Auvergne au cours des cinq dernières années

Campings : de meilleurs résultats qu’au plan national

Les campeurs sont également moins nombreux à venir en Auvergne. Au cours de la saison 2014, les arrivées diminuent de 2,5 % par rapport à l’été précédent. En revanche, elles augmentent de 1,7 % en France métropolitaine. Cependant, en moyenne, les touristes séjournent un peu plus longtemps dans la région (+ 0,2 jour) qu'en 2013. C’est l’inverse en métropole (– 0,1 jour). Ainsi, en 2014, la fréquentation des campings auvergnats repose sur 1,76 million de nuitées, soit une hausse de 1,3 % par rapport à 2013. Au niveau métropolitain, l’augmentation n’est que de 0,3 %.

Comme au cours de la saison estivale précédente, les touristes de passage dans la région délaissent les emplacements nus. En 2014, leur fréquentation diminue de 3,7 % par rapport à l'été précédent. Les touristes privilégient les emplacements équipés d'un hébergement de type mobile-home, chalet ou autre habitation de loisir (+ 10,8 %) (Figure 2). Ces derniers permettent une occupation plus régulière sur la saison. Entre mai et septembre, le taux d'occupation des emplacements locatifs atteint 43 %, soit deux fois celui des emplacements traditionnels. Il place l'Auvergne au 17e rang des régions métropolitaines. Dans les campings auvergnats, 37 % des nuitées s'effectuent sur des emplacements locatifs, soit 10 points de moins qu'au plan national.

Figure 2 – Une forte progression de fréquentation sur les emplacements équipés dans les campings auvergnats

Indice base 100 en 2010
Une forte progression de fréquentation sur les emplacements équipés dans les campings auvergnats
Emplacements équipés Emplacements nus
2010 100,0 100,0
2011 105,3 94,1
2012 99,4 98,0
2013 111,0 93,3
2014 122,9 89,9
  • Sources : Insee ; DGCIS ; Partenaires régionaux, Enquête de fréquentation touristique.

Figure 2 – Une forte progression de fréquentation sur les emplacements équipés dans les campings auvergnatsÉvolution des nuitées dans les campings par type d’emplacement entre mai et septembre au cours des cinq dernières années

La clientèle étrangère continue de diminuer

Pour la seconde année consécutive, le nombre de nuitées étrangères diminue tant dans les hôtels (– 1,7 %) que dans les campings (– 3,5 %). Pour ces deux types d’hébergement, le recul est de 1,8 % au niveau national.

L’Auvergne attire relativement peu les visiteurs étrangers. Quel que soit le type d’hébergement, elle fait partie des régions où les étrangers sont les moins représentés dans le total des nuitées. Ainsi, dans les hôtels auvergnats, cette clientèle contribue à seulement 12,7 % de la fréquentation contre 39,9 % au niveau métropolitain. Dans l’hôtellerie de plein air, ces proportions s’élèvent respectivement à 24 % et 33 %.

Des évolutions contrastées dans les départements

La saison est particulièrement défavorable en Haute-Loire. C’est le seul département auvergnat où le nombre de nuitées diminue quel que soit le type d’hébergement (Figure 3). Dans les autres départements de la région, si la fréquentation hôtelière est partout en baisse, celle des campings en revanche augmente.

Figure 3 – Des campeurs plus nombreux en Auvergne - Nombre de nuitées entre mai et septembre par type d’hébergement dans les départements auvergnats

Des campeurs plus nombreux en Auvergne - Nombre de nuitées entre mai et septembre par type d’hébergement dans les départements auvergnats
Hôtels Campings Ensemble
Nombre en 2014 Évolution 2014/2013 (en %) Nombre en 2014 Évolution 2014/2013 (en %) Évolution 2014/2013 (en %)
Allier 435 587 – 4,7 256 987 + 3,6 – 1,7
Cantal 304 745 – 2,1 346 475 + 0,4 – 0,7
Haute-Loire 192 816 – 9,1 218 072 – 5,0 – 6,9
Puy-de-Dôme 982 935 – 3,5 937 483 + 2,5 – 0,6
Auvergne 1 916 083 – 4,1 1 759 017 + 1,3 – 1,6
  • Sources : Insee ; DGCIS ; Partenaires régionaux, Enquêtes de fréquentation touristique

Des tendances identiques dans les villes d’eau

Globalement, la saison 2014 suit les mêmes tendances dans les villes d’eau (définition) que dans l’ensemble de la région. Dans les hôtels, les arrivées diminuent de 3,5 % et les nuitées de 6,2 %. Pour les campings, les séjours reculent de 1,9 % mais les nuitées progressent de 1,9 %. Leurs clients séjournent un peu plus longtemps qu’en 2013 : 5,4 jours contre 5,2 jours. C’est l’inverse pour les hôtels où la durée moyenne de séjour est de 2,0 jours, soit 0,1 jour de moins que l’année précédente.

Sources

À compter de janvier 2014, la méthodologie des enquêtes de fréquentation touristique a été rénovée. Les résultats produits ne sont pas comparables à ceux publiés en 2013. Les données analysées ici ont cependant été rétropolées depuis 2010 pour permettre de calculer des évolutions.

L'enquête de fréquentation dans l'hôtellerie est réalisée en partenariat avec la Direction générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services (DGCIS). Elle est effectuée chaque mois sur tout le territoire auprès des hôtels classés (1 à 5 étoiles) ou non ayant au moins cinq chambres. Une extension régionale de l'enquête est financée par le Comité régional de développement touristique en Auvergne (CRDTA).

L'enquête sur l'hôtellerie de plein air est réalisée en partenariat avec la Direction générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services (DGCIS). Elle est effectuée chaque mois de la saison d'été (de mai à septembre) sur tout le territoire, auprès des campings classés (1 à 5 étoiles) ou non. Elle concerne uniquement les campings ayant plus de dix emplacements qui comportent au moins un emplacement loué à la clientèle de passage. Ainsi, les emplacements dits « résidentiels », loués pour la saison ou pour l'année à une même personne, sont exclus du champ de l'enquête. Néanmoins, la fréquentation de passage sur ces emplacements est bien comptabilisée.