En 2010, le secteur marchand martiniquais génère trois milliards d’euros

Christiane Millet, Insee

En 2010, la valeur ajoutée générée par les entreprises du secteur marchand implantées en Martinique s’élève à trois milliards d’euros. Près d’un quart de la richesse produite provient du secteur du commerce. Deux-tiers de la valeur ajoutée produite en Martinique finance les frais de personnel, le dernier tiers finance l’excédent brut d’exploitation, ce qui correspond au taux de marge. Les secteurs d’activités de services affichent les taux de valeur ajoutée les plus élevés, en raison de la faible part de consommation de produits intermédiaires nécessaires à leur production.

En 2010, les entreprises1 implantées installées en Martinique ont dégagé un peu plus de trois milliards d’euros de valeur ajoutée. Sur la même période, la valeur ajoutée générée par les entreprises guadeloupéennes s’élève à 2,7 milliards d’euros.

Après deux années de contraction économique, l’activité économique de la Martinique montre, en 2010, des signes de reprise, surtout perceptibles en fin d’année. L’activité des entreprises du secteur marchand redémarre, avec prudence.

Le commerce et le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques génèrent près de la moitié des richesses martiniquaises

En Martinique, près d’un quart de la richesse produite provient du secteur d’activité du commerce. Cette première place se retrouve également dans les autres départements des Antilles françaises, avec un poids légèrement plus important en Guadeloupe (26 %) et comparable en Guyane (24 %). La valeur ajoutée dégagée par le commerce de détail (hors automobiles et motocycles) représente 60 % de la valeur ajoutée totale du secteur.

La deuxième place est occupée par le secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques et les services administratifs. La valeur ajoutée de ce secteur représente 23 % de la valeur ajoutée totale. Ce secteur ne génère que 16 % de la valeur ajoutée totale en Guadeloupe et 14 % en Guyane. L’activité de ce secteur est principalement portée par les activités de services administratifs et de soutien (intérim, sécurité,...).

La valeur ajoutée dégagée par le secteur industriel martiniquais représente 16 % de la valeur ajoutée totale, niveau identique enregistré en Guyane malgré une moindre présence du secteur dans la région Martinique. En Guadeloupe, le poids de ce secteur est plus faible de trois points. La part importante de ce secteur dans l’économie martiniquaise s’explique, notamment, par la présence du secteur « cokéfaction et raffinage ». Un quart des richesses produites provient de l’agro-alimentaire.

Après avoir connu une année 2009 en dépression, l’activité dans le secteur de la construction ne montre pas de signes tangibles de reprise en 2010 en Martinique; le poids des richesses dégagées peine à dépasser 9 %. Ce secteur, grand consommateur de main-d’œuvre, est pourtant un secteur clé de l’économie martiniquaise, en termes d’amélioration de la situation sur le marché de l’emploi.

Figure 1 – Le commerce, grand consommateur de produits intermédiaires - Décomposition du chiffre d’affaires selon les secteurs d’activité

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Le commerce, grand consommateur de produits intermédiaires - Décomposition du chiffre d’affaires selon les secteurs d’activité
Vaht-prod stockée-produits d'exploitation CI (hors achats) achats de marchandises
Enseignement, santé humaine et action sociale 64,6 33,5 1,9
Activités immobilières 60,1 38,4 1,5
Activités spécialisées, sc et tech et activ des sces adm et soutien 54,5 42,3 3,2
Information et communication 37,7 55,4 6,8
Autres activités de services 37,0 50,1 12,9
Hébergement et restauration 36,9 54,5 8,5
Construction 28,3 68,8 2,9
Transports et entreprosage 27,3 65,2 7,5
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 20,9 58,5 20,6
Commerce 15,3 13,8 70,9
Ensemble 26,7 37,0 36,3
  • Source : Insee – Esane 2010 - Données individuelles.

Figure 1 – Le commerce, grand consommateur de produits intermédiaires - Décomposition du chiffre d’affaires selon les secteurs d’activité

Le taux de valeur ajoutée plus élevé dans les activités de services

Dans l’ensemble des secteurs d’activité, les consommations intermédiaires (y compris achats de marchandises) représentent 73 % du chiffre d’affaires des entreprises, part proche de celle enregistrée en Guadeloupe (73 %) ou en Guyane (72 %).

Cependant, de fortes disparités sectorielles existent, conditionnées par la part des consommations intermédiaires dans le processus de production. Les secteurs peu consommateurs de produits intermédiaires des taux de valeur ajoutée2 supérieurs à 37 %.

Par exemple, les secteurs de l’enseignement, santé humaine et action sociale et les activités immobilières reflètent bien ce phénomène, affichant un taux de valeur ajoutée d’au moins 60 %. A l’opposé, dans des secteurs comme l’industrie ou la construction, grands consommateurs de produits intermédiaires, la valeur ajoutée représente moins de 30 % du chiffre d’affaires. Le commerce, secteur où les achats de marchandises représentent 70 % du chiffre d’affaires, affiche le taux de valeur ajoutée le plus bas.

Figure 2 – Près d’un quart des richesses créées provient du commerce - Principaux résultats des entreprises martiniquaises en 2010 (euro)

Près d’un quart des richesses créées provient du commerce - Principaux résultats des entreprises martiniquaises en 2010 (euro)
Secteur d'activité Nb unités Chiffre d'affaires Valeur ajoutée % Excédent brut d'exploitation
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 2 589 2 145 628 472 374 15,5 226 312
- Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 410 405 856 116 324 3,8 39 574
- Fabrication de produits métalliques, à l'exception des machines et des équipements 183 141 526 42 463 1,4 9 368
Construction 3 506 917 785 284 368 9,3 57 151
Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration 9 074 5 692 483 1 011 703 33,2 224 696
- Commerce : 5 892 4 766 357 722 406 23,7 187 865
dont :
Commerce de gros, hors automobiles et motocycles 1 250 1 556 623 188 270 6,2 49 526
Commerce de détail, hors automobiles et motocycles 3 802 2 625 055 429 284 14,1 120 861
- Transports et entreprosage 1 779 563 470 155 162 5,1 32 339
- Hébergement et restauration 1 403 362 656 134 135 4,4 4 492
Information et communication 679 322 602 103 133 3,4 60 354
Activités immobilières 1 725 255 854 166 593 5,5 108 036
Activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien 10 235 1 210 618 702 893 23,1 288 457
- Activités de services administratifs et de soutien 7 835 687 821 420 439 13,8 201 517
Enseignement, santé humaine et action sociale 2 859 386 293 252 528 8,3 138 038
- Activités pour la santé humaine 2 027 343 768 232 282 7,6 133 033
Autres activités de services 1 839 134 437 55 385 1,8 13 464
Ensemble 32 506 11 065 699 3 048 976 100,0 1 116 508
  • Source : Insee - Esane 2010 - Données individuelles

Les activités immobilières affichent un taux de marge nettement supérieur au taux de marge moyen

Globalement, le taux de marge des entreprises martiniquaises est de 37 %. Toutefois, en fonction des secteurs d’activité, ce taux varie du simple au triple.

Figure 3 – Les activités immobilières affichent le taux de marge le plus élevé - Quelques ratios d’analyse financière des entreprises martiniquaises par secteur d’activité (en %)

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Les activités immobilières affichent le taux de marge le plus élevé - Quelques ratios d’analyse financière des entreprises martiniquaises par secteur d’activité (en %)
Secteur d'activité Taux de VA Taux de marge part des frais de personnel
Vaht/CA EBE/VA FP/VA
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 22,0 47,9 63,9
- Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac 28,7 34,0 68,7
- Fabrication de produits métalliques, à l'exception des machines et des équipements 30,0 22,1 77,8
Construction 31,0 20,1 89,0
Commerce de gros et de détail, transports, hébergement et restauration 17,8 22,2 75,3
- Commerce : 15,2 26,0 68,8
dont :
Commerce de gros, hors automobiles et motocycles 12,1 26,3 68,4
Commerce de détail, hors automobiles et motocycles 16,4 28,2 66,5
- Transports et entreprosage 27,5 20,8 93,5
Information et communication 32,0 58,5 48,7
Activités immobilières 65,1 64,9 18,5
Activités spécialisées, scientifiques et techniques et activités de services administratifs et de soutien 58,1 41,0 57,6
- Activités de services administratifs et de soutien
enseignement, santé humaine et action sociale 65,4 54,7 42,5
- Activités pour la santé humaine
Autres activités de services 41,2 24,3 72,2
Ensemble 27,6 36,6 64,0
  • Source : Insee - Esane 2010 - Données individuelles

Les secteurs des activités immobilières et de l’information et de la communication affichent des taux

de marges très élevés (respectivement 58 % et 65 %), largement supérieurs au taux de marge moyen. Toutefois, au sein d’un même secteur, des disparités apparaissent. Ainsi, le secteur de l’édition affiche un taux de marge cinq fois inférieur à celui dégagé par le secteur des télécommunications.

A contrario, les taux de marge enregistrés dans la construction et le commerce sont nettement inférieurs au taux de marge moyen.

Le taux de marge du secteur de l’industrie martiniquaise est supérieur au taux moyen, phénomène que l’on ne retrouve pas en Guadeloupe. La présence du secteur d’activité «cokéfaction – raffinage» explique ce niveau élevé. Globalement, le secteur industriel affiche de grandes disparités au sein des différentes activités qui le composent. En effet, le taux de marge du secteur de l’imprimerie et reproduction d’enregistrements est trois fois inférieur à celui de l’agro-alimentaire.

Figure 4 – L’excédent brut d’exploitation des activités immobilières représente plus des 2/3 de la valeur ajoutée (au coût des facteurs de production) de ce secteur - Répartition de la valeur ajoutée selon le coût des facteurs de production

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L’excédent brut d’exploitation des activités immobilières représente plus des 2/3 de la valeur ajoutée (au coût des facteurs de production) de ce secteur - Répartition de la valeur ajoutée selon le coût des facteurs de production
Secteur d'activité EBE Frais de personnel
Activités immobilières 77,8 22,2
Enseignement, santé humaine et action sociale 56,3 43,7
Information et communication 54,6 45,4
Industrie manufacturière, ind extractives et autres 42,9 57,1
Activités spécialisées, sc et tech et activ des sces adm et soutien 41,6 58,4
Commerce 27,4 72,6
Autres activités de services 25,2 74,8
Construction 18,4 81,6
Transports et entreprosage 18,2 81,8
Ensemble 36,4 63,6
  • Source : Insee – Esane 2010 - Données individuelles.

Figure 4 – L’excédent brut d’exploitation des activités immobilières représente plus des 2/3 de la valeur ajoutée (au coût des facteurs de production) de ce secteur - Répartition de la valeur ajoutée selon le coût des facteurs de production

L’investissement martiniquais concentré dans trois secteurs d’activités

Les entreprises, appartenant au champ de l’étude, ont investi 1,5 milliards d’euros en 2010. Le niveau d’investissement, déterminé par la nature des activités d’un secteur, explique l’hétérogénéité des secteurs. En effet, trois secteurs d’activités concentrent les trois quart des investissements martiniquais. Le secteur de l’immobilier réalise près de la moitié de l’investissement total. Le commerce de gros et de détail, les transports, l’hébergement et la restauration, en génèrent 23 %.

L’investissement des activités spécialisées, scientifiques, techniques et des activités de services administratifs et de soutien représente 15 % de l’investissement total. Le sous-secteur des activités de services administratifs et de soutien (dont font partie les sociétés créées dans le cadre de la défiscalisation) concentre près des trois quart des investissements du secteur.

Après la crise de 2008-2009, le secteur de la construction amorce une reprise plutôt timide en 2010 et se retrouve avec un niveau d’investissement bas.

Sources

Esane. : L’élaboration des Statistiques Annuelles d’Entreprises a été mise en place par l’Insee en 2008 et permet de produire des statistiques structurelles d’entreprises.

L’élaboration de ces statistiques se fait essentiellement à partir de données administratives. La source administrative principale est une source fiscale (utilisation des liasses fiscales), source complétée par des données issues notamment des DADS (déclarations annuelles de données sociales). Les informations disponibles dans les sources administratives ne sont pas suffisantes pour élaborer des statistiques annuelles d’entreprises.

Le champ d’Esane est celui des entreprises marchandes à l’exception du secteur financier et des exploitations agricoles. Ce champ est défini à partir des codes de la nomenclature d’activité NAF.

Esane utilise des données administratives exhaustives (liasses fiscales et déclarations annuelles de données sociales-DADS) et des données d’enquête sectorielle annuelle (ESA/EAP) sur un échantillon d’entreprises. Esane fait cohabiter des entreprises qui répondent à l’enquête ESA/EAP avec des entreprises pour lesquelles seules les données administratives sont disponibles.

Des ruptures de séries auxquelles s’ajoute un changement de la nomenclature d’activité principale ont accompagné le passage à Esane, ce qui ne permet pas la comparaison avec les années précédentes.

Les soldes comptables présentés dans cette étude sont calculés à partir d’informations administratives et d’enquête.

Définitions

Notes

(1) : Entreprises du secteur principalement marchand, hors agriculture, banques et assurances.

(2) : Taux de valeur ajouté = Valeur Ajoutée hors taxe / Chiffre d’Affaires.

(3) : Le taux de marge est le rapport entre l’excédent brut d’exploitation (EBE) et la valeur ajoutée (VA).

Définitions

Comprendre les soldes comptables :

Le chiffre d’affaires se compose de la production vendue de biens et services et les ventes de marchandises . Les marchandises ne sont pas une production réalisée par l’entreprise qui les commercialise, contrairement aux productions vendues de biens ou services.

Contrairement au chiffre d’affaires, la valeur ajoutée hors taxes correspond à ce qui est vraiment créé par l’entreprise. Elle s’obtient en additionnant le chiffre d’affaires, la production stockée et les autres produits d’exploitation, auxquels sont retranchées les consommations intermédiaires, les charges d’exploitation et la variation de stock. Les valeurs ajoutées peuvent s’additionner car les consommations intermédiaires sont soustraites. Transformées, ces consommations permettent la production d’autres biens ou services ou la vente de marchandises.

Certains secteurs d’activités bénéficient de subventions. Les entreprises sont également taxées. La valeur ajoutée au coût des facteurs de production s’obtient en ajoutant les subventions et en retranchant les impôts et taxes de la valeur ajoutée.

La valeur ajoutée au coût des facteurs de production se divise en deux parties :

les frais de personnel qui permettent la rémunération du facteur de production « travail » ; l’excédent brut d’exploitation qui est le revenu du facteur de production « capital ».

L’excédent brut d’exploitation (EBE) n’est pas seulement la rémunération des apporteurs de capitaux ou le bénéfice de l’entreprise. Il permet de rémunérer les actionnaires, mais également de rembourser les dettes ou de financer des investissements. Il rémunère également le travail des entrepreneurs individuels.

Le taux de marge :

La valeur ajoutée au coût des facteurs de production (y compris les subventions d’exploitation, hors impôts et taxes d’exploitation) permet aux entreprises de payer les frais de personnel et de dégager un excédent brut d’exploitation.. Le taux de marge est le rapport de l’EBE sur la valeur ajoutée aux coûts des facteurs de production (VACF). La comparaison des taux de marges entre secteurs est un exercice délicat. Chaque secteur présente en effet des particularités vis-à-vis du recours à l’emploi et au capital et du cycle conjoncturel. Les secteurs capitalistiques ont de fait un taux de marge plus élevé que les secteurs de main d’œuvre.

Dans le partage de la VACF, le taux de marge rend compte de ce qui reste à disposition des entreprises - l’EBE -, notamment pour rémunérer le capital, une fois déduites les rémunérations salariales. Un taux de marge élevé résulte en général de la mise en œuvre d’un capital d’exploitation important ; il n’implique pas nécessairement une rentabilité économique forte (l’EBE devant alors être rapporté à ce capital d’exploitation) mais sert à financer les investissements.

La taille des entreprises, mesurée par l’effectif salarié, influe sur les taux de marges. Le taux de marge est plus élevé en règle générale dans les entreprises de moins de dix salariés que dans les autres. Les micro-entreprises intègrent des travailleurs individuels indépendants (commerçants, artisans, professions libérales), et des gérants majoritaires de SARL, qui ne sont pas salariés mais rémunèrent leur travail sur le résultat de l’entreprise. Le taux de marge s’en trouve augmenté mécaniquement. Or, les micro-entreprises sont proportionnellement beaucoup plus nombreuses en Guadeloupe qu’en France. La comparaison des taux de marge n’est donc juste qu’à structure équivalente.

Définition des 4 nouvelles catégories d’entreprises

Le décret n° 2008-1354 du 18 décembre 2008 définit l’entreprise comme « la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes »

Les nouvelles catégories sont :

Les micro-entreprises sont des entreprises qui, d’une part occupent moins de 10 personnes, d’autre part ont un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont des entreprises qui, d’une part occupent moins de 250 personnes, d’autre part ont un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total debilan n’excédant pas 43 millions d’euros.

Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont des entreprises qui n’appartiennent pas à la catégorie des PME et qui d’une part occupent moins de 5 000 personnes, d’autre part ont un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1 500 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 2 000 millions d’euros.

Les grandes entreprises (GE) sont des entreprises qui ne sont pas classées dans les catégories précédentes.

Pour en savoir plus

Brion P., « Esane, le dispositif rénové de production des statistiques structurelles d’entreprises », Courrier des statistiques n° 130, mai 2011.

Hecquet V., : « Quatre nouvelles catégories d’entreprise – une nouvelle vision du tissu productif », Insee Première n°1321, novembre 2010