Toulouse : la ville en rose ?

Marc Royer

De toutes les « cities » européennes de taille comparable, Toulouse Métropole fait partie des plus étendues entraînant en corollaire des déplacements en voiture rendus souvent difficiles. Elle est peu densément peuplée, en raison, notamment, d’un fort habitat individuel. Ville universitaire, ses habitants sont jeunes, ceci établissant un lien avec la surface des logements qui y est, en moyenne, faible. Ville dynamique, la part d’actifs y est importante mais aussi, conséquence de son attractivité, son taux de chômage plus élevé. Le poids de l’emploi dans l’industrie et dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques sont des spécificités de la cité Mondine. Sur le plan culturel, si Toulouse souffre, en apparence, d’un déficit de théâtres et de cinémas, les bibliothèques y sont en revanche nombreuses. La part d’étrangers y est un peu plus faible que dans les autres « cities » européennes comparables.

Ce matin, je quitte mon appartement de 42 m² que je loue à un propriétaire privé et dans lequel je vis seule. Je suis une trentenaire employée dans la fonction publique, née en France, et je me rends à mon travail. Celui-ci se situe à une vingtaine de kilomètres de chez moi et je mets près d’une demi-heure en voiture pour y parvenir. Les aménités de mon cadre de vie citadin me permettent d’avoir une vie culturelle et sportive diversifiées. Selon l’Office Européen de Statistique (Eurostat), je suis l’habitant type de la « city » de Toulouse, et, chemin faisant, je me demande s’il fait bon vivre à Toulouse.

La qualité de vie ou le bien-être sont des notions recouvrant de multiples dimensions, comme les conditions de vie matérielle ou le contexte qualitatif de la vie quotidienne. L’enquête européenne audit urbain 2007-2012 permet de dresser, au travers notamment d’une soixantaine d’indicateurs statistiques comparables et harmonisés, un panorama des conditions de vie dans un certain nombre de « cities » en Europe, dont Toulouse Métropole (figure 1). Pour la France, ont été retenus les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) répondant à certains critères de population et de densité (encadré).

Figure1 – Les communes de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) Toulouse Métropole

  • Source : Insee

Avec 704 400 habitants en 2011, Toulouse Métropole se classe dans un groupe de 44 autres villes européennes de tailles comparables (de 500 000 à 1 000 000 d’habitants), comme Bordeaux, Nice et Nantes pour la France. Du simple point de vue démographique, la « city » toulousaine se situe au 11e rang au sein de cette strate. Les « cities » les plus proches de Toulouse, à plus ou moins 50 000 habitants (figure 2), sont pour les principales Lodz (Pologne), Bordeaux, Séville (Espagne), Francfort (Allemagne) et Saragosse (Espagne). Comparables en termes de poids démographique, les morphologies de ces villes sont toutefois très dissemblables.

Toulouse proche de Séville

Figure2 – Villes européennes proches de Toulouse en population

Villes européennes proches de Toulouse en population
Nombre d'habitants
Cracovie 758 334
Leeds 751 485
Lodz 718 960
Bordeaux 714 191
Toulouse 704 454
Séville 702 355
Francfort 691 518
Saragosse 679 624
Palerme 654 987
Riga 649 853
  • Source : Eurostat, audit urbain, 2007-2012

Figure2 – Villes européennes proches de Toulouse en population

Toulouse, une ville « aérée »

Les quatre « cities » françaises couvrent en moyenne 500 km². Avec 460 km², Toulouse constitue un vaste territoire, à l’aune de ses consœurs européennes beaucoup plus concentrées sur un espace réduit (285 km²). Au sein de la même strate, les écarts sont importants entre les 39 km² seulement d’Athènes et les 970 km² de Saragosse qui font nettement figure d’exception. Toulouse dispose donc d’une offre de territoire permettant un habitat et un espace urbain aérés, ce qui n’est pas sans engendrer quelque difficulté notamment en matière de déplacements. Les Toulousains, pour se rendre sur leur lieu de travail, parcourent en moyenne 19 km et mettent 29 mn pour le faire, soit plus que dans les autres villes de la strate (16 km en 27 mn). Le réseau dense de transport en commun interurbain, constitué de nombreuses lignes de bus et les mises en service progressives depuis plus de vingt ans du métro (1993, 2003) et du tram (2010) n’ont pas suffisamment influé à la baisse l’utilisation de la voiture. Ce dernier moyen de déplacement est utilisé par 63 % de Toulousains, alors que seuls 20 % prennent les transports en commun et 17 % utilisent le vélo ou la marche. Dans les autres villes d’Europe, la voiture n’est empruntée que pour 53 % des navettes domicile-travail alors que les transports collectifs le sont à 27 %.

Avec 1 530 habitants au kilomètre carré, Toulouse se caractérise aussi par une faible densité de population au regard de ses consœurs européennes de poids démographique comparable (3 200 h/km² en moyenne). Elle se situe ainsi aux côtés de Sheffield (Angleterre), Dresde ou encore Brème (Allemagne). Au sein de la même strate, la densité varie, sans surprise, de seulement 700 h/km² à Saragosse à 20 500 h/km² à Athènes (Grèce). La faible densité de population de Toulouse, la « cité Mondine », s’explique notamment par l’existence de nombreuses maisons individuelles, rendue possible grâce à sa vaste superficie. Leur part s’élève à 33 % quand celle des villes allemandes, polonaises et des Pays baltes varie de 10 % à 25 %. Seule la « city » de Brème la dépasse avec presque 36 %. Ce qui n’est pas vraiment une exception en France (Bordeaux et Nantes dépassent les 43 %) le devient donc à l’échelle des villes européennes de taille comparable. Seul l’espace irlando-britannique fait exception à cette répartition puisque la part des maisons y atteint de 65 % à 85 %. L’explication est à chercher du côté des innombrables maisons ouvrières construites au moment de l’essor industriel, qu’il soit minier ou textile.

Les étudiants impactent l’urbanisme…

Autre critère permettant d’apprécier les conditions de vie des habitants, la part des propriétaires de leur logement : celle-ci est de 42,5 % à Toulouse. Au plan européen, l’espace irlando-britannique se distingue à nouveau par des taux élevés avec de 53 % à 90 % de propriétaires dans ses « cities » de tailles comparables. Mais la notion de propriété y est différente du reste de l’Europe puisque à côté de la propriété telle qu’on la connaît, il en existe un autre type, limité dans le temps, équivalent juridique du bail emphytéotique français. Ailleurs en Europe, la plupart des « cities » allemandes et hollandaises comme Rotterdam (Pays-Bas), Brème, Francfort ou Leipzig (Allemagne) n’ont que respectivement 40 %, 29 %, 13 % et 12 % de propriétaires. Une politique de prêts aussi bien différente que plus difficile d’accès explique en partie cette faible part de propriétaires. En lien avec la part importante d’étudiants, la surface moyenne d’un logement est de faible taille à Toulouse, avec 42 m². Cette caractéristique est d’ailleurs, à l’exception des ex-pays de l’Est, partagée par les autres villes universitaires européennes de la strate. Dans la « city » toulousaine, 57,5 % des logements sont donc loués par leurs occupants. 13 % relèvent du logement social. En Allemagne, la faiblesse du parc locatif social est patente dans les villes comparables avec une part qui varie de 2 % à moins de 10 % du parc seulement. À Toulouse, un nombre important d’étudiants et des politiques de défiscalisation impulsant l’achat d’appartements destinés à la location expliquent en partie le poids du secteur locatif privé. Ainsi, plus de 4 ménages sur 10 sont locataires dans le parc privé. C’est un peu moins à Bordeaux, près de 3 sur 10 à Nantes et Lisbonne et moins de 1 sur 10 dans les « cities » espagnoles.

… et le marché du travail

Le dynamisme de l’économie et en particulier les caractéristiques de l’emploi et du marché du travail apportent un autre éclairage sur les conditions de vie dans les villes européennes. Avec une population active de 360 000 personnes en 2011 et un taux d’actifs rapporté à la population totale de 51 %, Toulouse se classe parmi les pôles d’emploi les plus dynamiques en matière d’activité. Ce taux est notamment supérieur à celui des « cities » de Séville (46 %) en Espagne ou de Francfort (50 %) en Allemagne dont le poids démographique est très proche. Les villes européennes de tailles comparables comptent en moyenne 305 000 actifs soit un taux de 49 %. Pour autant, la population active occupée ne représente que 87,5 % de la population active totale toulousaine, soit bien moins que pour huit villes européennes sur dix de la strate. En effet, avec 44 000 chômeurs, le taux de chômage atteint 12,5 % dans la « city » toulousaine, soit bien plus que dans les « cities » de Brème ou Dresde, comptant respectivement 7,3 % et 8,7 % de chômeurs. Seules, ou presque, les « cities » espagnoles ont des taux de chômage supérieurs à celui de Toulouse. À cela, plusieurs explications endogènes au-delà de caractéristiques « nationales ». Une attractivité démographique forte de la « city » toulousaine provoque l’arrivée de très nombreux habitants dont une part importante d’actifs, pour certains en recherche d’emploi. Des secteurs d’activité dynamiques et de pointe attirent de nombreux ménages sans pour autant assurer un emploi à chacun de ses membres actifs. Enfin la forte population d’étudiants engendre de nombreuses entrées sur le marché du travail qui malgré son relatif dynamisme ne suffit pas à satisfaire la demande. Ces éléments amplifient un mouvement tendanciel haussier du chômage dans un contexte de crise économique nationale et internationale.

Des secteurs d’activités diversifiés

En matière de spécialisations économiques, Toulouse comme les autres « cities » européennes de tailles comparables se caractérise par une forte tertiarisation (figure 3). En particulier, le secteur de l’emploi public regroupe 29 % des emplois toulousains, ce qui en fait et de loin le premier employeur, devant le commerce qui rassemble 20 % des emplois. Ces constats sont certes partagés avec l’ensemble des « cities » comparables mais l’écart est moins marqué, avec des poids moyens de respectivement 20 % et 17 %. Toutefois, des villes comme Séville en Espagne, La Haye et Rotterdam aux Pays-Bas ou encore Dublin en Irlande concentrent, elles, plus de 30 % d’emplois publics. À l’opposé, les « cities » allemandes sont globalement celles dont la part d’emplois dans le secteur public est la plus faible, comme Francfort ou Düsseldorf avec une part autour de 20 %.

À Toulouse, la moitié des emplois dans le secteur public et le commerce

Figure3 – Structure de l'emploi par secteur d'activités

%
Structure de l'emploi par secteur d'activités
Secteur public Commerce Act. spécial.** Industrie Construction Art et spectacles Inf.& comm.* Finances Immobilier Agriculture
Séville 44,5 19,5 14,3 5,1 5,3 4,1 2,2 1,9 1,0 2,1
Bordeaux 33,5 22,5 12,3 9,2 6,2 5,1 4,1 5,1 1,6 0,5
Toulouse 29,0 19,5 16,8 13,2 6,0 5,5 5,0 3,2 1,6 0,2
Lodz 28,0 21,7 11,3 22,9 3,6 2,1 3,4 4,9 2,0 0,1
Cracovie 27,3 23,6 12,3 15,1 8,0 2,3 4,9 4,8 1,6 0,1
Saragosse 26,1 27,6 13,8 11,0 6,9 5,3 1,7 5,5 1,6 0,6
Francfort 17,6 25,3 22,7 6,2 2,7 5,0 5,7 12,4 2,2 0,1
  • *information et communication
  • **activités spécialisées, scientifiques et techniques ; services administratifs ou de soutien
  • Source : Eurostat, audit urbain, 2007-2012

Figure3 – Structure de l'emploi par secteur d'activités

La « city » toulousaine se distingue aussi par un poids relativement important de l’industrie, avec 13 % des emplois, soit 5 points de plus que la moyenne des cities européennes de tailles comparables. Elle se situe néanmoins en deçà de grandes villes industrielles européennes comme Brème avec Mercedes, Turin (Italie) avec Fiat, Genève (Suisse) avec la métallurgie et la chimie qui avoisinent toutes les 20 %. Celle de Lodz, forte du renouveau de ses productions textiles et vestimentaires, notamment, franchit même ce seuil avec une part de 23 %. En revanche, quelques villes au lourd passé industriel comme Dublin (Irlande), Manchester (Royaume-Uni) ou Valence (Espagne) se distinguent aujourd’hui par moins de 5 % de l’emploi dans l’industrie.

Une autre spécificité de la « city » toulousaine est le développement des emplois dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, services administratifs ou de soutien, ainsi que dans l’information et communication. Ces deux secteurs regroupent en effet respectivement 17 % et 5 % des emplois, alors que leur part n’est que de 13 % et 3 % en moyenne pour les « cities » européennes de tailles comparables. La part des emplois dans l’art, le spectacle et les activités récréatives est, elle aussi, plus élevée (6 % contre 4 %), toutes caractéristiques qui confirment son rôle de métropole régionale. Toulouse tire bien sûr profit du poids de l’industrie aéronautique et spatiale et de son effet d’entraînement sur l’économie.

Une tête bien pleine dans un corps sain

En France, seuls les théâtres répertoriés par le CNT (Centre National du Théâtre) sont comptabilisés dans l’audit urbain européen, contrairement aux autres pays qui ne disposent pas d’un tel organisme et pour lesquels la notion de théâtre est élargie à tout lieu permettant la représentation d’une pièce. Comparées aux autres villes européennes, avec 9 théâtres soit 0,1 théâtre pour 10 000 habitants, Toulouse souffre donc d’un sous-équipement apparent. La moyenne européenne s’élève en effet à 12 théâtres par « city », soit 0,2 théâtre pour 10 000 habitants. Lisbonne (Portugal) ou Stockholm (Suède) sont particulièrement bien dotées disposant respectivement de 49 et 45 théâtres, soit 0,9 et 0,6 théâtre pour 10 000 habitants. Le cinéma souffre d’un même sous-équipement tout autant apparent. La géographie des cinémas dans la « city » de Toulouse disperse les établissements (souvent des multiplex qui concentrent nombre de places) au-delà du contour de Toulouse Métropole. Ainsi les habitants de Toulouse ne disposent que de 15 places pour 1 000 habitants, quand Poznan (Pologne) ou Malaga (Espagne) en offrent plus du double. La moyenne des places pour 1 000 habitants des « cities » européennes comparables s’élève à 18 et celle des autres villes françaises se hisse à 21. Par contre, les Toulousains peuvent fréquenter 53 bibliothèques, ce qui est bien au-delà de la moyenne européenne fixée à 37,5. Les « cities » les mieux équipées en bibliothèques sont les villes où les universités sont très développées, et où donc les étudiants sont très consommateurs. C’est le cas de Lodz (70 bibliothèques), Essen (Allemagne) et bien sûr Toulouse. La culture physique vient harmonieusement compléter les nourritures de l’esprit. Toulouse compte 30 piscines quand la moyenne européenne de la strate se situe à la moitié. Le climat et le tourisme n’y sont pas pour rien, tout comme une approche culturelle différente des loisirs nautiques selon les pays. Ainsi les « cities » allemandes disposent de moitié moins d’établissements que les françaises, mais privilégient la natation en milieu naturel qui n’entre pas dans le champ de l’enquête audit urbain. Toulouse dispose de 0,4 piscine pour 10 000 habitants, comme ses homologues françaises, alors qu’au plan européen, cette moyenne tombe à 0,2. Ce n’est là ni une question de proximité avec la mer ni de climat, il n’y a pas plus de piscine dans les « cities » au climat plus chaud, et pas moins à proximité d’un quelconque littoral. Toulouse dispose donc d’un équipement culturel et sportif qui soutient la comparaison avec les autres villes européennes de la strate de population et qui complète l’éclairage des dimensions du bien vivre à Toulouse pour ses habitants.

Toulouse la jeune

Avec un âge médian de 34 ans contre près de 40 ans dans les « cities » européennes, la population de Toulouse est jeune. Sans surprise, vu son statut de grande ville universitaire, Toulouse compte 27,3 % d’habitants de 20 à 34 ans en 2011 (23,1 % dans les autres « cities »). Cette proportion rapproche Toulouse d’Amsterdam (Pays-Bas), Oslo (Norvège), Göteborg (Suède) ou encore Glasgow (Écosse), mais l’éloigne de Lodz. La part des moins de 20 ans y est aussi plus élevée : 23,1 % contre 19,1 %. En revanche, celle des 35-54 ans est assez basse (26,0 %) au regard des autres villes européennes (28,2 %). Ce constat traduit des trajectoires résidentielles différenciées liées à la vie familiale et professionnelle. À l’image des autres grandes villes françaises, les candidats à l’accession à la propriété s’éloignent de Toulouse pour n’y revenir qu’en partie et beaucoup plus tard. Ainsi, la part des 55-64 ans y est plus faible que la moyenne européenne (10,5 % contre 11,7 %), mais cet écart est encore plus sensible dans la classe d’âge des 65 ans ou plus (13,5 % contre 17,4 %). Comme ailleurs, en Europe, la classe d’âge des 65 ans ou plus est plus importante que celle des 55-64 ans. Il existe à cela une multitude d’explications, dont notamment, l’âge s’élevant, le retour vers les villes, mieux adaptées et mieux équipées pour accueillir une population vieillissante.

En plus d’être jeune, Toulouse est une ville où les étrangers sont moins nombreux que dans le reste des « cities » européennes. En effet, si 7,3 % d’étrangers vivent à Toulouse, ils sont en moyenne 9,3 % dans les « cities » d’Europe. En Allemagne, la proportion d’étrangers atteint 22 % à Stuttgart, 21 % à Francfort, 18 % à Nuremberg et 17 % à Düsseldorf. À l’opposé, les « cities » polonaises ont moins de 1 % d’étrangers. Autre éclairage en matière de conditions de vie, Toulouse est une « city » où le nombre de meurtres et de morts violentes pour 10 000 habitants est l’un des plus faibles : 0,2 pour 10 000 habitants, contre 0,3 pour l’ensemble des « cities » européennes.

Au regard de ces différentes approches de la qualité de vie, Toulouse mérite sans doute, en dehors de celle liée à sa brique de terre cuite, sa qualification de ville rose.

Encadré

Les « cities » européennes

Élaboré au plan européen, l’enquête audit urbain fournit tous les ans, sous la forme d’environ 80 indicateurs, des informations sur plusieurs aspects qui régissent en partie les conditions de vie des habitants de 900 villes européennes (figure 4), le terme « ville » ne correspondant pas ici à la commune. Une collecte dite « exhaustive » est réalisée tous les cinq ans et portent sur environ 190 indicateurs. Une telle collecte a été réalisée en 2013 et rassemble des données collectées entre 2007 et 2012 selon les villes. Dans le cadre de cette étude, une cinquantaine d’indicateurs parmi les plus pertinents ont été retenus.

Figure4 – Répartition des villes de l'audit urbain par classe de taille*

Répartition des villes de l'audit urbain par classe de taille*
Nombre de villes
Europe France Midi-Pyrénées
Moins de 100 000 habitants 308 40 2
De 100 000 à 250 000 409 51 0
De 250 000 à 500 000 122 15 0
De 500 000 à 1 000 000 44 4 1
1 000 000 ou plus 21 4 0
Ensemble 904 114 3
  • * en gras : strate d'appartenance de Toulouse Métropole
  • Source : Eurostat, audit urbain, 2007-2012

L’audit urbain 2013 s’appuie sur deux définitions des villes européennes, élaborées en 2011. Une est essentiellement morphologique (les « cities ») et une fonctionnelle (les « Large Urban Zones » ou LUZ). La construction des « cities », concept retenu dans cette étude, suit quatre étapes et repose sur la présence d’un « centre urbain » constitué d’un ensemble de cellules (« carreaux ») densément peuplées.

La brique de base est une grille de carreaux de 1 km² en général (mais de 200 m² en France, où l’on utilise, par ailleurs, une méthode de lissage consistant à prendre en compte les carreaux voisins pour estimer la population de chacun des carreaux). Tous les carreaux dont la densité est supérieure à 1 500 habitants au km² sont sélectionnés.

Les carreaux contigus de forte densité sont regroupés, en incluant ceux moins denses enclavés dans la zone. Toutefois, ne sont retenus au final que les ensembles d’au moins 50 000 habitants, considérés comme des « centres urbains ».

Toutes les communes dont au moins la moitié de la population est située dans un centre urbain sont retenues comme candidates à leur intégration à la ville.

La ville est définie en veillant au respect des trois critères suivants :

- elle exerce une fonction politique de gouvernance locale ;

- au moins 50 % de la population vit dans un « centre urbain » ;

- au moins 75 % de la population du centre urbain vit dans une ville.

En France, les « villes » de l’audit urbain sont des Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Ont été retenus les EPCI dont au moins une commune est « urbaine » (la moitié de sa population résidant dans un « centre urbain »). Ce sont 114 EPCI qui ont ainsi été sélectionnées, dont celle de Toulouse.

Pour en savoir plus

« Les modes de vie dans les villes européennes » dans « La France et ses territoires –

édition 2015 », Insee Références, avril 2015