2007 – 2012 : la croissance démographique ralentit

Olivier Biau, Nicolas Chauvot, Insee

Au 1er janvier 2012, Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 4 935 576 habitants. Entre 2007 et 2012, la croissance démographique régionale ralentit. Seuls les départements alpins restent dynamiques. Le solde naturel devient le seul moteur de la croissance démographique régionale. L’attractivité migratoire de Paca s'est en effet érodée. Alors que la population des plus grandes communes stagne, les moyennes et petites communes gagnent des habitants. La périurbanisation et l'étalement urbain se poursuivent.

Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 9
Paru le : 29/12/2014

Au 1er janvier 2012, Provence-Alpes-Côte d’Azur compte 4 935 576 habitants. La région abrite 7,8 % de la population de France métropolitaine sur 5,8 % du territoire national. Entre 2007 et 2012, Paca a gagné 71 561 habitants. La population régionale a ainsi augmenté de + 0,3% en moyenne chaque année, soit un rythme inférieur à celui de France métropolitaine (+ 0,5 %). La situation était inverse entre 1999 et 2007. Paca affichait une croissance démographique plus forte que la moyenne nationale (+ 0,9 % par an contre + 0,7 %).

Désormais, seul le solde naturel (excédent des naissances sur les décès) contribue à l’accroissement démographique de Paca. Sa contribution reste relativement stable sur longue période : entre + 0,2 % et + 0,3 % chaque année depuis 1982. L’attractivité migratoire de la région s’est en effet érodée, en particulier dans les Alpes-Maritimes et le Var. Ainsi, le solde migratoire apparent ne contribue presque plus à la croissance démographique. Auparavant, il en constituait le principal moteur.

Figure_1 – La périurbanisation se poursuit entre 2007 et 2012

  • Source : Insee, Recensements de la population

Seuls les départements alpins restent dynamiques

Au sein de la région, la population croit à un rythme significativement supérieur au niveau national dans les deux départements alpins. Les Alpes-de-Haute-Provence gagnent 1 000 habitants par an sur la période 2007-2012 (+ 0,7 % par an). Les Hautes-Alpes accueillent chaque année 1 400 habitants supplémentaires (+ 1,0 %). Dans ces départements, le dynamisme démographique est porté pour l’essentiel par le solde migratoire. A l’inverse, la population stagne dans les Alpes-Maritimes, avec une légère baisse de 90 habitants en moyenne par an depuis 2007. Dans ce département, le faible excédent naturel, lié à un âge moyen élevé, ne suffit pas à compenser le déficit migratoire. Dans le Var, la population a augmenté de 5 100 habitants entre 2007 et 2012 (+ 0,5 %), en dépit d’un excédent naturel faible, proche de celui observé dans les Alpes-Maritimes. La baisse de l’attractivité migratoire par rapport à la décennie précédente y est moins marquée que dans les Alpes-Maritimes. Dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, départements les plus jeunes de la région, le solde naturel est le seul moteur de la croissance démographique. Ces deux départements perdent en effet des habitants par le biais des migrations résidentielles. Au total, la population des Bouches-du-Rhône augmente en moyenne de 5 200 habitants chaque année et celle du Vaucluse de 1 600 habitants. Ces deux départements évoluent au rythme de la moyenne régionale (+ 0,3 % par an depuis 2007).

La population des plus grandes communes stagne

Entre 2007 à 2012, la population des douze communes de plus de 50 000 habitants varie avec de forts contrastes. Nice et Aix-en-Provence perdent des habitants (- 0,3 % par an), ainsi que Toulon (- 0,2 %), Avignon (- 0,4 %) et Antibes (- 0,1 %). Parmi les communes qui gagnent de la population, la Seyne-sur-Mer est la plus dynamique (+ 1,9 %). Puis viennent Cannes (+ 0,8 %), Grasse (+ 0,3 %), Hyères (+ 0,2 %) et Arles (+ 0,1 %). La population de Marseille reste stable sur la période, tout comme celle de Fréjus.

Parmi les communes de 10 000 à 50 000 habitants au 1er janvier 2012, les deux tiers gagnent des habitants. La population de ces communes augmente cependant en moyenne à un rythme inférieur à celui de la région (+ 0,2 % par an sur la période 2007-2012). Elles contribuent à hauteur de 18 % à la croissance régionale, alors qu’elles représentent 31 % de la population de Paca.

Figure 2 – La population des très grandes communes stagne - Évolution de la population entre 2007 et 2012

La population des très grandes communes stagne - Évolution de la population entre 2007 et 2012
Population Évolution annuelle moyenne 2007-2012
2012 2007 en nombre en %
Alpes-de-Haute-Provence 161 241 156 067 1 035 0,7
Manosque 22 099 21 777 64 0,3
Digne-les-Bains 16 844 17 455 - 122 - 0,7
Hautes-Alpes 139 554 132 482 1 414 1,0
Gap 40 761 37 785 595 1,5
Briançon 12 301 11 604 139 1,2
Alpes-Maritimes 1 082 014 1 082 465 - 90 - 0,0
Nice 343 629 348 721 - 1 018 - 0,3
Antibes 75 568 75 770 - 40 - 0,1
Cannes 73 603 70 829 555 0,8
Grasse 51 021 50 257 153 0,3
Cagnes-sur-Mer 46 686 48 941 - 451 - 0,9
Bouches-du-Rhône 1 984 784 1 958 926 5 172 0,3
Marseille 852 516 852 395 24 0,0
Aix-en-Provence 141 148 143 404 - 451 - 0,3
Arles 52 439 52 197 48 0,1
Martigues 47 624 46 247 275 0,6
Aubagne 45 243 44 804 88 0,2
Var 1 021 669 995 934 5 147 0,5
Toulon 164 899 166 537 - 328 - 0,2
La Seyne-sur-Mer 63 902 58 252 1 130 1,9
Hyères 55 402 54 888 103 0,2
Fréjus 52 532 52 436 19 0,0
Draguignan 37 476 37 117 72 0,2
Vaucluse 546 314 538 141 1 635 0,3
Avignon 89 380 91 283 - 381 - 0,4
Orange 28 948 30 025 - 215 - 0,7
Carpentras 28 520 28 526 - 1 - 0,0
Cavaillon 25 289 25 596 - 61 - 0,2
Pertuis 19 141 18 680 92 0,5
Provence-Alpes-Côte d'Azur 4 935 576 4 864 015 14 312 0,3
France métropolitaine 63 375 971 61 795 238 316 147 0,5
  • Source : Insee, Recensements de la population

Les moyennes et petites communes gagnent des habitants

Parmi les communes de 1 000 à 10 000 habitants, huit sur dix ont gagné des habitants entre 2007 et 2012. Leur croissance démographique est en moyenne de + 0,8 % par an, soit un rythme beaucoup plus rapide que celui de Paca. Elles contribuent à hauteur de 71 % à l’évolution démographique de la région, alors qu’elles représentent 24 % de sa population.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants, la croissance démographique est particulièrement forte : la population augmente en effet en moyenne de + 1,1 % par an, soit presque quatre fois plus que la moyenne régionale. Ces très petites communes contribuent à hauteur de 12 % à l’évolution démographique régionale, alors qu’elles ne représentent que 3 % de la population de Paca.

Développement démographique rapide de l’espace périurbain

Comme ailleurs en France, les espaces périurbains continuent de s'étendre. La croissance démographique est particulièrement forte dans le moyen pays et l’étalement urbain se poursuit dans les couronnes des pôles urbains. Ainsi, les communes de l’espace périurbain, sous l’influence d’un ou plusieurs grand pôles (au moins 10 000 emplois), accueillent toujours plus d’habitants (+ 1,3 % par an entre 2007 et 2012). Elles contribuent à hauteur de 44 % à la croissance démographique de la région, alors qu’elles ne concentrent que 11 % de sa population.

Encadré

Réforme territoriale

Avec le passage de 22 à 13 régions, Provence-Alpes-Côte d’Azur passerait de la 3e région la plus peuplée à la 7e. Elle serait dépassée par la nouvelle région résultant de la fusion de Nord-Pas-de-Calais et Picardie, ainsi que par celle regroupant Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes. De même, les nouvelles régions «Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine» et «Languedoc-Roussillon - Midi-Pyrénées» seraient désormais plus peuplées.

Définitions

Périurbain : ensemble des communes des couronnes et des communes multipolarisées des grands pôles urbains.

Retrouvez sur www.insee.fr le zonage en aires urbaines 2010

Pour en savoir plus