En Ile-de-France, les travailleurs clés résident un peu moins loin de leur lieu de travail

Jean-François Arènes et Pauline Virot (Apur) - avec la collaboration de François Dubujet (Insee Ile-de-France)

Près d’un Francilien en emploi sur trois exerce une activité estimée nécessaire au bon fonctionnement du territoire, par exemple la santé, la sécurité, l’éducation. Ces travailleurs clés parcourent en moyenne 9,4 km pour se rendre à leur travail, soit 1,5 km de moins que les autres actifs en emploi. La distance domicile-travail est liée en partie à la profession exercée et s'accompagne de statuts d'occupation du logement différents. Lorsqu’ils travaillent près de leur domicile, les cadres des professions de santé sont souvent propriétaires de leur logement, alors que les agents de service sont plutôt locataires dans le parc social. L’éloignement du lieu de travail permet à l’ensemble des catégories sociales d’accéder plus facilement à la propriété, mais les écarts entre catégories demeurent.

Insee Analyses Ile-de-France
No 9
Paru le : 18/12/2014

En 2009, 5,3 millions de personnes travaillent et résident en Ile-de-France. Parmi elles, 1,6 million travaillent dans des secteurs d’activités considérés comme clés parce qu’ils concernent des services estimés essentiels au bon fonctionnement du territoire tels que les transports, la propreté ou la sécurité (Sources et définitions). Dans un contexte de tensions sur le marché immobilier, en particulier dans le centre de l’agglomération où sont localisés la majorité des emplois, la distance domicile-travail est un des critères importants pour les actifs occupés franciliens dans le choix de leur résidence, à côté du statut d’occupation, de la taille du logement, de l’environnement… Cette situation conduit les pouvoirs publics à s’interroger quant à la pertinence d’une politique du logement adaptée au cas particulier des travailleurs clés (Contexte de l’étude).

Les travailleurs clés sont un peu moins éloignés de leur lieu de travail que les autres

En 2009, la distance domicile-travail moyenne parcourue par les Franciliens qui travaillent en Ile-de-France est de 10,4 km. Plus ils résident loin du centre de l’agglomération parisienne, plus cette distance s’allonge. Ceux qui résident en grande couronne parcourent en moyenne 15 km pour se rendre à leur travail, au lieu de 8 km pour les résidents de petite couronne et de 5 km pour ceux qui résident à Paris.

Dans la majorité des cas, les écarts entre catégories sociales sont relativement faibles.

Les cadres, les professions intermédiaires et les ouvriers sont les plus éloignés de leur domicile : ils parcourent en moyenne 11 km. Les distances parcourues par les employés sont un peu moins longues (9 km), ce qui s’explique pour partie par la plus forte proportion de femmes au sein de cette catégorie. Les femmes parcourent en moyenne 9 km contre 11 km pour les hommes. Il semble y avoir un arbitrage du couple en faveur d’un rapprochement du travail de la femme surtout lorsqu’il y a plusieurs enfants dans la famille. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise, dont une part importante travaille à domicile ou à proximité, parcourent en moyenne 7 km pour se rendre au travail.

Les travailleurs clés parcourent en moyenne une distance plus courte pour se rendre au travail (9,4 km) que les travailleurs non clés (10,9 km). Ils sont aussi, en proportion, plus nombreux à bénéficier de courtes distances domicile-travail (moins de 5 km) et moins nombreux à parcourir de longues distances (plus de 15 km). Les travailleurs clés comptent en effet une plus grande part d'employés et de femmes que les travailleurs non clés. Cependant, cet avantage comparatif concerne tout à la fois les cadres et les non cadres, les femmes et les hommes (figure 1). Les femmes exerçant une profession clé travaillent en moyenne plus près que les femmes exerçant une profession non clé (8 km contre 10 km), cette observation vaut aussi pour les hommes (11 km contre 12 km).

Figure 1 – Les travailleurs clés plus proches de leur lieu de travail (Répartition des travailleurs clés et non clés franciliens selon la distance domicile-travail parcourue)

(en %)
Les travailleurs clés plus proches de leur lieu de travail (Répartition des travailleurs clés et non clés franciliens selon la distance domicile-travail parcourue)
Moins de 5 km 5 à moins de 15 km 15 à moins de 30 km 30 km ou plus
Travailleurs clés 45 33 17 5
Travailleurs non clés 38 35 20 7
Travailleurs clés cadres 40 36 18 6
Travailleurs non clés cadres 35 36 21 8
Trav. clés prof. intermédiaires,| empl. ou ouvriers 46 32 16 6
Trav. non clés prof. intermédiaires,| empl. ou ouvriers 38 35 20 7
  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Figure 1 – Les travailleurs clés plus proches de leur lieu de travail (Répartition des travailleurs clés et non clés franciliens selon la distance domicile-travail parcourue)

La localisation du domicile est liée en partie à la profession exercée, qu’elle soit clé ou non

Près de la moitié (45 %) des travailleurs clés franciliens résident très près de leur lieu de travail : 733 900 parcourent une distance domicile- travail inférieure à 5 km. Parmi les 108 professions clés, 23 se caractérisent par le fait que plus de 50 % des travailleurs franciliens qui les exercent parcourent moins de 5 km (figure 2). Cette proximité correspond à différentes logiques. Dans certains cas, le travail s’effectue à domicile (assistantes maternelles, professions libérales de santé ayant leur cabinet jouxtant leur logement). Dans d’autres cas, un logement de fonction est attribué (gendarmes ou instituteurs avant la réforme des professeurs des écoles). Enfin, l’emploi peut aussi répondre à une demande locale (aides à domicile, professeurs des écoles…) et se trouve de ce fait bien réparti sur le territoire au lieu d’être concentré dans le centre de l’agglomération.

Au sein des professions non clés, les agriculteurs, les artisans et petits commerçants, les travailleurs indépendants et professions libérales sont celles où les travailleurs sont plus de la moitié à parcourir moins de 5 km de distance domicile-travail.

À l’opposé, 90 400 travailleurs clés (5 % du total) parcourent une distance domicile-travail supérieure à 30 km. Dans 18 professions clés, cette proportion dépasse les 10 % (figure 3). Les professions liées au transport se trouvent dans cette situation, notamment celles liées au transport aérien et aux transports en commun guidé (métro, RER). Les travailleurs clés du secteur transport parcourent en moyenne 15 km pour se rendre au travail.

Figure 2 – De par leur fonction, les assistantes maternelles effectuent les trajets les plus courts

Liste des 10 professions clés franciliennes dont la proportion de trajets domicile-travail de moins de 5 km est la plus importante
De par leur fonction, les assistantes maternelles effectuent les trajets les plus courts
Profession clé Type de profession clé Moins de 5 km (en %) 5 à moins de 15 km (en %) 15 à moins de 30 km (en %) 30 km ou plus (en %) Effectif
Assistantes maternelles, gardes d'enfants Employé du social 81 13 5 1 72 500
Gendarmes (grade inférieur à adjudant) Employé de sécurité 77 16 5 2 8 800
Agents de service des établissements primaires Employé de l'enseignement 71 20 7 2 27 000
Instituteurs (*) Profession intermédiaire de l'enseignement 66 25 7 2 3 800
Agents administratifs de la fonction publique, sauf écoles, hôpitaux Employéde la fonction publique 63 23 11 3 44 200
Aides à domicile, aides ménagères Employé du social 61 26 10 3 51 200
Surveillants, aides-éducateurs scolaires Profession intermédiaire de l'enseignement 60 28 9 3 18 100
Infirmiers libéraux Profession intermédiaire de santé 59 30 9 2 5 000
Masseurs rééducateurs, libéraux Profession intermédiaire de santé 58 31 9 2 8 500
Conseillers principaux d'éducation Profession intermédiaire de l'enseignement 58 30 10 2 3 200
  • (*) Il s'agit des enseignants ayant décié de conserver ce statut avant la réforme de 1990. Dans cette étude, les instituteurs et les professeurs des écoles constituent deux professions clés distinctes.
  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Figure 3 – Les professionnels du transport aérien résident le plus loin de leur lieu de travail

Liste des 10 professions clés franciliennes dont la proportion de trajets domicile-travail de plus de 30 km est la plus importante
Les professionnels du transport aérien résident le plus loin de leur lieu de travail
Profession clé Type de profession clé Moins de 5 km (en %) 5 à moins de 15 km (en %) 15 à moins de 30 km (en %) 30 km ou plus (en %) Effectif
Officiers navigants de l'aviation civile Cadre du transport 14 19 42 25 4 500
Hôtesses de l'air et stewards Employé du transport 12 17 50 21 8 700
Ingénieurs contrôlede la navigation aérienne Profession intermédiaire du transport 9 30 41 20 400
Ingénieurs cadres techniques de l'environnement Cadre de l'industrie 24 36 25 15 2 100
Responsables des transports non cadres Profession intermédiaire du transport 20 35 31 14 13 000
Ingénieurs cadres techniquesdes transports Cadre du transport 18 34 34 14 9 000
Conducteurs qualifiés d'engins guidés Ouvrier du transport 25 36 26 13 6 600
Mécaniciens qualifiés de maintenance industrielle Ouvrier de l'industrie 24 36 27 13 11 000
Ouvriers qualifiés d'autres industries Ouvrier de l'industrie 30 35 22 13 1 100
Ouvriers qualifiés sédentaires des transports Ouvrier du transport 25 37 26 12 4 900
  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Les travailleurs clés modestes résidant à proximité de leur domicile bénéficient souvent d’un logement social

Parmi les 3,1 millions de ménages franciliens dont la personne de référence travaille en Ile-de-France, 45 % sont propriétaires de leur logement, 30 % sont locataires dans le parc privé et 21 % sont locataires dans le parc social. La part de ménages propriétaires augmente nettement en s’éloignant du centre de l’agglomération puisque 29 % des ménages sont propriétaires à Paris, 40 % en petite couronne et 57 % en grande couronne.

Les ménages clés qui résident très près de leur lieu de travail et qui sont propriétaires appartiennent plutôt à des catégories aisées, les professions de santé notamment. La part des propriétaires dépasse les deux tiers des ménages dont la personne de référence est médecin libéral ou chirurgien-dentiste (figure 4).

Pour les professions clés plus modestes, le logement social apparaît comme la solution pour se loger près de son lieu de travail. Même si le critère de la profession n’est pas considéré actuellement lors des attributions, un certain nombre de professions modestes identifiées comme clés bénéficie d’un logement social dans des proportions importantes (figure 5).

À moins de 5 km du lieu de travail, la proportion de locataires du parc social est plus forte parmi les ménages travailleurs clés employés ou ouvriers que parmi les ménages non clés des mêmes catégories (47 % contre 33 %).

Figure 4 – À moins de 5 km de leur lieu de travail, les professionnels de santé sont souvent propriétaires de leur logement

(en %)
À moins de 5 km de leur lieu de travail, les professionnels de santé sont souvent propriétaires de leur logement
Autres spécialistes| appareil médical 57,0
Médecins hospitaliers| non libéral 56,5
Infirmiers libéraux 55,9
Autres spécialistes| rééducation libéraux 54,9
Magistrats 54,4
Cadres France Télécom| (statut public) 53,7
Professeurs agrégés| certifiés secondaire 53,2
Officiers navigants| aviation civile 52,7
Cadres de la Poste 52,2
Enseignants de| l'enseignement supérieur 51,7
  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Figure 4 – À moins de 5 km de leur lieu de travail, les professionnels de santé sont souvent propriétaires de leur logementPart des ménages franciliens propriétaires à moins de 5 km de leur lieu de travail pour les 10 professions clés les plus concernées

Figure 5 – Au plus près de leur lieu de travail, employés et ouvriers résident plutôt dans le parc social

(en %)
Au plus près de leur lieu de travail, employés et ouvriers résident plutôt dans le parc social
Agts de service| établissements primaires 60,7
Ouvriers non qualifiés| traitement déchet 58,9
Agents de service| hospitaliers 57,8
Surveillants| administratifs pénitentiaires 57,1
Agts adm. FP| sauf écoles, hôpitaux 56,2
Aides-soignants 55,9
Aides| médico-psychologiques 55,7
Adjoints administratifs| fonction publique 54,5
Agents non qualifiés| des transports 51,8
Auxiliaires| de puériculture 51,1
  • Source : Insee, recensement de la population 2009

Figure 5 – Au plus près de leur lieu de travail, employés et ouvriers résident plutôt dans le parc socialPart des ménages franciliens locataires du parc social à moins de 5 km de leur lieu de travail pour les 10 professions clés les plus concernées

Les ménages non cadres résidant à proximité de leur lieu de travail sont rarement propriétaires de leur logement

En général, les ménages cadres qui travaillent à moins de 5 km de leur logement sont 47 % à être propriétaires de leur logement, soit deux fois plus que les ménages employés à distance équivalente. Ce n’est qu’en s’éloignant à 30 km ou plus de leur lieu de travail que les ménages employés atteignent les 47 %.

La proportion de ménages propriétaires près du lieu de travail est plus faible pour les ménages travailleurs clés (30 %) que pour les ménages non clés (37 %). Si la proportion de ménages propriétaires double en s’éloignant à 30 km, le même écart se maintient entre les travailleurs clés et non clés. Cet écart s’explique en partie par une part moins importante de cadres parmi les travailleurs clés par rapport aux non clés (23 % contre 30 %).

Si l’allongement de la distance domicile- travail accompagne le développement de la propriété quelle que soit la catégorie sociale, seuls certains cadres et professions intermédiaires clés dépassent le taux de 80 % de propriétaires (puéricultrices, médecins salariés, infirmiers spécialisés, etc.) à plus de 30 km de leur lieu de travail.

En revanche, certaines catégories de ménages clés qui ont une distance domicile-travail de plus de 30 km regroupent une forte proportion de locataires du parc social. Dans ces cas-là, les personnes ont peut-être changé de travail après l’obtention de leur logement social et n’ont pas les ressources nécessaires pour se rapprocher de leur nouveau lieu de travail, ou d’autres critères ont primé sur leur choix de localisation (lieu de travail du conjoint, école...). Cette situation concerne surtout des employés et ouvriers : agents de nettoyage, agents de service des établissements primaires et des services hospitaliers, éducateurs de jeunes enfants, ouvriers non qualifiés, aides-soignants…

Résider à proximité de son lieu de travail contraint souvent les ménages non cadres à se contenter d’un logement trop petit

Le parc de logements franciliens se compose de petits logements dans le cœur de l’agglomération et la taille moyenne des logements s’accroît avec l’éloignement. La proportion de logements suroccupés augmente avec la taille du ménage : les familles avec enfants sont en moyenne logées plus à l’étroit que les couples sans enfant. Mais plus encore, la suroccupation est liée à l’appartenance socioprofessionnelle que les métiers soient clés ou non.

Les ménages cadres ont, en moyenne, un nombre de pièces plus important au regard de la taille du ménage que les autres ménages, quelles que soient la structure familiale et la distance domicile-travail. L’impact de l’éloignement sur ce type de confort du logement bénéficie davantage aux employés et ouvriers qu’aux cadres. Cependant, les employés et ouvriers qui font le choix de s’éloigner de leur lieu de travail demeurent moins souvent propriétaires et sont plus souvent en situation de suroccupation que les cadres.

À une distance domicile-travail inférieure à 5 km, 14 % des ménages cadres de type « famille avec trois enfants ou plus » sont en suroccupation contre 49 % des familles nombreuses dont la personne de référence est ouvrier. En s’éloignant à plus de 30 km, 5 % des familles nombreuses cadres sont en suroccupation et 29 % des familles nombreuses ouvrières.

Encadrés

Contexte de l’étude

La Direction Régionale et Interdépartementale de l’Hébergement et du Logement d’Ile-de-France (DRIHL Ile-de-France) a confié à l’Atelier Parisien d’Urbanisme (Apur) une mission de réflexion pour élaborer une approche francilienne de la notion de travailleurs clés et parvenir à des propositions en matière de politiques du logement. Des travaux équivalents ont été menés sur le Grand Londres ; ils ont conduit à mettre en place une politique spécifique de logements à destination de certains travailleurs clés, mais cette politique a été remise en cause par la suite. La question essentielle pour l’Ile-de-France est de savoir s’il est pertinent de favoriser l’accès au logement de personnes exerçant des fonctions particulières dans l’objectif d’atténuer les effets négatifs de la crise du logement sur le fonctionnement du territoire et son économie.

La première phase des travaux a permis de dresser un premier état des lieux sur la manière dont la notion de travailleurs clés est considérée par les différents acteurs publics et privés franciliens concernés. Une journée d’atelier a été organisée et elle s’est traduite par un rapport d’étude, permettant notamment de faire apparaître que la définition du caractère clé d’une profession est relative selon le contexte géographique et temporel. Le caractère clé est en outre un caractère conféré par celui qui bénéficie du service rendu, et non une caractéristique intrinsèque.

Dans la deuxième phase des travaux, l’Apur a réalisé une étude pour apporter un éclairage statistique sur cette question des travailleurs clés en retenant huit secteurs clés. La présente note est dérivée de ces travaux. Les analyses statistiques ont été en outre complétées par des entretiens approfondis avec quarante travailleurs clés franciliens afin d’éclairer qualitativement les analyses statistiques.

Exemple de professions clés : infirmiers, policiers et professeurs des écoles

Ces trois professions peuvent être considérées comme essentielles à la vie des citoyens car elles concernent la santé, la sécurité ou l’éducation. Le fonctionnement de la région parisienne pourrait être dégradé par les longs trajets domicile-travail de ces salariés (risque accru de retard quand le réseau de transports dysfonctionne, fatigue des salariés…).

Les agents de police de l’État : emploi concentré dans le centre de l’agglomération parisienne

Les 33 200 agents de police de l’État qui habitent et travaillent en Ile-de-France parcourent en moyenne 14,4 km pour se rendre à leur travail, soit plus que la moyenne des Franciliens en emploi (10,4 km). Ils sont 55 % à travailler à plus de 10 km de leur commune de résidence (au lieu de 39 % en moyenne). Leur travail est principalement concentré à Paris et en petite couronne, alors que leurs lieux de résidence sont plus dispersés.

Dans l’ensemble, 38 % des ménages dont la personne de référence est policier sont propriétaires de leur logement, mais ce taux augmente d’autant plus que la distance domicile-travail s’allonge. Quand ils habitent à 30 km ou plus de leur emploi, 70 % des agents de police de l’État sont propriétaires. Des trois professions citées en exemple, ce sont les ménages logés les plus à l’étroit mais le nombre de pièces du logement au regard de la taille du ménage s’améliore sensiblement en s’éloignant de leur lieu de travail.

Les 58 600 infirmiers salariés en soins généraux qui habitent et travaillent en Ile-de-France parcourent en moyenne 9,4 km pour se rendre à leur travail, soit une distance inférieure à la moyenne des Franciliens. Ils sont 36 % à travailler à plus de 10 km de leur commune de résidence.

L’emploi des infirmiers salariés est situé principalement dans des pôles centraux ou périphériques qui accueillent des grands hôpitaux. Cette diversité de localisation permet plus facilement l’accession à la propriété à proximité du lieu de travail. Au total, 40 % des ménages dont la personne de référence est infirmier sont propriétaires de leur logement. À moins de 5 km de leur travail, 32 % sont propriétaires (un taux proche de la moyenne). Le nombre de pièces du logement au regard de la taille du ménage s’améliore peu en s’éloignant du lieu de travail.

Les 74 700 professeurs des écoles qui habitent et travaillent en Ile-de-France parcourent en moyenne 6,5 km pour se rendre à leur travail, soit une distance inférieure à la moyenne des Franciliens. Ils sont seulement 22 % à travailler à plus de 10 km de leur commune de résidence. Leur lieu de travail est diffus sur l’ensemble du territoire francilien, ce qui permet à beaucoup d’entre eux d’habiter dans les communes où ils travaillent car le marché du logement est moins tendu qu’au centre de l’agglomération.

Pour cette même raison, ils ont plus de possibilités d’accéder à la propriété à proximité de leur travail que l’ensemble des ménages actifs franciliens. Dans l’ensemble, 47 % des ménages dont la personne de référence est professeur des écoles sont propriétaires de leur logement. Le nombre de pièces du logement au regard de la taille du ménage reste quasiment stable selon l’éloignement du lieu de travail.

Sources

Définitions :

Les travailleurs clés : malgré la difficulté de définir de manière absolue le caractère clé d’une profession, l’Atelier Parisien d’Urbanisme (Apur) a défini comme travailleurs clés pour les besoins de l’analyse statistique, les travailleurs qui assurent « un service essentiel au bon fonctionnement du territoire ». Il a ainsi considéré comme des professions clés, 108 professions issues de huit secteurs différents (santé, sécurité, éducation, social, transports, propreté, industrie-eau-énergie, fonction publique au sens large) parmi les 486 professions existant dans la nomenclature Insee. Les travailleurs exerçant ces professions sont alors considérés comme des travailleurs clés. Seuls les actifs ayant un emploi sont pris en compte, considérant que la question du logement des travailleurs clés est reliée à la distance domicile-travail.

La définition retenue par l’Apur pour les analyses statistiques ne prétend pas à l’exhaustivité. Dans une autre approche, les métiers de l’alimentation et de l’agroalimentaire ou ceux de la maintenance auraient pu être légitimement intégrés parmi les professions clés.

La distance domicile-travail : les distances sont mesurées à vol d’oiseau de centre à centre des communes ou des arrondissements parisiens.

La suroccupation : un logement est suroccupé quand il lui manque au moins une pièce par rapport à la norme d’« occupation normale », définie ainsi : une pièce de séjour pour le ménage, une pièce pour chaque personne de référence d’une famille, une pièce pour les personnes hors famille non célibataires ou les célibataires de 19 ans ou plus. Pour les célibataires de moins de 19 ans, on compte une pièce pour deux enfants s’ils sont de même sexe ou ont moins de 7 ans, sinon une pièce par enfant.

Sources :

Les résultats présentés proviennent d’une exploitation spécifique du recensement de la population 2009. La base de données contient les professions détaillées, les communes de résidence et de lieu de travail des individus, ainsi que les caractéristiques du logement et des individus qui composent les ménages.