L’impact des ménages auvergnats sur l’environnement

Marylène Gauvin, Insee

L’activité des ménages, comme celle des entreprises ou des administrations, est source de pressions sur l’environnement. De ce point de vue, les foyers auvergnats ont encore des efforts à produire, notamment pour tendre vers une consommation plus économe de la ressource en eau. Leurs déplacements, très émissifs en CO2 par kilomètre parcouru, soulèvent aussi des enjeux environnementaux importants. Dans d’autres domaines, des avancées sont à souligner. Les objectifs du Grenelle de l’environnement en matière de valorisation des déchets sont ainsi atteints ou en voie de l’être. En outre, en Auvergne, l’urbanisation induit une artificialisation des espaces plutôt modérée au regard des autres régions de province.

L’activité des ménages est source de pressions sur l’environnement, notamment à travers les prélèvements en eau, la production des déchets, l’artificialisation des espaces et les émissions de CO2 liés aux déplacements. Il ne s’agit, toutefois, que d’une partie des impacts des ménages sur leur environnement. En particulier, l’utilisation d’énergie pour le logement fera l’objet d’une étude ultérieure.

Des prélèvements d’eau à usage domestique plus élevés en Auvergne

L’eau est une ressource naturelle. Le niveau de son prélèvement est donc un indicateur de la pression de l’activité humaine sur l’environnement. En 2010, en Auvergne, le prélèvement en eau à usage domestique1 est de 90 m3 par habitant, soit une moyenne journalière de 247 litres. Cette quantité est légèrement supérieure à celle relevée en France métropolitaine (87 m3). Entre le volume d’eau produit et le volume distribué, il y a un écart qui correspond aux pertes du réseau et à une utilisation de l’eau pour l’entretien du réseau, l’essai de bornes incendie... Ainsi, en 2008, la consommation d’eau livrée et facturée aux abonnés domestiques auvergnats est de 60 m3 par habitant (165 litres en moyenne par jour), contre 56 m3 au niveau métropolitain. Ceci peut s’expliquer en partie par le prix de l’eau au robinet. Celui-ci étant structurellement plus faible en Auvergne, les ménages peuvent être amenés à se montrer moins attentifs à leur consommation. En 2008, le prix moyen de l’eau distribuée est de 2,76 € par m3 dans la région contre 3,41 € en France métropolitaine.

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Une valorisation des déchets en progrès

Les déchets ménagers et assimilés sont produits par les ménages mais aussi, pour environ 20 %, par des petites entreprises du commerce, des services et de l'artisanat (déchets de restauration, cartons, gravats, etc.). En 2011, le volume total de déchets ménagers collectés par habitant (y compris déposés en déchèteries) s’établit à 554 kg en Auvergne. Cette masse est constituée principalement des ordures ménagères résiduelles en mélange (258 kg), puis des apports en déchèteries (191 kg) et de la collecte sélective (105 kg). Celle-ci comprend, outre les collectes de verre et de matériaux secs, les déchets verts et les bio-déchets ainsi que les encombrants.

Figure 1 – Le tri sélectif et les apports en déchèteries progressent

en kg/hab
Le tri sélectif et les apports en déchèteries progressent
Quantités collectées d'ordure ménagères résiduelles en mélange Collecte sélective Quantités collectées en déchèteries
2005 349 81 152
2007 294 96 176
2009 268 92 183
2011 258 105 191
  • Source : SOeS d'après ADEME, Enquêtes Collecte.

Figure 1 – Le tri sélectif et les apports en déchèteries progressentRépartition des déchets ménagers et évolution par type en Auvergne

Entre 2005 et 2011, le volume moyen de déchets ménagers et assimilés collectés par Auvergnat a diminué de 5 %. Ceci est dû à la réduction des ordures ménagères résiduelles de 26 %, tandis que les apports en déchèteries et la collecte sélective ont progressé respectivement de 25 % et 29 %. Ces évolutions résultent des efforts des collectivités locales pour améliorer le service public de collecte et de ceux des ménages de plus en plus sensibilisés aux préoccupations environnementales, tandis que la réduction des déchets à la source est encouragée.

En 2005, 21 % des déchets ménagers et assimilés collectés en Auvergne étaient recyclés ou valorisés de façon organique (compostage). Depuis, ce taux a progressé pour atteindre 37 % en 2011 (40 % en France métropolitaine), deux points de plus que l’objectif fixé par le Grenelle de l’environnement pour 2012. La valorisation des déchets devra encore augmenter pour atteindre la cible de 45 % pour 2015.

Une artificialisation modérée des espaces

La construction de logements, la création de zones d’activité et d’infrastructures constituent autant de pressions sur les espaces agricoles et naturels. En Auvergne, entre 2006 et 2012, les surfaces artificialisées ont progressé deux fois moins vite qu’au niveau métropolitain. En 2012, elles représentent 7 % de la superficie régionale, contre 9 % en province. Au cours des deux dernières décennies, l’artificialisation a progressé de 20 % en Auvergne, dix fois plus que le nombre d’habitants. Cette consommation d’espace pour l’urbanisation représente, en moyenne, l’équivalent de 1 000 terrains de rugby chaque année.

Les ménages tendent à s’éloigner des villes pour accéder à la propriété individuelle tant pour des motifs financiers que de cadre de vie. La consommation d’espace liée au développement du logement individuel constitue une menace pour la biodiversité et la qualité des paysages. En Auvergne, la part des constructions individuelles tend à diminuer mais reste très supérieure au taux provincial : 70 % des logements neufs construits en 2011 contre 46 % en province.

Des émissions de CO2 par kilomètre parcouru particulièrement élevées en Auvergne

Le secteur des transports est à l’origine de 27 % des émissions françaises de gaz à effet de serre. Le dioxyde de carbone (CO2) en constitue l’essentiel. Les trajets domicile-travail et domicile-études représentent le quart des déplacements des Français. En privilégiant l’habitat individuel, les ménages s’éloignent de leur lieu de travail ou d’études et n’ont souvent pas de choix alternatif à la voiture pour y accéder. Ainsi, entre 1999 et 2007, le développement de la périurbanisation est responsable d’une hausse de 8 % des émissions auvergnates de CO2. Sur cette période, les trois-quarts de ces rejets supplémentaires sont liés à l’étalement urbain clermontois.

En 2007, un navetteur auvergnat émet en moyenne 625 kg de CO2, soit 7 % de moins que celui de province, en raison de trajets plus courts. Quatrième région de province la moins émettrice par navetteur, l'Auvergne est en revanche fort mal classée au regard des émissions de gaz à effet de serre par kilomètre parcouru. Chaque Auvergnat émet annuellement en moyenne 131 grammes de CO2 par kilomètre pour aller travailler ou étudier. À distance comparable, l'Auvergne se situe au deuxième rang des régions de province les plus émissives. Ceci s’explique en partie par l’ancienneté du parc automobile auvergnat. Son renouvellement par des véhicules moins polluants est l’un des moyens de limiter les émissions de CO2. L’Europe retient un objectif d’émission de 120 grammes de CO2 par kilomètre pour les voitures neuves d’ici 2015. En Auvergne, la moitié des véhicules neufs immatriculés en 2012 ne dépasse pas ce seuil. Cette part, en constante augmentation, reste néanmoins légèrement inférieure à celle observée en moyenne de province (52 %).

Figure 2 – Effet du développement de la périurbanisation entre 1999 et 2007

Évolution en %
Effet du développement de la périurbanisation entre 1999 et 2007
Émissions de CO2 Navetteurs
GAU* auvergnates 27,3 19,6
GAU Clermont-Ferrand 32,5 23,6
GAU Issoire 29,2 25,5
GAU Aurillac 23,8 15,9
GAU Puy-en-Velay 20,3 14,3
GAU Moulins 17,2 13,9
GAU Vichy 14,6 11,0
GAU Montluçon 12,8 14,4
  • * grande aire urbaine
  • Note de lecture : pour la grande aire urbaine (GAU) de Clermont-Ferrand, le nombre de navetteurs utilisant l'automobile pour se déplacer a progressé de 24 %, tandis que leurs émissions de CO2 ont augmenté de 33 %.
  • Sources : Insee, Recensement de la population 2007 ; SOeS ; Certu.

Figure 2 – Effet du développement de la périurbanisation entre 1999 et 2007Taux de croissance du nombre de navetteurs utilisant l'automobile pour se déplacer dans une aire urbaine et de leurs émissions de CO2