Une photographie du marché du travail en 2013

Fabien Guggemos et Joëlle Vidalenc, division Emploi, Insee

En 2013, 25,8 millions de personnes ont un travail et 2,8 millions sont au chômage au sens du BIT. Plus des trois quarts des emplois sont occupés dans le secteur tertiaire. Près de neuf actifs occupés sur dix sont des salariés, la plupart d’entre eux bénéficiant d’un contrat à durée indéterminée. Le sous-emploi, qui touche plus particulièrement les femmes et les jeunes, progresse de 0,4 point en 2013 pour atteindre 6,5 % des actifs occupés. Le chômage s’établit en moyenne à 9,8 % des actifs en 2013, en hausse de 0,4 point sur un an. La dégradation observée sur ces deux dernières années a davantage affecté les hommes, dont le taux de chômage a dépassé celui des femmes. En 2013, en ajoutant les chômeurs au « halo » autour du chômage, 4,1 millions de personnes sont sans emploi et souhaitent travailler.

Publications grand public
Insee Première – No 1516
Paru le : 30/09/2014

En 2013, 25,8 millions de personnes ont un travail et 2,8 millions sont au chômage au sens du BIT

En moyenne en 2013, 28,6 millions de personnes de 15 ans ou plus vivant en France métropolitaine sont actives : 25,8 millions ont un emploi et 2,8 millions sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) ; 22,0 millions de personnes sont inactives, c’est-à-dire ne travaillent pas et ne recherchent pas activement un emploi ou ne sont pas disponibles pour en occuper un (figure 1).

Depuis 2005, la population active a augmenté de près de 1,3 million de personnes. Cette hausse est en grande partie due à la participation croissante des femmes au marché du travail. Depuis 2005, la progression du nombre de femmes actives est deux fois plus importante que celle du nombre d’hommes actifs (+ 107 000 en moyenne chaque année pour les premières contre + 52 000 pour les seconds). En 2013, il y a 110 000 actifs de plus qu’en 2012, et ce sont en majorité des femmes.

Le nombre d’actifs âgés de 50 à 64 ans a fortement augmenté depuis 2005 (+ 1,4 million). Toutefois, cette progression, amplifiée entre 2005 et 2012 (hausse annuelle moyenne de 120 000 personnes entre 2005 et 2008, de 200 000 entre 2008 et 2011, de 300 000 en 2012), se modère en 2013 (+ 140 000 par rapport à 2012), suite à la mise en place, en novembre 2012, du dispositif de départ à la retraite anticipée pour carrière longue. Avec le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation pour partir en retraite à taux plein, les plus âgés participent davantage au marché du travail : leur taux d’activité a progressé de plus de 5 points en quatre ans, passant de 56,5 % en 2009 à 61,7 % en 2013.

Figure 1 – Population âgée de 15 ans ou plus

Population âgée de 15 ans ou plus
Ensemble Femmes (milliers) Hommes (milliers)
(milliers) (%)
Actifs 28 577 56,5 13 668 14 909
Actifs ayant un emploi 25 764 50,9 12 341 13 423
Chômeurs 2 813 5,6 1 327 1 486
Inactifs 22 047 43,6 12 736 9 311
dont inactifs de 60 ans ou plus 13 508 26,7 7 624 5 884
Ensemble 50 624 100,0 26 404 24 220
  • Champ : population des ménages de 15 ans ou plus, vivant en France métropolitaine, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2013.

Un actif occupé sur deux est ouvrier ou employé

Les non-salariés restent largement minoritaires et à forte prédominance masculine : en 2013 ils occupent 11,2 % des emplois et les deux tiers d’entre eux sont des hommes (figure 2). Concernant avant tout les personnes parmi les plus âgées, le non-salariat se développe progressivement chez les jeunes, notamment après la mise en place du régime d’auto-entrepreneur en 2009. Parmi les actifs occupés âgés de 50 ans ou plus, 16 % sont non salariés contre 4,5 % chez les moins de 30 ans (+ 1,5 point par rapport à 2005).

Les salariés représentent donc 88,8 % des actifs occupés en France métropolitaine. Sur dix personnes en emploi, il y a un non-salarié, deux ouvriers, trois employés et quatre personnes occupant une profession intermédiaire ou un emploi de cadre. Parmi les actifs occupés, la part des professions intermédiaires et des cadres a progressé de 0,3 point en 2013. Cette tendance à la hausse se poursuit depuis plusieurs années (+ 3,4 points depuis 2005, passant de 36,3 % à 39,7 %). Dans le même temps, la part d’ouvriers diminue et cette baisse se confirme en 2013 (− 0,3 point à 20,6 %). Celle des employés a reculé d’un point depuis 2005 pour se stabiliser à 28,3 % sur la dernière année.

En 2013, parmi les 22,9 millions de salariés, il y a presque autant de femmes que d’hommes. Les emplois d’ouvriers sont peu féminisés (1 femme pour 4 hommes), contrairement à ceux d’employés (1 homme pour 3 femmes). La part de femmes chez les cadres (40 %) et les professions intermédiaires (51 %) s’est stabilisée en 2013 après les progressions régulières des précédentes années (respectivement + 3 points et + 1,5 point depuis 2005).

Figure 2 – Statut d'emploi et groupe socioprofessionnel des personnes en emploi selon le sexe

Statut d'emploi et groupe socioprofessionnel des personnes en emploi selon le sexe
Effectif total (milliers) Répartition (%) Part de femmes
Ensemble Femmes Hommes (%)
Non-salariés 2 894 11,2 7,7 14,5 32,8
Salariés 22 869 88,8 92,3 85,5 49,8
dont :
Cadres 4 043 15,7 13,1 18,1 39,9
Professions intermédiaires 6 186 24,0 25,6 22,6 51,0
Employés qualifiés 3 763 14,6 22,9 7,0 75,0
Employés non qualifiés 3 539 13,7 22,5 5,7 78,4
Ouvriers qualifiés 3 499 13,6 3,5 22,9 12,3
Ouvriers non qualifiés 1 811 7,0 4,7 9,1 32,3
Non déterminé 27 0,1 0,1 0,1 58,2
Ensemble 25 764 100,0 100,0 100,0 47,9
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en France métropolitaine, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2013.

Le secteur tertiaire regroupe trois quarts des emplois

En 2013, 76,2 % des personnes ayant un emploi (salarié ou non) travaillent dans le secteur tertiaire, 13,5 % dans l’industrie, 6,6 % dans la construction et 3,0 % dans l’agriculture (figure 3). En huit ans, la part d’actifs occupés dans le secteur industriel a reculé de 2,7 points, alors qu’elle a augmenté de 2,6 points dans le tertiaire.

Près de neuf femmes sur dix (87,8 %) occupent un emploi dans le secteur tertiaire. La moitié d’entre elles travaillent dans l’administration publique, l’éducation, la santé et l’action sociale où elles sont deux fois plus nombreuses que les hommes. En revanche, les femmes sont largement minoritaires dans les secteurs de la construction, des transports, de l’industrie, de l’agriculture et de l’information et de la communication : elles y occupent entre 12 % et 31 % des emplois.

Figure 3 – Emploi selon les secteurs et le sexe

Emploi selon les secteurs et le sexe
Effectif total (milliers) Répartition (%) Part de femmes
Ensemble Femmes Hommes (%)
Agriculture 783 3,0 1,8 4,1 28,9
Industrie 3 466 13,5 8,0 18,5 28,5
Construction 1 693 6,6 1,6 11,1 11,7
Tertiaire 19 630 76,2 87,8 65,5 55,2
dont :
Commerce 3 202 12,4 12,1 12,7 46,7
Transports 1 355 5,3 2,8 7,5 25,9
Hébergement et restauration 941 3,7 3,7 3,6 48,4
Information et communication 697 2,7 1,7 3,6 30,9
Finance, assurance, immobilier 1 213 4,7 5,6 3,9 56,9
Sciences, techniques, serv. administratifs 2 826 11,0 9,8 12,0 42,8
Administration publique, éducation, santé, action sociale 7 809 30,3 43,1 18,5 68,1
Autres services 1 588 6,2 8,9 3,6 69,3
Activité indéterminée 192 0,7 0,7 0,8 46,9
Ensemble 25 764 100,0 100,0 100,0 47,9
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en France métropolitaine, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2013.

18,4 % des emplois sont occupés à temps partiel

En 2013, 86,5 % des salariés bénéficient d’un contrat à durée indéterminée (CDI - figure 4). Les autres formes d’emploi sont moins courantes : 9,5 % des salariés sont en contrat à durée déterminée (CDD), 2,2 % en intérim et 1,8 % en apprentissage. Trois emplois en CDD sur cinq sont occupés par des femmes. Plus de neuf apprentis sur dix ont moins de 25 ans et les deux tiers d’entre eux sont des hommes.

La proportion d’actifs occupés travaillant à temps partiel a progressé de 0,4 point en 2013 pour atteindre 18,4 %. Près de 80 % de ces temps partiels sont occupés par des femmes. Le temps de travail hebdomadaire habituel (c’est-à-dire hors périodes de congés ou de récupération due à la réduction du temps de travail (RTT)) est de 23 heures pour les temps partiels et de près de 41 heures pour les temps complets. Les hommes à temps complet accomplissent davantage d’heures que les femmes (41,8 heures par semaine contre 39,1 heures). Parmi les salariés à temps partiel, plus d’un tiers (34,2 %) souhaitent travailler davantage, souhait plus fréquent chez les hommes (41,7 % d’entre eux) que chez les femmes (32,5 %).

Figure 4 – Statut d'emploi selon le sexe

Statut d'emploi selon le sexe
Effectif total (milliers) Répartition (%)
Ensemble Femmes Hommes 15-24 ans
Non-salariés 2 894 11,2 7,7 14,5 2,5
Salariés 22 868 88,8 92,3 85,5 97,5
dont :
Intérimaires 508 2,0 1,2 2,7 5,9
Apprentis 406 1,6 1,2 1,9 18,1
Contrats à durée déterminée 2 170 8,4 10,5 6,6 28,3
Contrats à durée indéterminée 19 784 76,8 79,5 74,3 45,2
Ensemble 25 764 100,0 100,0 100,0 100,0
Temps complet 21 017 81,6 69,4 92,8 76,3
Heures habituellement travaillées 40,7 39,1 41,8 37,3
Temps partiel 4 747 18,4 30,6 7,2 23,7
Heures habituellement travaillées 23,1 23,5 21,4 20,1
  • Champ : population en emploi de 15 ans ou plus, vivant en France métropolitaine, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2013.

Hausse du chômage de 0,4 point en 2013

En moyenne en 2013, 2,8 millions de personnes sont au chômage au sens du BIT, soit 9,8 % de la population active (figure 5). Le chômage touche plus durement les jeunes (23,9 % des actifs de 15 à 24 ans), les ouvriers (14,6 %) et les non-diplômés (16,8 %).

Le taux de chômage des femmes (9,7 %) est désormais inférieur à celui des hommes (10,0 %), ce dernier ayant fortement augmenté en deux ans (+ 0,9 point en 2012, + 0,6 point en 2013). Plus fréquent parmi les jeunes actifs, le chômage est de plus longue durée chez leurs aînés : 56,4 % des chômeurs de 50 ans ou plus recherchent un emploi depuis plus d’un an et 34,6 % depuis plus de deux ans (contre respectivement 26,7 % et 9,6 % pour les 15-24 ans). Les hommes sont un peu plus touchés que les femmes par le chômage de longue durée.

En moyenne annuelle, le taux de chômage avait fortement progressé en 2009 (+ 1,6 point à 8,7 %), conséquence de la grande récession. Sa progression s’est ensuite infléchie (8,9 % en 2010, puis 8,8 % en 2011), avant de reprendre en 2012 (9,4 %). La hausse supplémentaire de 0,4 point en moyenne sur 2013 masque toutefois une stabilisation en cours d’année. Le chômage de longue durée et celui de très longue durée poursuivent leur hausse entamée en 2008 : en 2013, 4,0 % des actifs sont au chômage depuis plus d’un an (+ 1,4 point par rapport à 2008) et 2,0 % depuis plus de deux ans (+ 0,7 point).

En 2013, toutes les catégories socioprofessionnelles sont touchées par la hausse du chômage. Le taux de chômage des ouvriers, comme les années précédentes, continue de progresser : de 13,8 % en 2012, il atteint 14,6 % en 2013, soit près de 5 points de plus qu’en 2008 (9,8 %). Celui des agriculteurs exploitants, artisans, commerçants et chefs d’entreprise a fortement progressé en 2013, s’établissant à 4,3 %, alors qu’il s’était stabilisé à 3,1 % les trois années précédentes. La hausse du taux de chômage en 2013 est assez sensible pour les cadres et professions intellectuelles (+ 0,4 point à 3,9 %), mais plus mesurée pour les employés (+ 0,3 point à 10,0 %) et les professions intermédiaires (+ 0,1 point à 5,2 %).

Au final, la hausse du chômage au sens du BIT est plus faible en 2013 que celle des demandeurs d’emploi de catégorie A (DEFM A) inscrits à Pôle emploi. Ces deux indicateurs évoluent souvent dans le même sens. Cependant, ils peuvent aussi diverger à certaines périodes. L’écart entre le nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégorie A et le nombre de chômeurs BIT s’est ainsi accru en 2013. Cette différence ne s’explique que pour partie par une hausse concomitante du « halo » autour du chômage (encadré 2). Il est ainsi possible que la propension à s’inscrire ou à rester inscrit à Pôle emploi en 2013 ait augmenté, notamment parmi les jeunes, dans l’espoir pour certains d’entre eux de bénéficier du suivi et de l’accompagnement de l’agence. Il est aussi possible que, face aux difficultés rencontrées sur le marché du travail, certaines personnes inscrites à Pôle emploi déclarent ne plus souhaiter travailler lorsqu’elles répondent à l’enquête Emploi, signe d’un éloignement du marché du travail.

Figure 5 – Nombre de chômeurs et taux de chômage

Nombre de chômeurs et taux de chômage
Chômage BIT Nombre de chômeurs Proportion de femmes Taux de chômage (%)
(milliers) (%) Ensemble Femmes Hommes
Ensemble 2 813 47,2 9,8 9,7 10,0
15-24 ans 654 45,7 23,9 24,2 23,7
25-49 ans 1 652 47,7 9,1 9,1 9,2
50 ans et plus 507 47,2 6,5 6,4 6,7
Catégories socioprofessionnelles
Agriculteurs exploitants, artisans, commerçants et chefs d'entreprise 94 30,1 4,3 4,6 4,2
Cadres et professions intellectuelles supérieures 183 40,1 3,9 3,9 3,9
Professions intermédiaires 355 47,9 5,2 4,9 5,5
Employés 808 75,2 10,0 9,8 10,5
Ouvriers 910 24,3 14,6 17,9 13,8
Indéterminé 464 48,9 93,0 92,0 93,9
Niveau de diplôme
Sans diplôme ou CEP 687 43,4 16,8 16,5 17,1
Brevet des collèges, CAP, BEP 957 43,9 10,9 11,2 10,7
Baccalauréat 571 52,8 10,1 10,6 9,6
Bac + 2 249 53,9 5,7 5,5 5,8
Diplôme supérieur au Bac+2 344 49,5 6,1 6,0 6,2
Chômeurs depuis 1 an ou plus 1 131 46,6 4,0 3,9 4,1
15-24 ans 175 44,2 6,4 6,3 6,5
25-49 ans 670 46,4 3,7 3,6 3,8
50 ans et plus 286 48,4 3,7 3,7 3,7
Chômeurs depuis 2 ans ou plus 558 46,3 2,0 1,9 2,0
15-24 ans 63 44,6 2,3 2,3 2,3
25-49 ans 320 46,1 1,8 1,7 1,8
50 ans et plus 176 47,2 2,3 2,2 2,3
  • Champ : population active de 15 ans ou plus, vivant en France métropolitaine, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2013.

Encadrés

Le sous-emploi, massivement féminin, progresse de 0,4 point en 2013

En 2013, 1,54 million de personnes occupant un emploi à temps partiel souhaitent travailler davantage et se déclarent disponibles pour le faire. Près d’un quart d’entre elles (23,3 %) recherchent activement un nouvel emploi. En y ajoutant les personnes ayant un emploi (à temps partiel ou complet) mais traversant une période de chômage technique ou partiel, ce sont au total 1,68 million de personnes qui sont en sous-emploi. Le taux de sous-emploi s’établit ainsi à 6,5 %, en hausse de 0,4 point par rapport à 2012. Après avoir progressé régulièrement entre 2005 et 2010 (de 5,1 % à 6,8 %), il s’était replié en 2011 (6,0 %), puis stabilisé en 2012 (6,1 %). Son évolution depuis 2005 résulte de deux effets conjugués : l’augmentation de la proportion de personnes travaillant à temps partiel (18,4 % des actifs occupés en 2013 contre 17,2 % en 2005) et la part croissante parmi ces derniers de ceux qui souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour cela (32,5 % contre 28 %). A contrario, la part d’actifs occupés en période de chômage technique ou partiel est restée relativement stable sur cette période, à l’exception des années 2009 et 2010 où elle avait temporairement augmenté suite à la récession.

Plus souvent à temps partiel que les hommes, les femmes représentent en 2013 71,7 % des personnes en sous-emploi. Cette proportion a toutefois reculé de 2,4 points durant les deux dernières années. Le taux de sous-emploi des femmes s’élève à 9,7 %, en hausse de 0,4 point sur un an (contre 3,5 % pour les hommes, + 0,3 point). Le sous-emploi est également plus important chez les jeunes (figure encadré 1) : il concerne 11,7 % des actifs occupés âgés de 15 à 24 ans contre 6,2 % des 25 à 49 ans en emploi et 5,7 % des actifs occupés de 50 ans ou plus. La hausse du sous-emploi en 2013 a affecté toutes les classes d’âges, alors qu’elle avait épargné les jeunes actifs l’année précédente.

Figure encadré 1 – Sous-emploi chez les actifs occupés

Sous-emploi chez les actifs occupés
Sous-emploi (milliers) Taux de sous-emploi (%)
Non salariés 154 5,3
Salariés 1 525 6,7
dont :
Cadres 83 2,0
Professions intermédiaires 268 4,3
Employés qualifiés 225 6,0
Employés non qualifiés 633 17,9
Ouvriers qualifiés 140 4,0
Ouvriers non qualifiés 175 9,7
Non déterminé 2 7,0
Femmes 1 203 9,7
Hommes 476 3,5
15 - 24 ans 244 11,7
25 - 49 ans 1 021 6,2
50 ans et plus 414 5,7
Ensemble 1 679 6,5
  • Champ : actifs occupés de 15 ans ou plus, vivant en France métropolitaine, hors communautés.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2013.

1,3 million de personnes sont dans le « halo autour du chômage »

Parmi les 22 millions d’inactifs en France métropolitaine en 2013, 300 000 recherchent activement un emploi mais ne sont pas disponibles pour en occuper un dans les deux semaines à venir. À l’inverse, 590 000 personnes se déclarent disponibles pour occuper un emploi mais, bien que souhaitant travailler, n’ont pas fait de recherche active. Enfin, 400 000 personnes, plus éloignées du marché du travail, souhaiteraient travailler mais ne sont ni à la recherche d’un emploi, ni disponibles pour en occuper un. Ainsi, ce sont au total 1 290 000 inactifs qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas tous les critères pour être considérés comme chômeurs au sens du BIT. Ils constituent ce que l’on appelle le « halo autour du chômage ». En les ajoutant aux 2,8 millions de chômeurs, ce sont près de 4,1 millions de personnes qui sont sans emploi et souhaitent travailler.

Les personnes appartenant au halo autour du chômage représentent 4,3 % de la population active ou inactive souhaitant travailler. Cette part a atteint en 2008 son plus bas niveau (3,9 %). Elle a ensuite progressé de l’ordre de 150 000 personnes depuis le début de la crise, pour l’essentiel entre 2008 et 2011.

Les jeunes, déjà fortement touchés par le chômage, sont aussi les plus concernés par le « halo » (9,7 % des 15-24 ans actifs ou inactifs souhaitant travailler contre 3,6 % pour les 25-49 ans et 3,9 % pour les plus âgés). Les femmes représentent 57,3 % des personnes dans le « halo » en 2013, mais cette proportion baisse depuis plusieurs années. En particulier, chez les jeunes, les femmes sont à peine plus concernées que les hommes par le « halo » autour du chômage.

Sources

La collecte de l’enquête Emploi a lieu en continu toutes les semaines de l’année. Chaque semaine, environ 4 000 ménages ordinaires (c’est-à-dire les habitants de 4 000 logements hors communautés : foyers, hôpitaux, prisons…), soit de l’ordre de 8 000 personnes de 15 ans ou plus, répondent à l’enquête. Les personnes décrivent leur situation vis-à-vis du marché du travail (qu’elles soient en emploi, au chômage ou en inactivité) au cours d’une semaine dite de référence, au titre de laquelle elles sont interrogées. Ce mode d’observation s’appuie sur un dispositif déclaratif auprès des ménages. Le niveau et la structure de l’emploi qu’il fournit diffèrent un peu de ceux obtenus en exploitant des sources administratives.

Cette étude présente les résultats de l’enquête Emploi en moyenne annuelle sur 2013. Le questionnaire de cette enquête a été rénové au 1er trimestre 2013, en particulier pour faciliter son déroulement sur le terrain à l’aide de questions aux formulations plus simples. Certaines reformulations ont modifié la teneur des réponses apportées par une faible proportion de la population enquêtée et ceci a eu un impact sur la mesure en niveau des principaux indicateurs (le taux de chômage, notamment). En revanche, la rénovation du questionnaire n’a pas eu d’effet sur leur évolution. Tous les indicateurs commentés ici ont en effet été rétropolés sur les années passées, pour les rendre cohérents avec le questionnaire rénové. Cette étude présente aussi une nouvelle mesure, améliorée, du « halo » autour du chômage et du sous-emploi, selon des concepts articulés avec ceux établis par Eurostat.

Pour plus de détail sur la rénovation du questionnaire de l’enquête Emploi, voir : http ://www.insee.fr/fr/indicateurs/ ind14/20140306/Fiche_2_060314.pdf .

Définitions

Population active occupée au sens du BIT : elle comprend les personnes âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé au moins une heure au cours d’une semaine donnée (appelée semaine de référence), qu’elles soient salariées, à leur compte, employeurs, aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elle comprend aussi les personnes ayant un emploi mais qui en sont temporairement absentes pour un motif tel qu’une maladie (moins d’un an), des congés payés, un congé de maternité, un congé parental (moins d’un trimestre), un conflit du travail, une formation, une intempérie...

Chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) : personne en âge de travailler (conventionnellement âgée de 15 ans ou plus) et qui répond aux conditions suivantes :

− n’a pas travaillé au cours de la semaine de référence ;

− est disponible pour travailler dans les deux semaines ;

− a entrepris des démarches effectives de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Taux de chômage au sens du BIT : nombre de chômeurs rapporté à la population active totale BIT (actifs ayant un emploi et chômeurs).

Taux de sous-emploi : nombre de personnes en situation de sous-emploi rapporté au nombre total d’actifs ayant un emploi au sens du BIT.

Demandeurs d’emploi en fin de mois de catégorie A (DEFM A) : demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi en fin de mois, tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi.