Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes : 5,8 millions d’habitants en 2012

Alexandre Giraud, Cédric Lacour, Claude Mallemanche et Geneviève Simonneau (Insee Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes)

L’espace regroupant l’Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes compte 5,8 millions d’habitants et s’étend sur 84 000 km². Un habitant sur cinq vit dans la grande aire urbaine de Bordeaux. La croissance de la population est plus dynamique qu’au niveau national. L’attractivité est le principal moteur de l’expansion démographique, le solde naturel dépassant à peine l’équilibre. Elle est forte vis-à-vis de l’Île-de-France et des espaces situés au nord. Le territoire attire en particulier de jeunes couples avec enfants et des jeunes retraités. La croissance démographique est forte sur le littoral et dans les couronnes périurbaines, alors que la population diminue dans les villes-centres, à l’exception notable de Bordeaux. Avec plus d’un habitant sur quatre âgé d’au moins 60 ans, le territoire figure parmi les plus âgés des futurs espaces. À l’horizon 2040, il gagnerait un million d’habitants.

Publications grand public
Insee Analyses Aquitaine – No 5
Paru le : 13/01/2015

La 4e région la plus peuplée

Au 1er janvier 2012, l’Aquitaine, le Limousin et le Poitou-Charentes, appelés à composer la nouvelle région ALPC, abritent 5,8 millions d’habitants. L’ALPC est le 4e espace le plus peuplée, derrière l’Île-de-France, Auvergne - Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais - Picardie. Elle devance Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées et Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine.

Avec une superficie de 84 000 km2, elle est la plus grande nouvelle région française, légèrement plus vaste que la Guyane. Elle est aussi équivalente à un pays comme l’Autriche mais compte 2,6 millions d’habitants de moins que cette dernière. Elle représente 1/7e du territoire français. Avec 69 habitants au km2, l’ALPC se place en avant-dernière position pour la densité de la population devant la Corse et bien en deçà de la densité moyenne en France métropolitaine (116 habitants au km2).

Un habitant d’ALPC sur cinq vit dans l’aire urbaine de Bordeaux

L’espace ALPC compte 25 grandes aires urbaines. Celle de Bordeaux, avec 1 140 000 habitants, regroupe le cinquième de la population du nouvel ensemble régional. Parmi les plus importantes, viennent ensuite Bayonne et Limoges (283 000 habitants), Poitiers (254 000), Pau (241 000) et La Rochelle (206 000).

Figure2 – Évolution de la population entre 2007 et 2012 dans la nouvelle région ALPC

  • Sources : Insee, Recensements de la population 2007 et 2012 exploitations principales

Avec un peu plus de 4 millions d’habitants vivant dans une grande aire urbaine, soit sept sur dix, le degré d’urbanisation d’ALPC est inférieur à celui de la France de province (France métropolitaine hors Île-de-France), soit huit sur dix. Le caractère rural de la nouvelle région est manifeste. En effet, comparativement, la population d’ALPC vit davantage dans les petites aires urbaines et dans l’espace hors influence urbaine.

Un gain de 36 000 habitants par an, principalement dû aux migrations

Entre 2007 et 2012, la population augmente en moyenne de 36 000 habitants par an, soit 0,6 % de plus chaque année, contre 0,5 % au niveau national. L’ALPC figure au 6e rang des nouvelles régions les plus dynamiques en matière d’évolution de population, derrière la Corse (1,1 %), Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées (0,9 %), Pays de la Loire (0,8 %), Auvergne - Rhône-Alpes (0,8 %) et Bretagne (0,7 %).

La croissance démographique s’est légèrement accélérée sur la période récente par rapport à ces 30 dernières années. L’ALPC devance dorénavant l’Île-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) pour son dynamisme démographique. Entre 1982 et 2012, la population progresse de 900 000 habitants, soit 0,5 % par an, comme au niveau national.

Entre 2007 et 2012, l’ALPC gagne 33 000 habitants par an, sous l’effet des migrations, les entrants sur le territoire étant plus nombreux que les sortants. Avec une croissance de 0,6 % par an due au solde migratoire, elle est le 3e espace le plus attractif derrière la Corse (1,1 %) et Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées (0,7 %). Sur cette période, le solde naturel dépasse à peine l’équilibre et ne contribue que faiblement à cette croissance. L’excédent des naissances sur les décès est de l’ordre de + 2 700 par an. L’ALPC figure parmi les espaces ayant la plus faible contribution d’excédent naturel, derrière la Corse.

Une croissance démographique portée par le littoral

Dix départements sur les douze qui constituent la nouvelle région affichent une évolution démographique positive. Seules la Creuse et la Corrèze, en baisse, font exception. Les Landes, la Gironde, la Charente-Maritime et, dans une moindre mesure, les Pyrénées-Atlantiques bénéficient des hausses les plus élevées. Elles s’inscrivent dans la dynamique d’attraction démographique du Grand Ouest liée à l’halieutropisme (attirance pour le littoral) des populations. Les Landes et la Charente-Maritime profitent le plus de ce phénomène. Leur population augmente respectivement chaque année de 1,3 % et 0,9 % du seul fait des migrations.

Si le solde migratoire s’avère positif pour les douze départements, sept d’entre eux pâtissent d’un solde naturel déficitaire. C’est en Creuse, en Corrèze et en Dordogne que l’écart des décès sur les naissances est le plus prononcé. À l’inverse, la Gironde bénéficie de l’excédent naturel le plus favorable (+ 0,3 %).

La croissance démographique du nouvel espace est tirée par l’Aquitaine, qui affiche un rythme annuel moyen de + 0,8 % sur la période 2007-2012. Elle combine l’évolution naturelle et migratoire la plus favorable des trois régions actuelles. La dynamique de Poitou-Charentes se situe en deçà avec un rythme d’évolution annuel de + 0,5 %. Elle est portée quasi exclusivement par les migrations, le solde naturel dépassant à peine l’équilibre. L’évolution de la population du Limousin (+ 0,04 % en rythme annuel) est limitée par son déficit naturel (– 0,25 %) qui n’est que faiblement compensé par les migrations (+ 0,29 %).

Forte attractivité vis-à-vis de l’Île-de-France et des régions situées au nord

L’ALPC se situe dans le trio de tête des espaces les plus attractifs. Au jeu des entrées et sorties avec les autres territoires métropolitains, elle gagne près de 27 000 habitants chaque année entre 2003 et 2008. Les échanges les plus importants s’effectuent avec l’Île-de-France, puis Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées. Les soldes migratoires sont excédentaires avec l’ensemble des nouvelles régions, excepté Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées

Figure3 – Solde annuel des migrations résidentielles 2003-2008 entre les nouvelles régions

  • Source : Insee, Recensement de la population 2008 exploitation principale

Les excédents les plus importants sont enregistrés dans la moitié Nord (Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais - Picardie, Centre, Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine). Chaque année, les échanges avec l’Île-de-France se soldent par un gain de près de 13 000 habitants, 3 700 avec Nord-Pas-de-Calais - Picardie, 2 900 avec le Centre et 2 400 avec Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine. Ils sont faiblement excédentaires avec les autres : de l’ordre de 1 500 par an avec Paca et Auvergne - Rhône-Alpes et 1 000 avec Bourgogne - Franche-Comté. Ils s’équilibrent avec les territoires de l’Ouest (Bretagne, Pays de la Loire). Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées fait exception : l’ALPC perd en effet près de 1 000 personnes par an au profit de cet espace.

L’ALPC attire des actifs de 30 à 40 ans et des retraités

Les migrations sont largement excédentaires pour les tranches d’âge allant de 30 à 60 ans. En particulier autour de 30 à 40 ans, ce qui correspond à une phase d’installation professionnelle de jeunes couples avec enfants, et autour de 60 ans, à l’arrivée de jeunes retraités.

Figure4 – Migrations résidentielles 2003-2008 de la région ALPC avec le reste de la France

Nombre
Migrations résidentielles 2003-2008 de la région ALPC avec le reste de la France
Âge Solde Entrants Sortants
5 3368 6668 -3300
6 3415 6843 -3428
7 3071 6165 -3094
8 2740 5719 -2979
9 2918 5639 -2720
10 2521 5132 -2611
11 2497 4958 -2461
12 2259 4589 -2330
13 2315 4438 -2123
14 2029 4031 -2003
15 1934 3998 -2064
16 1834 3858 -2025
17 1604 3716 -2112
18 1056 6027 -4971
19 901 6819 -5918
20 765 8261 -7496
21 899 9337 -8438
22 261 9485 -9224
23 -173 9536 -9710
24 -1323 9169 -10492
25 -1690 9402 -11092
26 -1499 9648 -11147
27 -1183 9349 -10532
28 140 9637 -9497
29 603 8872 -8268
30 1792 8954 -7162
31 2140 8537 -6397
32 2748 8761 -6014
33 3261 8648 -5387
34 3622 8741 -5120
35 3770 8484 -4714
36 3832 8154 -4322
37 3689 7751 -4062
38 3450 7147 -3697
39 3161 6484 -3323
40 3052 6161 -3109
41 2933 5703 -2770
42 2586 5433 -2848
43 2344 5065 -2721
44 2375 4833 -2458
45 2082 4672 -2590
46 1803 4159 -2356
47 2023 4134 -2111
48 1909 4059 -2149
49 1707 3645 -1937
50 1769 3601 -1832
51 1766 3491 -1725
52 1531 3308 -1777
53 1747 3383 -1635
54 1792 3317 -1525
55 1898 3448 -1550
56 2237 3826 -1589
57 2572 4060 -1489
58 2816 4322 -1506
59 3654 5198 -1544
60 3640 5099 -1460
61 3650 4958 -1308
62 3511 4760 -1249
63 2922 4124 -1202
64 2502 3475 -973
65 1960 2888 -928
66 1688 2539 -850
67 1386 2199 -813
68 1177 1911 -735
69 1039 1820 -781
70 825 1602 -776
71 678 1408 -729
72 705 1317 -612
73 543 1198 -655
74 483 1108 -626
75 334 1007 -674
76 301 938 -636
77 444 968 -524
78 277 877 -600
79 364 879 -515
80 267 753 -486
81 257 720 -462
82 200 704 -504
83 205 702 -498
84 268 678 -410
85 274 725 -451
86 240 645 -405
87 130 504 -374
88 182 451 -270
89 71 335 -264
90 154 294 -141
91 99 250 -151
92 127 256 -129
93 92 203 -111
94 75 166 -91
95 80 158 -78
96 38 105 -67
97 57 86 -29
98 44 71 -26
99 14 36 -22
  • Source : Insee, Recensement de la population 2008 exploitation principale

Figure4 – Migrations résidentielles 2003-2008 de la région ALPC avec le reste de la France

La présence d’universités attire des étudiants, mais le territoire forme plus de diplômés qu’elle n’offre d’emplois pour ces jeunes. Au jeu des migrations résidentielles, l’ALPC perd 6 000 jeunes de 23 à 27 ans par an, entre 2003 et 2008. C’est la seule tranche d’âge pour laquelle la nouvelle région n’est pas attractive. Les jeunes migrants sont attirés par les départements dotés d’universités, principalement la Vienne, la Gironde et la Haute-Vienne qui se singularisent par des pics de migrations autour de 20 ans, c’est-à-dire dans les phases d’études supérieures.

Parmi les départements les plus attractifs, celui des Landes gagne surtout des personnes âgées de 30 à 40 ans et de 60 à 65 ans, tandis que la Charente-Maritime attire des personnes âgées de 60 à 70 ans.

Les villes-centres moins dynamiques que leurs couronnes

Beaucoup de grandes communes de la nouvelle région perdent des habitants. C’est par exemple le cas de Pau, qui compte 1 300 habitants de moins par an entre 2007 et 2012, ou encore de Brive-la-Gaillarde, La Rochelle, Limoges ou Châtellerault où la population décroît de 500 habitants par an. Bordeaux échappe à cette tendance (+ 1 200 hab/an) mais dans leur ensemble, les villes-centres des grands pôles urbains de l’ALPC perdent 3 000 habitants par an. En moyenne, la population diminue ainsi de 0,3 % par an dans les villes-centres des grandes aires urbaines. Ce phénomène n’avait pas été observé depuis 1990 et s’explique par un important déficit migratoire. Sur la période 2007-2012, l’excédent naturel (+ 0,2 % par an, parmi les taux les plus élevés du territoire) ne parvient plus à compenser le déficit migratoire (– 0,5 % par an).

L’espace périurbain est le principal bénéficiaire de ces départs des villes-centres. La population des couronnes des grands pôles augmente ainsi de 1,5 % chaque année, celle des couronnes des petits et moyens pôles de 0,7 % par an. Ce sont les zones les plus dynamiques du territoire. Les couronnes des grands pôles affichent même à la fois le plus important solde migratoire (+ 1,2 % par an) et le solde naturel le plus élevé (+ 0,3 % par an).

Les flux de migrants entre les différents types d’espace illustrent les parcours résidentiels classiques des ménages et renforcent la périurbanisation. Les villes-centres des grands pôles urbains sont très attractives pour les jeunes (figure 5). Le solde est positif de 7 500 personnes par an pour la tranche des 15-24 ans. L’afflux des étudiants contribue beaucoup à ce phénomène. Par exemple, sur les seules villes de Bordeaux, Limoges, Poitiers et Pau, pôles étudiants, le solde est positif de 6 800 personnes par an. En dehors des grands pôles, tous les types d’espace sont déficitaires pour cette tranche d’âge, souvent largement, et l’exode le plus prononcé s’observe dans les communes isolées.

Figure5 – Impact des migrations résidentielles 2003-2008 par âge dans l'ALPC

en %
Impact des migrations résidentielles 2003-2008 par âge dans l'ALPC
Âge Villes-centres des grandes aires urbaines Autres communes du pôle urbain Couronnes et communes multipolarisées Moyens et petits poles Couronnes Autres communes multipolarisées et communes isolées
5 -16,7 7,3 21,2 4,5 16,7 7,8
6 -15,9 9 18,1 3,1 15,1 7,6
7 -13,5 8,1 15,2 2,6 12,6 5,2
8 -11,7 7,5 12 3,2 10,5 5,8
9 -8,4 6,2 11,3 2,5 12 5,5
10 -6,1 5,1 8,7 3,4 10,2 5,1
11 -4,7 5,8 7,9 4,8 7,5 3,5
12 -3,4 4,5 6,9 3,9 7,4 3,7
13 -2,7 5,7 6,3 2,8 5,8 3,9
14 -1,4 5,2 3,9 3,2 5,5 3,5
15 -1 4,8 4,8 2,7 5,2 1,7
16 1,3 4,1 2,9 3,9 4,7 0,3
17 5,7 3,4 1,8 1,9 0,7 -2,7
18 37,4 3,8 -15,3 -7,1 -25 -21,8
19 49,3 1,6 -21,6 -14,1 -30,6 -27
20 51,5 0,3 -25,4 -14,9 -32,7 -28,7
21 44 1,8 -24,1 -14,4 -28 -26,4
22 29,7 2,5 -18,8 -13,1 -24 -22,6
23 8,5 3,7 -9,5 -1,9 -12,5 -15,2
24 -4,5 2,3 -1,6 -1,9 -1,7 -5,8
25 -15 4,4 9,8 -1 7,1 -1
26 -20,5 5 21,8 -2,2 12,6 2,6
27 -24,8 5,8 30,5 0 16 5,2
28 -23,1 6,8 35,2 -4,9 27,5 5,4
29 -24,8 9,4 39 -4,7 22,5 4,9
30 -24,8 12,6 39,9 -3,1 23,1 6,1
31 -24,1 12 37 -2,6 25,1 6,4
32 -23,7 11,5 36 -3,1 25,3 6,7
33 -22,8 10,8 33,5 0,5 20,6 7
34 -20,1 9,6 28,6 -0,6 20,7 7,2
35 -18 9,3 24,5 2,5 16,8 5,7
36 -16,3 9,7 19,7 1,5 15,6 7,3
37 -13,6 8,6 17,7 1,1 13,5 7
38 -13,2 8,4 15,2 3,3 11,9 4,9
39 -11 6,3 13,3 3,4 9,7 5,7
40 -7,1 6,2 10,2 2,7 7,9 4,6
41 -6,1 4,9 8,9 3,6 8,7 4,3
42 -6,5 5,5 8,1 3,6 7 3,1
43 -4,2 4,3 6,8 2,7 4,4 4,1
44 -3,8 4,2 6,8 2,7 4,8 3,5
45 -3,4 3,6 6,1 1,2 5,4 3,1
46 -3,8 3,7 5 2 5,1 2,3
47 -4 3,8 5 2,6 5,1 4,2
48 -1,4 2,9 3,8 2,1 3,9 4,7
49 -3 2,1 4,6 2,6 4,7 4,4
50 -2,9 2,4 4,9 2,8 4,4 3,2
51 -3,1 2,3 4,6 3,1 5,1 4,2
52 -3,9 2,4 4,8 1,9 5 3
53 -2,3 1,4 4,2 2,9 5 5,4
54 -3,5 1,4 4,7 3,4 6,3 5,7
55 -4,2 1,5 4,2 5,2 6,9 6,5
56 -2,4 1,5 4,6 3,9 7,4 7,1
57 -2,6 0,3 5,7 7,2 7,6 8,5
58 -4,2 0,9 6,3 7,6 8,6 10
59 -2,4 1,5 7,5 8,8 10 10,3
60 -1,9 1,2 7,4 8,8 11 11,3
61 -1,7 1,8 7,7 9,9 10,7 11,3
62 -0,5 2,3 7 9,9 9,6 11,3
63 -0,4 1,7 6,1 10,1 9,4 9,7
64 0,2 2,8 5,6 9 7,7 7,5
65 0,7 2,2 4,6 6,9 5,6 5,9
66 0,3 2,5 3,2 6,9 4 5,4
67 2,2 1,6 3,1 4,9 3,4 2,8
68 0,9 2,3 2,1 5,2 1,6 2,8
69 2,8 1,8 1,6 4,4 0,4 1,2
70 1,6 1 1,5 3,4 1,2 1,3
71 1,1 1,8 0,7 3,9 -0,7 0,8
72 1,7 1,9 0,8 4,3 -1 -0,1
73 0,8 1,5 0,7 3,8 -0,8 0,1
74 1,4 0,8 1,1 3,1 -1,4 0,2
75 1,3 1,2 -0,3 3,1 -1,4 -0,4
76 1 0,9 -0,1 3,4 -1,8 -0,1
77 1,9 1,5 -0,2 3,3 -1,9 0
78 1,2 0,6 0,7 3,3 -2,1 -0,7
79 0,7 1,5 0,7 3,8 -2,4 -0,1
80 -0,2 1,3 0,8 3,4 -2,4 0,4
81 0,6 1,3 -0,1 4,2 -2,7 0,2
82 -1,4 1,9 0,8 2,9 -1,8 0,6
83 -1,6 2,9 0,1 3,8 -3,1 1,3
84 -1,2 2,9 0,2 4,9 -4 1,6
85 -1,3 2,6 1,8 3,5 -3,7 1,7
  • Source : Insee, Recensement de la population 2008 exploitation principale
  • Note de lecture: Du fait des échanges migratoires intervenus entre 2003 et 2008, les personnes âgées de 21 ans sont 50 % de plus que ce qu'elles seraient sans les migrants

Figure5 – Impact des migrations résidentielles 2003-2008 par âge dans l'ALPC

Les jeunes actifs de 25 à 39 ans quittent massivement les villes-centres des aires urbaines : le solde y est déficitaire de 12 000 personnes par an. Les moyens et petits pôles sont également déficitaires pour cette tranche d’âge. Ces jeunes s’installent dans les couronnes des aires urbaines. Le solde est de 9 300 migrants dans les couronnes des grandes aires urbaines et de 2 800 dans les couronnes des autres aires.

Un des espaces les plus âgées

En 2011, l’ALPC compte près de 1,6 million de personnes âgées de 60 ans ou plus, dont 650 000 sont âgées d’au moins 75 ans. Les 60 ans ou plus représentent 27,4 % de l’ensemble de la population, soit quatre points de plus que la moyenne métropolitaine (figure 6).

Figure6 – Pyramide des âges de l’ALPC et de la France métropolitaine en 2011 et en 2040

  • Source : Insee, Recensement de la population 2011, Omphale 2010

C’est la plus forte proportion de tous les espaces. À l’inverse, l’Île-de-France et Nord-Pas-de-Calais - Picardie affichent les taux de personnes âgées les plus bas. L’ALPC est également la plus âgée au regard de sa part des 75 ans ou plus, à 11,2 %, soit 2,2 points de plus que la moyenne métropolitaine. L’Aquitaine se situe en dessous, avec 10,7 %, tandis que Poitou-Charentes avec 11,4 % et surtout Limousin avec 13 % la dépassent. Pour les départements, la part des 75 ans ou plus varie de 9 % en Gironde à 15,4 % dans la Creuse.

Deux habitants sur dix ont moins de 20 ans. L’ALPC se classe avant-dernière avec une proportion de jeunes de 22,2 %, juste avant la Corse (20,8 %), contre 24,5 % pour la France métropolitaine. L’Aquitaine et Poitou-Charentes sont dans la moyenne du nouveau territoire. Le Limousin s’en écarte avec une part de jeunes de moins de 20 ans limitée à 20,6 %. Par département, elle varie de 18,7 % pour la Creuse à 23,6 % pour la Gironde.

En 2011, la moitié de la population de l’ALPC a plus de 43 ans, c’est 3 ans de plus qu’en France métropolitaine. Le Limousin est le plus âgé avec 46 ans d’âge médian. Par département, c’est la Creuse la plus âgée avec 49 ans, précédée par la Dordogne (48 ans) et la Corrèze (47 ans). À l’inverse, la Gironde avec 40 ans et la Vienne 41 ans sont les deux départements les plus jeunes.

Près d’un million d’habitants supplémentaires à l’horizon 2040

À l’horizon 2040, si les tendances démographiques actuellement constatées se prolongent, l’ALPC compterait 6 750 000 habitants. Elle gagnerait près d’un million d’habitants sur les trente prochaines années, soit une progression de 17 % contre + 12 % pour la France métropolitaine. Elle se situerait au 4e rang des nouvelles régions, aussi bien en nombre d’habitants qu’en matière de croissance démographique entre 2011 et 2040. Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées, avec la plus forte hausse, passerait du 5e au 3e rang tandis que Nord-Pas-de-Calais - Picardie rétrograderait du 3e au 5e rang.

Espace déjà âgé, l’ALPC devrait vieillir au même rythme que la moyenne nationale. Ainsi, le nombre des personnes âgées de 60 ans ou plus atteindrait 2 400 000 en 2040, soit une hausse de 52 %, comparable à la moyenne métropolitaine. Le nombre de 75 ans ou plus s’établirait à 1 165 000 personnes, soit 82 % de plus comme en France métropolitaine. Au final, en 2040, plus d’une personne sur trois serait âgée de 60 ans ou plus (35,5 %) et une sur six de 75 ans ou plus : l’ALPC resterait en 2e position derrière la Corse pour la part des personnes âgées.

Encadré

La France métropolitaine compterait 13 régions au 1er janvier 2016

Au 1er janvier 2016, la France métropolitaine passerait de 22 à 13 régions. Le 17 décembre 2014, dans le cadre de la réforme territoriale, le Parlement a adopté le découpage de la France administrative. Six régions ne changeraient pas de contours, cinq seraient issues de la fusion de deux régions actuelles et deux de la fusion de trois régions actuelles. Ce nouveau découpage entrerait en vigueur le 1er janvier 2016, après les élections régionales prévues en décembre 2015.

Figure1 – Les treize nouvelles régions en France métropolitaine

  • Source : Ministère de l’intérieur

Sources

Les résultats sont issus des données des recensements de la population et de l’état civil.

Définitions

Aire urbaine : une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. Le zonage en aires urbaines distingue également les moyennes aires, avec un pôle urbain de 5 000 à 10 000 emplois, et de petites aires, avec un pôle de 1 500 à 5 000 emplois.

Impact migratoire :  les flux migratoires concernent uniquement les échanges entre la zone d'étude et le reste de la France (métropole + Dom). Pour calculer l'impact des migrations, le solde migratoire de la zone avec le reste de la France (y compris les Dom) est rapporté à la population (ou à la sous-population) qui aurait été celle de 2008 en l'absence de migrations.