Parité en Limousin : des femmes plus diplômées mais des conditions d’emploi moins favorables

Nathalie Garçon, Insee Limousin

En Limousin, comme ailleurs, la réussite scolaire des filles ne se dément pas. Elles ont largement investi les bancs des universités et des écoles d’ingénieurs. Leur insertion dans la vie professionnelle est meilleure que celle de leurs aînées. Toutefois, la marche vers la parité s’assimile à une course de fond. Les écarts de salaire et de conditions d’emploi se réduisent lentement.

Des taux de réussite au baccalauréat supérieurs pour les filles

En 2013-2014, les filles sont aussi nombreuses que les garçons à se présenter au baccalauréat en Limousin. Comme au niveau national, elles réussissent mieux que les garçons : 91 % d’entre elles ont obtenu leur diplôme alors que le taux de réussite s’élève à 86 % pour les garçons. Ce différentiel a peu évolué depuis 2000

Figure 1 – L'écart filles-garçons a peu évolué depuis 2000 en Limousin

L'écart filles-garçons a peu évolué depuis 2000 en Limousin
Filles Garçons
2000-2001 80,9 76,1
2001-2002 81,2 76,1
2002-2003 81,9 77,2
2003-2004 82,3 78,5
2004-2005 83,4 79,8
2005-2006 84,7 81,3
2006-2007 84,7 81,3
2007-2008 85,5 81,9
2008-2009 86,7 83,6
2009-2010 87,1 84,3
2010-2011 87,5 84,1
2011-2012 87,9 83,7
2012-2013 88,8 84,7
2013-2014 90,7 86,6
  • Taux de réussite au baccalauréat selon l'année et le sexe en Limousin, en % (données lissées)
  • Source : Depp, Système éducatif français (MEN).

Figure 1 – L'écart filles-garçons a peu évolué depuis 2000 en Limousin

La moitié des filles passent un bac général, les garçons sont 40 % dans ce cas. En parallèle, 43 % des garçons passent un bac professionnel contre seulement 32 % des filles. Le bac technologique attire presque autant les garçons que les filles.

Le choix des filières reste très marqué par le genre

Globalement, entre 2000 et 2013, le nombre d’étudiants a crû de près de 10 %, celui des filles a progressé plus rapidement (+ 13 %) que celui des garçons (+ 6 %). La répartition des étudiants par filière témoigne de la persistance d’une certain nombre de stéréotypes. En 2013, les filles sont majoritaires dans les formations paramédicales et sociales, les formations littéraires et en médecine alors que les filières scientifiques continuent à être davantage prisées des garçons

Figure_2 – La part des filles progresse dans de nombreuses formations

  • Etudiants dans l'enseignement supérieur par formation ou type d'institution
  • Sources : MESR-DGESIP-DGRI-SIES ; MEN-MESR-DEPP.

De plus, la féminisation de ces trois spécialités de formation a progressé, au détriment des études de droit, d’économie et de sciences. Même si elles sont encore minoritaires en 2013, les filles s’orientent plus souvent que leurs aînées vers les classes préparatoires aux grandes écoles et les formations d’ingénieur.

Les jeunes femmes sont de plus en plus diplômées

Les filles obtiennent plus souvent un diplôme de l’enseignement supérieur que les garçons. Parmi les 25-34 ans, elles sont 46 % dans ce cas en 2011 contre seulement 33 % des garçons. Cet écart s’est creusé sur la période récente : il n’était que de sept points en 1999. En effet, la part des diplômés du supérieur augmente pour les deux sexes mais le nombre de filles a progressé plus vite que celui des garçons. Au niveau national, cet écart est un peu moins marqué, le taux de diplômés chez les garçons atteignant 39 %.

Logiquement, la hausse du niveau d’études chez les filles facilite leur accès à des emplois de techniciens et de cadres.

Figure 3 – Les jeunes femmes de plus en plus diplômées

Unité : %
Les jeunes femmes de plus en plus diplômées
Année Femmes Hommes
1990 16,5 12,7
1999 28,4 21,4
2006 41,2 30,0
2011 46,2 33,2
  • Evolution de la part de diplômés du supérieur (Bac+2) en % chez les 25-34 ans en Limousin
  • Champ : Population des ménages, individus de 25 à 34 ans, hors élèves et étudiants.
  • Source : Insee, recensements harmonisés de la population (exploitation au 1/4 pour 1990, exploitations complémentaires pour 1999, 2006, 2011) au lieu de résidence.

Figure 3 – Les jeunes femmes de plus en plus diplômées

Un resserrement des taux d’activité et de chômage

Cette élévation du niveau socioprofessionnel s’accompagne, de manière plus générale, d’une augmentation des taux d’activité féminins qui se rapprochent des taux masculins. Même si l’écart demeure quel que soit le niveau d’études, il est passé de onze points en 1999 à six points en 2011. Il se réduit avec le niveau de diplôme.

De même, les taux de chômage tendent à se rapprocher. L’élévation du niveau d’études des filles explique en partie ce constat. Malgré cela, le taux de chômage des femmes demeure supérieur à celui des hommes, même chez les plus diplômés. Il en va de même pour le chômage de longue durée.

Figure_4 – Un taux de chômage encore supérieur, même chez les plus diplômées

  • Évolution du taux de chômage chez les 25 - 54 ans en Limousin, par sexe
  • Champ : Population des ménages, individus de 25 ans à 54 ans, hors élèves et étudiants.
  • Source : Insee, recensements de la population au lieu de résidence.

Des temps de travail et des salaires qui pénalisent les femmes

Qu’il soit subi ou choisi, le travail à temps partiel reste l’apanage des femmes. La proportion de femmes travaillant à temps partiel ne diminue que lentement : d’un tiers en 1999, elle est passée à un quart en 2011 parmi les 25-54 ans, alors que seuls 5 % des hommes sont concernés. Le recours au temps partiel est plus fréquent chez les employés. C’est également dans cette catégorie que les différences de temps de travail entre hommes et femmes sont les plus marquées.

En revanche, la parité est quasiment atteinte en matière de contrat de travail pour les salariés de 25 à 54 ans en 2011 : 87 % des femmes et 91 % des hommes ont un contrat de travail à durée indéterminée.

Les inégalités de salaire persistent. Elles sont plus marquées chez les cadres et moins prégnantes chez les employés. Néanmoins, là aussi, les écarts de salaire tendent à diminuer : en 2000, le salaire annuel moyen par équivalent temps plein (EQTP) des hommes était supérieur de 17 % à celui des femmes. En 2010, l’écart est encore de 15 %.