Charente-Maritime : hausse des défaillances d'entreprises

Didier Lampin et Valérie Baltz (Insee)

L’emploi salarié marchand diminue en 2014. Par suite, le chômage augmente, tout comme le nombre de demandeurs d’emploi. La création d’entreprises a diminué tandis que les défaillances ont augmenté. La construction de logement s’est une nouvelle fois repliée. L’activité du secteur hôtelier a été mitigée, les hôtels ont perdu de la clientèle tandis que les campings en ont gagné.

Baisse de l’emploi salarié marchand non agricole

Comme en 2013 (-1,3 %), l’emploi salarié marchand non agricole en Charente-Maritime a chuté de 1,4 % en 2014.  L’évolution est similaire à celle du niveau régional (-1,5 %). Hormis le commerce, les autres grands secteurs d’activité enregistrent sur l’année 2014 des baisses d’effectif salarié.

En 2014, les activités commerciales ont créé des postes nets (+0,2 %) contrairement à 2013 (-0,3 %). Le nombre d’emplois créés reste toutefois modeste, une soixantaine. L’effectif dans la construction a continué à se restreindre. En 2013, le secteur avait cédé 4,8 % de l’effectif salarié, le rythme de 2014 s’est amplifié (-5,3 %). Les pertes concernent tous les trimestres (respectivement : -0,2 %, -1,2 %, -1,8 %, -1,8 %) avec une accélération en fin d’année. Après -2,4 % en 2013 l’industrie continue de perdre des emplois (-2,0 %) en 2014 (figure 1) .

figure_1 – Évolution trimestrielle de l’emploi salarié des secteurs principalement marchands

  • Note : données CVS.
  • Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs.
  • Source : Insee, estimation d’emploi.

Les services marchands hors intérim n’ont pas créé d’emploi, les effectifs diminuent de 0,9 % (après -0,7 % en 2013). Au 2e trimestre les effectifs ont progressé (+0,5 %) mais pas assez pour inverser la tendance. L’intérim créateur d‘emplois en 2013 (+3,9 %) a fortement fluctué durant 2014. Mais fin 2014, les effectifs du secteur avaient perdu 1,8 % par rapport à décembre 2013.

Le taux de chômage augmente de 0,5 point à 10,9 %

Dans la région, en 2013, la Charente-Maritime a été le seul département où le taux de chômage s’était accru (+0,1 point). En 2014, il progresse de +0,5 point. Fin 2014, 10,9 % des actifs sont au chômage. En 2014, après deux trimestres de stabilisation (respectivement : +0,0 point et -0,1 point), il s’est dégradé aux 3e et 4e trimestres (respectivement : +0,4 point et +0,2 point). Sur l’année, la progression est de 0,5 % (figure 2) . Si la Charente-Maritime possède le taux de chômage le plus important des départements de la région, cette dégradation sur 2014 se situe toutefois dans la moyenne régionale.

figure_2 – Le taux de chômage en Charente

  • Source : Insee, taux de chômage localisé.

Même progression de la demande d’emploi qu’au niveau régional

Avec une progression de 7,3 % en 2014, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B ou C s’est renforcé en 2014 par rapport à l’année précédente (+ 6,1 %). Cette année, la progression du département est équivalente celle observée dans la région (+7,4 %). Le chômage des seniors s’est accru de 10,3 %. La Charente-Maritime reste le département où la part des demandeurs d’emploi âgés de 50 ans et plus est la plus importante (24,3 %). La situation des jeunes de moins de 25 ans s’est aussi dégradée (+5,3 %). En Charente-Maritime comme en Charente, la part des jeunes reste cependant la plus faible, soit 16,5 %. En ne considérant que les demandeurs d’emploi ayant eu une activité réduite (catégorie A), la hausse atteint 6,0 % (+5,9 % en 2013), évolution légèrement moins appuyée qu’au niveau régional (+6,9 %).

Créations d’entreprises et défaillances en hausse

La création d’entreprises en Charente-Maritime diverge de la tendance des autres départements de la région. Les créations totales se sont développées (+1,0 %). Elles ont été portées par le régime de l’auto-entreprise (+3,5 %), la création d’entreprises classiques ayant stagné (sociétés : -0,1 %) ou reculé (entreprises individuelles : -5,4 %). Les défaillances d’entreprises ont considérablement augmenté (+12,2 %) alors qu’elles ont progressé de +2,8 % en Poitou-Charentes.

La construction de logements toujours en difficulté

Les autorisations de construire diminuent à nouveau en Charente-Maritime (-24,9 %) à un rythme comparable à celui de l’année précédente (-23,3 %). Le département avait échappé au ralentissement du secteur jusqu’en 2012. Il regroupe 35 % de la population régionale et enregistre la plus forte progression démographique de la région, environ 5 000 habitants de plus par an. De plus, l’attractivité touristique tendait à favoriser la construction de résidences secondaires. Le niveau atteint par les autorisations en 2014, est particulièrement peu élevé. Un niveau aussi faible n’avait jamais été observé depuis l’an 2000. En 2014, la baisse des autorisations concerne aussi bien les individuels purs (-24,3 %) que les logements individuels groupés (-33,4 %) et même les logements collectifs et en résidence (-20,7 %).

Les défaillances ont pour leur part reculé de 2,4 %.

La construction de logements toujours en difficulté

Les autorisations de construire diminuent à nouveau en Charente-Maritime (-24,9 %) à un rythme comparable à celui de l’année précédente (-23,3 %). Le département avait échappé au ralentissement du secteur jusqu’en 2012. Il regroupe 35 % de la population régionale et enregistre la plus forte progression démographique de la région, environ 5 000 habitants de plus par an. De plus, l’attractivité touristique tendait à favoriser la construction de résidences secondaires. Le niveau atteint par les autorisations en 2014, est particulièrement peu élevé. Un niveau aussi faible n’avait jamais été observé depuis l’an 2000. En 2014, la baisse des autorisations concerne aussi bien les individuels purs (-24,3 %) que les logements individuels groupés (-33,4 %) et même les logements collectifs et en résidence (-20,7 %).

Baisse de fréquentation dans les hôtels, hausse dans les campings

En Charente-Maritime, contrairement à 2013 où les nuitées hôtelières avaient progressé de 4,1 %, les hôtels enregistrent une baisse de fréquentation de 3,3 % en 2014. Cependant, les hôtels du département littoral détiennent toujours le plus fort taux d’occupation annuel de la région (53,7 % en 2014). La baisse de clientèle touche à la fois les Français (-2,9 %) et les Étrangers (-6,1 %).

La clientèle étrangère s’est aussi faite plus rare dans les structures de plein air (-1,0 %). Au niveau régional, seule la Charente-Maritime connaît une baisse des touristes étrangers dans les deux modes d’hébergement. Dans les campings, la saison [mai à septembre] a cependant été meilleure qu’en 2013 (+3,8 %) grâce aux campeurs français venus plus nombreux. La Charente-Maritime représente 92 % des nuitées de la région dans l’hôtellerie de plein air, ce qui constitue la cause exclusive des bons résultats régionaux de cette année.

Baisse du trafic portuaire suite à une année record

L’activité des ports de la région Poitou-Charentes recule de 3,3 % en 2014 après l’année record qu’a été 2013.

Le trafic du Grand Port Maritime de La Rochelle diminue de 3,1 % (à 9,4 millions de tonnes). La baisse des exportations de produits céréaliers au premier semestre 2014 n’a pas été compensée par la reprise de fin d’année. Les importations de produits pétroliers ont aussi baissé en volume (-7,1 %). Concernant les produits forestiers, leurs trafics restent pratiquement stables. Les vracs agricoles (tourteaux et engrais) font exception et progressent quant à eux de 5,8 %.

Le port de Tonnay-Charente enregistre aussi une diminution de trafic (-6,8 %) qui atteint 294 059 tonnes en 2014. Il en est de même du port de Rochefort qui baisse de 4,7 % à cause du déclin des importations. Elles représentent plus de 80 % de l’activité du port (engrais et bois sciés). La filière BTP n’étant pas dans une conjoncture économique favorable, les approvisionnements en provenance de l’étranger ont fléchi.

Hausse du nombre du RSA-activité

En 2014, en Charente-Maritime, 39 100 personnes sont bénéficiaires d’une allocation de minima sociaux. C’est 5,2 % de plus qu’en 2013. Le nombre d’allocataire du Revenu de Solidarité Active (RSA) est en augmentation (+6,3 %), notamment du RSA-activité (+13,7 %). Le nombre d’allocataire de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) est également à la hausse (+4,6 %), tout comme celui de l’Allocation aux AdultesHandicapés (AAH) (+3,2 %). Il est le second département de la région où la part d’allocataires parmi les 25-59 ans est la plus importante (13,2 %).

Pour en savoir plus

« Des difficultés accrues pour l’économie régionale en 2014 », Insee conjoncture Poitou-Charentes n° 5, mai 2015.

Baltz V., « Les situations de précarité persistent en Poitou-Charentes », Insee Analyses à paraître prochainement.