Filière aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest : Une chaîne d'approvisionnement fortement dépendante

David Lupot

Dans le Grand Sud-Ouest, les entreprises de la chaîne d’approvisionnement de la filière aéronautique et spatiale réalisent 81 % de leur activité pour la construction aéronautique et spatiale en 2012. Si cette dépendance s’est globalement accrue entre 2008 et 2012, travailler sur la réalisation de systèmes embarqués, sur des programmes militaires ou directement avec les constructeurs ou motoristes permet de diversifier plus rapidement son activité vers d’autres secteurs.

En 2012, les commandes aéronautiques et spatiales proviennent majoritairement du Grand Sud-Ouest. Entre 2008 et 2012, les entreprises industrielles de la chaîne d’approvisionnement ont toutefois diversifié leur clientèle vers d’autres régions en France et à l’’étranger. À l’inverse, la part des commandes du Grand Sud-Ouest a augmenté dans l’ingénierie. Les chefs d’entreprise de la «supply chain » manifestent, dans l’ensemble, peu d’intérêt à se développer à l’export. Toutefois, les compétences technologiques acquises sur les systèmes embarqués » favorisent la recherche de débouchés à l’international.

La construction aéronautique et spatiale est un des secteurs dont l’activité est la plus dynamique sur la période récente marquée par la grande crise de 2008-2009. Cette croissance tient en particulier au développement important du trafic aérien international, notamment dans la zone Asie-Pacifique, qui booste la demande des compagnies aériennes.

figure 1 – Les grandes entreprises industrielles et de l'ingénierie sont fortement dépendantes

en %
Les grandes entreprises industrielles et de l'ingénierie sont fortement dépendantes
Ensemble 250 salariés ou plus De 10 à 249 salariés Moins de 10 salariés
Ensemble de la supply-chain 81 86 73 74
Ingénierie 80 88 68 55
Industrie 84 89 75 83
  • Champ: Entreprises de la chaîne d'approvisionnement ("supply-chain") de filière aéronautique et spatial
  • Source: Insee, Enquête 2013 sur la filière Aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest

figure 1 – Les grandes entreprises industrielles et de l'ingénierie sont fortement dépendantesPoids du chiffre d’affaire lié à l’aéronautique et le spatial dans le chiffre d’affaire total par secteur en 2012

En 2012, l’activité des entreprises de la « supply chain » aéronautique et spatiale (AS), hormis celles travaillant exclusivement pour le spatial, dans le Grand Sud-Ouest dépend à 81 % des commandes pour la construction aéronautique et spatiale. Les grandes entreprises de 250 salariés ou plus, dans l'industrie comme dans l'ingénierie, sont les plus dépendantes (figure 1). Une entreprise sur quatre en dépend totalement et près d’une sur deux lui est liée à plus de 80 % (figure 2).

figure 2 – Une entreprise sur quatre est totalement liée à l'activité aéronautique et spatiale en 2012 - Effectifs salariés, chiffre d'affaires et évolution 2012/2011 selon le degré de dépendance au secteur aéronautique

Une entreprise sur quatre est totalement liée à l'activité aéronautique et spatiale en 2012 - Effectifs salariés, chiffre d'affaires et évolution 2012/2011 selon le degré de dépendance au secteur aéronautique
Part du CA* total lié au secteur AS (en %) Nombre d'entreprises Effectifs salariés au 31/12/2012 CA* lié au secteur AS (millions d' €) Évolution 2012/2011 en % Poids du CA* AS** dans le CA* total en %
AS** Hors AS** CA* total
moins de 10 72 3097 11 -13,4 -1,8 -2,2 3
de 10 à moins de 25 95 5414 101 10,9 1,2 2,5 15
de 25 à moins de 50 165 6224 369 20,3 2,2 8 36
de 50 à moins de 80 203 17514 1311 9,6 4,4 7,8 67
de 80 à moins de 90 78 6420 686 1,3 6,3 2 84
de 90 à moins de 100 123 12992 1706 18,8 -3,1 17,9 97
100 243 29377 6295 11,9 /// 11,7 100
Grand Sud-Ouest 979 81038 10478 12,1 1,7 9,9 81
  • Champ: chaîne d'approvisionnement de la construction aéronautique et spatiale hors les entreprises totalement liées au spatial
  • *CA: Chiffre d'affaires, **AS : Aéronautique et spatial
  • /// : sans objet
  • Source: Insee, Enquête 2013 sur la filière Aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest

Cette concentration de l’activité sur la construction aéronautique et spatiale s’accroît également selon la position des entreprises dans la filière et leur proximité avec les constructeurs et les motoristes. Ainsi, les entreprises de rang 1, en relation directe avec les constructeurs et motoristes, sont bien plus dépendantes (83 %) que les autres (42 %). Le type de marché, civil ou militaire, et les produits fabriqués influent aussi sur la dépendance au secteur AS (figure 3). Les entreprises de la chaîne d’approvisionnement du Grand Sud-Ouest travaillant sur un programme militaire sont davantage liées (85 %) que celles uniquement positionnées sur des marchés civils (70 %). Enfin, une dépendance accrue concerne aussi dans une moindre mesure les entreprises réalisant des systèmes embarqués (84 % contre 80 % pour les autres) en particulier celles de la fabrication d’équipements électriques et électroniques.

figure 3 – Les entreprises les plus liées à l’aéronautique et le spatial sont aussi les plus conquérantes sur d’autres marchés - Chiffre d'affaires et évolution 2012/2011 selon l'appartenance à certains segments

Les entreprises les plus liées à l’aéronautique et le spatial sont aussi les plus conquérantes sur d’autres marchés - Chiffre d'affaires et évolution 2012/2011 selon l'appartenance à certains segments
Caractéristiques Nombre d'entreprises Évolution 2012/2011 du chiffre d'affaires en % Poids du CA* AS** dans le CA total en %
AS* Hors AS** Total
Supply chain Ensemble 979 12,1 1,7 9,9 81
Activité de rang 1 Oui 760 12 2,6 10,3 83
Non 219 15,7 -4,7 2,8 42
Activité sur des programmes militaires Oui 448 12,1 2,1 10,4 85
Non 531 12,2 1 8,5 70
Activité sur des systèmes embarqués Oui 159 12,3 3,7 10,8 84
Non 820 12 1 9,6 80
  • *CA: Chiffre d'affaires, **AS: Aéronautique et spatial
  • Source: Insee, Enquête 2013 sur la filière Aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest

Travailler sur la réalisation de systèmes embarqués, sur des programmes militaires ou directement avec des constructeurs ou des motoristes permet de bénéficier non seulement d’une croissance robuste des commandes aéronautiques et spatiales, mais également d’une augmentation de l’activité sur d’autres marchés (figure 3). Cette diversification sectorielle de l'activité entre 2011 et 2012 est particulièrement visible chez les entreprises de rang 1, dont le chiffre d’affaires hors AS augmente de 2,6 % alors qu’il baisse de 4,7 % chez les autres. Elle s'observe également pour les entreprises travaillant sur des programmes militaires ou dans les secteurs phares du domaine des systèmes embarqués.

Une hausse de la dépendance liée à une éviction des autres marchés

Entre 2011 et 2012, la part du chiffre d'affaires total liée à la construction aéronautique et spatiale augmente pour un tiers des entreprises de la « supply chain ». Pour la plupart de ces entreprises (74 %), cette concentration s’accompagne d’une baisse de leur activité sur d'autres marchés. Cet effet d'éviction est particulièrement visible pour les moyennes entreprises de la métallurgie (50 salariés ou plus), dans l'ingénierie et la maintenance. Seul un quart des entreprises profitent probablement du dynamisme de la construction aéronautique et spatiale pour accroître également leur part de marché sur d’autres secteurs. C'est notamment le cas des fournisseurs d'équipements électriques et électroniques, des sociétés informatiques et des petites entreprises de la métallurgie (moins de 20 salariés).

Des entreprises dépendantes avec un faible pouvoir de négociation

La prédominance du donneur d'ordre se manifeste également dans la relation contractuelle où les conditions appliquées sont rarement celles du fournisseur. En effet, 64 % des chefs d'entreprises de la « supply chain » estiment que les conditions contractuelles sont celles du donneur d'ordre, alors que 35 % les jugent bien équilibrées. Plus la taille de l'entreprise est importante, plus l’équilibre des relations s’améliore, tout en restant principalement en faveur du donneur d’ordre. Travailler pour le secteur de la défense ou sur la réalisation de systèmes embarqués renforce la prédominance du donneur d’ordre dans les conditions contractuelles, que l’on travaille en direct ou pas avec un constructeur ou motoriste. La relation est jugée majoritairement équilibrée pour les entreprises détentrices d’un savoir-faire pointu, comme les fournisseurs de composants ou les équipementiers. Sinon, ce sont les conditions du donneur d’ordre qui dominent, notamment pour les sous-traitants d’études, les sociétés d’ingénierie et les systémiers-intégrateurs.

Une dépendance qui s’accentue entre 2008 et 2012

Le nombre d'entreprises industrielles et d'ingénierie qui constituent la « supply chain » aéronautique et spatiale du Grand Sud-Ouest est globalement stable entre 2008 et 2012 (figure 4). Dans le même temps, les commandes du secteur AS se développent nettement plus rapidement que celles provenant d’autres marchés. La dépendance à l’activité aéronautique et spatiale s’est ainsi accrue entre 2008 et 2012, passant de 81 % à 83 % dans l’industrie et l’ingénierie réunies. Dans l’industrie, cette dépendance accrue est particulièrement forte dans le secteur de la métallurgie, alors qu’elle s’affaiblit dans celui de la fabrication d’équipements électriques et électroniques.

figure 4 – Hausse modérée de la dépendance à l'activité aéronatique et spatiale depuis 2008 - Chiffres d'affaires et évolution 2012/2008 selon le secteur dans le Grand Sud-Ouest

Hausse modérée de la dépendance à l'activité aéronatique et spatiale depuis 2008 - Chiffres d'affaires et évolution 2012/2008 selon le secteur dans le Grand Sud-Ouest
Nombre d'unités CA* 2012 (en million d'euros) Évolution du CA 2012/2008 (en %) Poids du CA* AS** dans le CA* total (%)
2008 2012 AS** AM*** AS** AM*** Total 2008 2012
Industrie 635 650 7362 1 467 27,8 13,0 25,1 82 83
Fabrication d'équipements électriques et électroniques 118 102 2198 627 24,8 40,9 28,1 80 78
Construction aéronautique et spatiale 45 58 2276 56 6,7 19,9 7,0 98 98
Métallurgie 325 369 1902 376 48,6 6,5 39,5 78 84
Maintenance 70 72 786 115 ns ns ns ns 87
Fabrication d'autres produits industriels 77 49 201 294 -51,7 -24,6 -38,6 52 41
Ingénierie et aures activités 253 194 1935 461 58,6 43,9 55,6 79 81
Ensemble 888 844 9297 1 929 33,2 19,2 30,5 81 83
  • Champ : Industrie et ingénierie / *CA: Chiffre d'affaires **AS: Aéronautique et spatial, **AM: Autres Marchés / ns: non significatif
  • Source: Insee, Enquête 2013 sur la filière Aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest et Enquête Aéronautique-Espace 2009

Par ailleurs, l’activité des fabricants d'autres produits industriels, plus éloignée du cœur de la filière AS, fléchit tant sur le marché aéronautique et spatial qu’en dehors. L’ingénierie diversifie un peu plus son activité que l’industrie, mais sa présence sur d’autres marchés reste néanmoins marginale.

Un ancrage local important

En 2012, deux tiers des entreprises de la chaîne d'approvisionnement aéronautique et spatiale du Grand Sud-Ouest sont situés dans les zones d'emploi des deux métropoles régionales. La présence de constructeurs aéronautiques comme Airbus et ATR dans la zone d’emploi de Toulouse et de Dassault Aviation dans celle de Bordeaux explique la concentration géographique de la « supply chain ». Ces deux zones d'emplois concentrent logiquement 76 % de l'effectif salarié de l'ensemble de la « supply chain » dans le Grand Sud-Ouest. Les entreprises de services spécialisés sont davantage concentrées autour des constructeurs aéronautiques et spatiaux que les entreprises industrielles (respectivement 95 % et 74 %). La dépendance au secteur AS atteint 82 % pour les entreprises des zones d’emploi de Toulouse et Bordeaux, contre 78 % pour les autres. Dans les services spécialisés, la concentration géographique est aussi importante dans l'informatique que dans l'ingénierie. Dans l'industrie, la maintenance est nettement plus concentrée géographiquement (85 %) que dans les autres secteurs (autour de 74 %).

Les constructeurs et motoristes de la filière AS sont également localisés dans d’autres zones d’emploi du Grand Sud-Ouest, comme Turbomeca à Bayonne et Pau. Pour une entreprise de la « supply chain », le fait d’être implantée dans ces zones d’emplois augmente considérablement la part des commandes en provenance du Grand Sud-Ouest. Ainsi, 57 % des commandes proviennent du Grand Sud-Ouest pour ces entreprises, contre 43 % pour les autres. Cette différence se vérifie également dans l’industrie (+ 7 points), à l’inverse des services spécialisés (- 9 points). Dans l’industrie, c’est notamment le cas du secteur de la fabrication d'équipements électriques et électroniques et de celui de la fabrication d’aérostructures. Le secteur de la maintenance tire profit de ses compétences reconnues auprès des constructeurs, motoristes et compagnies aériennes pour se diversifier à l’étranger et dans les autres régions de France.

Une diversification géographique en hausse entre 2008 et 2012

Entre 2008 et 2012, la part des commandes provenant du Grand Sud-Ouest diminue dans l’activité globale de la « supply chain » aéronautique et spatiale. Elle s'est réduite pour l’ensemble de l'industrie (- 20 %) mais augmente dans l’ingénierie (+ 4 %) (figure 5). Dans l'ensemble de l'industrie, cette baisse se compense par une hausse conjointe des commandes provenant des autres régions de France et de l'étranger. Toutefois, pour les fabricants d’aérostructures, seule la part des commandes étrangères prend de l’ampleur. Dans l’industrie, les fabricants d’équipements électriques et électroniques internationalisent leur clientèle alors que les métallurgistes privilégient, pour notamment des raisons de coût d’acheminement, une clientèle nationale.

figure 5 – Entre 2008 et 2012, l'ancrage local diminue dans l'industrie à l'inverse de l'ingénierie

Entre 2008 et 2012, l'ancrage local diminue dans l'industrie à l'inverse de l'ingénierie
Grand Sud-Ouest Autres régions de France Etranger
Industrie (2008) 67,2 14,9 17,9
Industrie (2012) 47,1 19,7 33,2
Ingénierie et autres activités (2008) 66,3 9,2 24,5
Ingénierie et autres activités (2012) 71,1 17,5 11,4
Activité Systèmes embarqués (2008) 72,3 13,1 14,6
Activité Systèmes embarqués (2012) 54,3 14 31,7
Ensemble de la supply chain (2008) 66,9 13,3 19,8
Ensemble de la supply chain (2012) 52,1 19,2 28,7
  • Source: Insee, Enquête 2013 sur la filière Aéronautique et spatiale et Enquête Aéronautique-Espace 2009, dans le Grand Sud-Ouest

figure 5 – Entre 2008 et 2012, l'ancrage local diminue dans l'industrie à l'inverse de l'ingénierie Origine géographique des commandes en % du chiffre d'affaires 2008 et 2012

Les stratégies d’ouverture à l’export se concrétisent par des projets d’implantation

En 2012, les chefs d'entreprise de la « supply chain » manifestent, dans l’ensemble, peu d'intérêt à l'ouverture à l'international. Toutefois, travailler pour la défense, ou directement avec des constructeurs ou des motoristes (rang 1) ou encore sur la réalisation de systèmes embarqués favorise nettement l'ouverture à l'exportation et la recherche de nouveaux clients au sein de la filière AS (figure 6).

figure 6 – Travailler sur certains segments favorise l'ouverture à l'international

Degré d'importance* (en point)
Travailler sur certains segments favorise l'ouverture à l'international
Ouverture à l'exportation Nouveaux clients AS* Nouveaux clients Hors AS
Ensemble de la supply chain -0,2 1,1 0,9
Activité sur des programmes militaires - oui 0,2 1,3 0,8
Activité sur des programmes militaires - non -0,5 0,9 1
Activité de rang 1 - oui 0,1 1,2 0,9
Activité de rang 1 - non -1 0,7 0,9
Activité sur des systèmes embarqués - oui 0,7 1,6 1,4
Activité sur des systèmes embarqués - non -0,4 1 0,8
  • * Degré d'importance : score moyen des réponses fournies par les chefs d'entreprises : Très faible (-3), Faible (-1), Moyen (0), Fort (1), Très fort (3)
  • * AS : aéronautique et spatial
  • Source: Insee, Enquête 2013 sur la filière Aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest

figure 6 – Travailler sur certains segments favorise l'ouverture à l'international

Les chefs d’entreprise adeptes d’une stratégie d’ouverture à l’international sont moins présents dans l’industrie (34 %) que dans les services spécialisés (53 %). Dans l’industrie, ils se trouvent essentiellement chez les fabricants d’équipements électriques et électroniques (61 %) et les fabricants d’aérostructures (50 %). Dans les services spécialisés, ils sont aussi présents dans l’ingénierie que dans les activités informatiques.

En 2013, 43 % des chefs d'entreprise ayant déclaré un fort ou très fort intérêt à l'ouverture à l’international ont au moins un projet d'implantation (en France ou à l'étranger). Lorsque l’intérêt pour l’exportation est plus faible, seulement 21 % des dirigeants envisagent une nouvelle implantation. La France reste pour tous la principale zone des projets d'implantation, mais elle est logiquement moins prioritaire pour les entreprises ouvertes à l'international (47 %) que pour l'ensemble des entreprises ayant des projets de développement (60 %). Afin de se rapprocher de leurs clients, les fabricants d’aérostructures, les fabricants d’équipement électriques et électroniques et les fabricants d’autres produits industriels envisagent de s’implanter en Amérique du Nord et en zone Asie-Pacifique. Les sociétés d'ingénierie cibleraient la zone des principaux partenaires européens (Allemagne, Espagne, Italie). Répondants aux commandes des compagnies aériennes, les entreprises de la maintenance envisagent de s'implanter dans des zones plus vastes.ractéristiques des entreprises les plus dépendantes

Encadrés

Caracréristiques des entreprises les plus dépendantes

Près d'une entreprise sur deux de la « supply chain » (hormis celles travaillant exclusivement pour le spatial et exclues du champ de l'étude) a une part du chiffre d'affaires total lié à l'aéronautique et au spatial dépassant 80 % en 2012 (figure 2). Ces entreprises, très dépendantes du secteur de la construction aéronautique et spatiale, contribuent fortement (10,1 points) à la hausse de 12,1 % de l'activité dans l'ensemble de la « supply chain ». Elles sont très fréquemment dans le noyau de la filière, constitué des fabricants d'aérostructures classés dans le secteur « construction aéronautique et spatiale » (91 % des entreprises) et leur proportion diminue lorsqu'on s'en éloigne. Elles sont plus souvent présentes dans l'industrie (67 %) que dans les services spécialisés (27 %). Dans l'industrie, elles se trouvent essentiellement parmi les métallurgistes et les fabricants d'aérostructures. Dans les services spécialisés, elles sont plus souvent dans l'ingénierie (24 %) que dans l'informatique (3 %). Les principales fonctions exercées par ces entreprises sont celles de sous-traitants de fabrication (46 %) et de fournisseurs de services (25 %). Comme l'ensemble de la « supply chain », cette sous-population entretient des liens de proximité avec les constructeurs et motoristes et travaillent plus souvent sur des programmes militaires. Ainsi, 83 % d'entre elles sont de rang 1 (contre 72 % pour les autres entreprises de la « supply chain ») et 60 % travaillent pour le secteur de la défense (contre 35 % pour les autres). En revanche, l'activité « systèmes embarqués » est un peu moins développée par ces entreprises : 13 % d'entre elles y consacrent une partie de leur activité contre 18 % pour les autres.

L’évolution des stratégies entre 2009 et 2013

En 2013, les entreprises de la chaîne d'approvisionnement privilégient toujours la recherche de nouveaux clients dans la filière aéronautique et spatiale ou en dehors. Depuis 2008, cette recherche s'est toutefois atténuée chez les industriels, alors que les sociétés d'ingénierie sont davantage attirées par la recherche de nouveaux clients en dehors du secteur aéronautique et spatial. L'observation des stratégies de développement de la chaîne d'approvisionnement en 2009 puis en 2013 indique, suite à la crise financière, une montée des préoccupations autour de la structuration financière de l'entreprise au détriment du développement de nouveaux produits. Seuls les fabricants d'aérostructures semblent échapper à cette question et sont plus nombreux à rechercher des partenariats.

Définitions

La filière aéronautique et spatiale regroupe les entreprises dont l'activité concourt in fine à la construction d'aéronefs, d'astronefs ou de leurs moteurs, quel que soit leur usage (civil ou militaire). Les aéronefs (avions, hélicoptères, planeurs, ULM, dirigeables, drones) et leurs moteurs sont les produits finaux de la filière aéronautique. Les astronefs (lanceurs et véhicules spatiaux, satellites, sondes, missiles balistiques intercontinentaux) et leurs moteurs sont les produits finaux de la filière spatiale. La filière recouvre les activités d'études, de conception, de fabrication, de commercialisation ou de certification de pièces, de sous-ensembles, d'équipements, de systèmes embarqués, d'outils matériels et logiciels spécifiques à la construction aéronautique et spatiale. Elle comprend également les activités de maintenance "lourdes" en condition opérationnelle des aéronefs qui impliquent leur mise hors service sur longue période.

L'étude porte sur une partie importante de la filière aéronautique et spatiale : sa chaîne d'approvisionnement ou « supply chain ». Elle exploite les résultats issus de l'enquête sur la filière aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest (FAS-GSO) réalisée par l'Insee en 2013. Sont exclues les entreprises (une trentaine) ne travaillant que pour la filière spatiale.

En raison de leur importance sans commune mesure de leur poids économique, les constructeurs aéronautiques, les maîtres d'œuvre du spatial et les motoristes ne font pas partie de l'exploitation de l'étude. À l'autre extrémité, compte tenu de leur faible poids, les nombreuses petites entreprises très peu impliquées dans la filière (410 entreprises de moins de 10 salariés pesant moins de 1 % du chiffre d’affaires total de la « supply chain ») ne sont pas non plus retenues dans le champ de l’étude

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