Insee Analyses Guadeloupe ·
Octobre 2026 · n° 94
En Guadeloupe, trois entreprises créées en 2018 sur quatre restent actives cinq ans
plus tard
En Guadeloupe, trois quarts des entreprises créées en 2018 sont toujours actives cinq ans plus tard. Les sociétés atteignent plus fréquemment leur cinquième anniversaire que les entreprises individuelles. Les créations d'entreprises individuelles ont fortement diminué en 2018 par rapport à 2014, alors que celles des sociétés ont considérablement augmenté. La pérennité des entreprises diffère également selon le secteur d’activité : le commerce figure parmi les activités où elle est la plus faible.
L’emploi salarié des entreprises toujours actives est multiplié par quatre en cinq ans, une progression portée par un petit nombre d’entre elles. La génération 2018 a été rapidement exposée à la crise économique liée à la pandémie de Covid-19 : sept entreprises sur dix encore actives en 2021 déclarent une baisse d’activité sur la période et deux tiers ont pu bénéficier d’au moins une mesure de soutien. Malgré ce choc, la plupart des entreprises qui ont survécu à la crise, sont encore actives en 2023.
- Les entreprises nées en 2018 sont plus pérennes en Guadeloupe qu’en Hexagone
- Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles
- Les entreprises du commerce sont les moins pérennes
- L’effectif salarié quadruple, porté par un petit nombre de sociétés
- Formalités administratives et financements sont les difficultés les plus fréquentes au démarrage
- L’activité de sept jeunes entreprises sur dix a diminué pendant la crise sanitaire
- Deux tiers des jeunes entreprises ont bénéficié d’aides pendant la crise
- Encadré 1 : En Guadeloupe, 14 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sont encore actifs cinq ans plus tard sous cette forme juridique
- Encadré 2 : Un accompagnement de l’entreprise tout au long de son cycle de vie
Les entreprises nées en 2018 sont plus pérennes en Guadeloupe qu’en Hexagone
En 2018, 4 000 entreprises ont été créées en Guadeloupe dans le secteur marchand non agricole, hors régime du micro-entrepreneur. Parmi celles créées au premier semestre, près de 1 000 entités entrent dans le champ de cette étude (sources). Trois ans après leur création, 84 % sont toujours actives et 73 % atteignent leur cinquième anniversaire (figure 1). La pérennité de cette génération progresse ainsi par rapport à la précédente : parmi les entreprises créées en 2014, 78 % étaient encore actives après trois ans et 64 % après cinq ans.
La pérennité des entreprises guadeloupéennes est également supérieure à celle observée dans l’Hexagone. Cinq ans après leur création, 69 % des entreprises métropolitaines créées en 2018 sont encore actives. En revanche, leur taux de pérennité n’est pas aussi élevé que celui des entreprises martiniquaises (80 %).
tableauFigure 1 – Taux de pérennité des entreprises créées en 2018 par catégorie juridique
| Année | Ensemble des entreprises Guadeloupe | Sociétés Guadeloupe | Entreprises individuelles Guadeloupe | Ensemble des entreprises France métropolitaine | Sociétés France métropolitaine | Entreprises individuelles France métropolitaine |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2018 | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 | 100 |
| 2019 | 93 | 96 | 85 | 95 | 97 | 87 |
| 2020 | 87 | 93 | 73 | 88 | 90 | 79 |
| 2021 | 84 | 90 | 69 | 81 | 83 | 74 |
| 2022 | 76 | 81 | 64 | 74 | 75 | 68 |
| 2023 | 73 | 77 | 60 | 69 | 70 | 64 |
- Lecture : En Guadeloupe, 77 % des sociétés et 60 % des entreprises individuelles créées en 2018, sont toujours actives cinq ans plus tard.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquête Sine 2018.
graphiqueFigure 1 – Taux de pérennité des entreprises créées en 2018 par catégorie juridique

- Lecture : En Guadeloupe, 77 % des sociétés et 60 % des entreprises individuelles créées en 2018, sont toujours actives cinq ans plus tard.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2018, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquête Sine 2018.
Les sociétés sont plus pérennes que les entreprises individuelles
En Guadeloupe, 28 % des entreprises créées en 2018 sont des entreprises individuelles, une part plus élevée qu’en Hexagone (21 %), les autres sont des sociétés. Cinq ans après leur création, 77 % des sociétés sont encore actives en Guadeloupe, contre 60 % des entreprises individuelles. Notons qu’une entreprise qui cesse d’être active administrativement peut toutefois continuer d’exister sous une autre forme, parce qu’elle aura été rachetée ou absorbée par une autre ou encore parce que l’entreprise individuelle aura changé de catégorie pour devenir société. Néanmoins, en limitant la responsabilité des dirigeants, le statut de société en tant que catégorie juridique est plus fréquemment associé à des projets mobilisant davantage de moyens financiers et de personnels, ce qui peut expliquer une pérennité relativement plus élevée. À l’inverse, outre leur faible capitalisation initiale les rendant plus fragiles financièrement, les entreprises individuelles guadeloupéennes évoluent plus fréquemment dans un secteur atomisé, au sein duquel la concurrence peut être intense et conduire à une forte instabilité à long terme des unités. En effet, elles sont notamment surreprésentées dans le commerce, avec une entreprise individuelle créée sur quatre dans cette activité [Figure complémentaire 1 ; données].
La pérennité à cinq ans des sociétés guadeloupéennes est plus élevée que celle de l’Hexagone, tandis qu’elle est moindre concernant les entreprises individuelles. L’écart de taux de pérennité entre catégories juridiques est par conséquent bien plus élevé en Guadeloupe qu’en France hexagonale (17 points contre 6 points) mais moins marqué qu’en Martinique (28 points). Ces différences s’expliquent notamment par une répartition sectorielle différentes des créations d’entreprises.
Enfin, en Guadeloupe, le taux de pérennité à cinq ans des sociétés évolue peu entre les générations 2014 et 2018. En revanche, il s’améliore notablement pour les entreprises individuelles sur la même période passant de 48 % à 60 %. Ces comparaisons doivent cependant prendre en compte plusieurs évolutions statutaires qui ont bouleversé la structure par catégorie juridique des créations d’entreprises. En effet, les conditions d’accès au régime du micro-entrepreneur ont été élargies au 1er janvier 2018 par l’augmentation des plafonds du chiffre d’affaires. Exclus de cette analyse, des entrepreneurs qui auraient probablement créé une entreprise individuelle en 2014 se sont tournés vers le statut de micro-entrepreneur en 2018 (encadré 1). En outre, des évolutions fiscales (impôt à taux unique, suppression progressive de l’impôt sur les sociétés) entre 2017 et 2018 ont pu rendre le statut des sociétés (notamment celui des sociétés par actions simplifiées SAS) plus attractif pour les créateurs, au détriment des entreprises individuelles. Ainsi, si le nombre de créations d’entreprises a augmenté de 13 % entre 2014 et 2018 en Guadeloupe, il a dans les faits, fortement diminué pour les entreprises individuelles (-38 %) et en revanche bondi pour les sociétés (+66 %). En France métropolitaine aussi, la structure des créations d’entreprises s’est modifiée sur la période.
Les entreprises du commerce sont les moins pérennes
En 2018, une entreprise guadeloupéenne sur cinq est créée dans le commerce. Il s’agit du secteur le plus dynamique en matière de créations d’entreprises, quel que soit le statut juridique [Figure complémentaire 1 ; données]. En revanche, il présente le taux de pérennité le plus faible, derrière l’enseignement, la santé et l’action sociale pour les sociétés (figure 2a) et après les activités de services pour les entreprises individuelles (figure 2b). Ainsi, cinq ans après leur création, 71 % des sociétés et 56 % des entreprises individuelles opérant dans le secteur du commerce sont toujours actives.
Les activités de services représentent 16 % des créations, devant la construction (13 %) et l’hébergement-restauration (12 %). La pérennité à 5 ans des entreprises du secteur de la construction a peu évolué entre les cohortes 2014 et 2018. Elle s’est largement détériorée pour les sociétés qui ont subi les ralentissements des grands chantiers portés par la commande publique lors de la pandémie de Covid-19. En revanche, le taux de pérennité des entreprises individuelles a augmenté, dans un contexte de forte baisse du nombre de leurs créations. Les entreprises nées en 2018 les plus pérennes exercent dans le domaine des activités spécialisées, scientifiques et techniques. Leur taux de pérennité s’élève à 81 %, soit 12 points de plus que celles nées en 2014. Cette augmentation est portée par les sociétés, dont la pérennité à 5 ans ne progresse que dans ce secteur sur la période.
tableauFigure 2a – Taux de pérennité à 5 ans des sociétés guadeloupéennes créées en 2014 et 2018 selon les 6 premiers secteurs d’activité en 2018
| Secteur d’activités | 2018 | 2014 |
|---|---|---|
| Ensemble | 77 | 79 |
| Activités spécialisées, scientifiques et techniques | 86 | 78 |
| Hébergement et restauration | 78 | 80 |
| Activités de services | 77 | 81 |
| Construction | 75 | 89 |
| Commerce et réparation d'automobiles | 71 | 72 |
| Enseignement, santé humaine et action sociale | 64 | 81 |
- Lecture : En Guadeloupe, 64 % des sociétés du secteur de l’enseignement, santé humaine et action sociale créées en 2018 sont toujours actives 5 ans plus tard. Elles étaient 81 % de la génération 2014.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2014 et 2018 en Guadeloupe, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquêtes Sine 2014 et 2018.
graphiqueFigure 2a – Taux de pérennité à 5 ans des sociétés guadeloupéennes créées en 2014 et 2018 selon les 6 premiers secteurs d’activité en 2018

- Lecture : En Guadeloupe, 64 % des sociétés du secteur de l’enseignement, santé humaine et action sociale créées en 2018 sont toujours actives 5 ans plus tard. Elles étaient 81 % de la génération 2014.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles créées au premier semestre 2014 et 2018 en Guadeloupe, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquêtes Sine 2014 et 2018.
L’effectif salarié quadruple, porté par un petit nombre de sociétés
Les entreprises guadeloupéennes créées au premier semestre 2018 employaient 330 salariés à leur début. Cinq ans plus tard, l’effectif salarié est pratiquement multiplié par quatre. Cette hausse intervient malgré la destruction d’une partie des emplois initiaux (12 %), du fait des cessations au cours de la période, et est portée par un nombre réduit d’entreprises.
Cette croissance reste néanmoins très concentrée : après cinq ans, en effet, 25 % des entreprises guadeloupéennes ont augmenté leur effectif, tandis que 71 % l’ont maintenu et 4 % l’ont réduit [Figure complémentaire 2 ; données]. La pérennité ne va donc pas nécessairement de pair avec le développement de l’entreprise : la majorité conserve une taille proche de celle du démarrage, tandis qu’un quart concentre l’essentiel des créations d’emplois.
Comme dans le reste de la France, les sociétés sont à l’origine de la quasi-totalité de la création d’emplois. Dès leur démarrage, elles concentrent 92 % des emplois salariés créés. Cinq ans plus tard, près d’un quart des sociétés encore actives ont augmenté leur effectif, contre seulement une entreprise individuelle sur vingt. Cette différence tient notamment aux caractéristiques de l’entreprise individuelle, souvent organisée autour du seul créateur et, par conséquent, moins tournée vers l’embauche.
Formalités administratives et financements sont les difficultés les plus fréquentes au démarrage
Régler les formalités administratives est la première difficulté évoquée par les créateurs guadeloupéens : 4 sur 10 la mentionnent qu’ils soient entrepreneurs individuels ou constitués en société, une proportion proche de celle observée dans l’Hexagone [Figure complémentaire 3 ; données]. La barrière financière est plus fréquente en Guadeloupe : plus d’un tiers des créateurs déclarent avoir rencontré des difficultés pour obtenir un financement, contre un sur cinq en Hexagone. De même, ouvrir un compte bancaire professionnel est une difficulté pour 17 % des créateurs en Guadeloupe, soit près de deux fois plus qu’en France métropolitaine. Au total, seulement 13 % des entrepreneurs déclarent n’avoir rencontré aucune difficulté particulière, 4 points de moins qu’au niveau national. Ces nombreuses difficultés montrent l’importance d’un accompagnement de l’entreprise lors de son démarrage et tout au long de son cycle de vie (encadré 2). En effet, les tensions financières perdurent après la création. En 2021, 44 % des jeunes entreprises encore actives déclarent avoir rencontré des problèmes de trésorerie depuis 2018, soit 16 points de plus qu’en France métropolitaine. En 2023, 38 % des entreprises toujours en activité déclarent en avoir rencontré au cours des deux années précédentes.
L’activité de sept jeunes entreprises sur dix a diminué pendant la crise sanitaire
Deux ans après leur création, les entreprises nées en 2018 sont confrontées à la crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19. Parmi celles toujours actives en 2021, sept entreprises sur dix déclarent avoir subi une diminution de leur activité au cours de cette période. En particulier, trois entreprises sur dix déplorent une réduction d’au moins la moitié de leur chiffre d’affaires et une sur dix la suspension totale de son activité (figure 3). En Hexagone, 6 % des entreprises ont dû arrêter complètement leur activité.
La crise sanitaire a particulièrement affecté le secteur de l’hébergement-restauration : huit entreprises sur dix ont subi une perte d’activité. Les confinements successifs et restrictions de déplacements ont fortement pesé sur l’activité des hébergements touristiques, des restaurants et des débits de boissons. Affectées par les mêmes contraintes, huit entreprises du commerce sur dix ont également enregistré une baisse d’activité. La construction a été un peu moins touchée : six entreprises sur dix ont été affectées négativement. Les chantiers ont souffert d’une pénurie de matériaux, accompagnée d’une augmentation des coûts d’importation avec la hausse du prix du fret maritime [Béral, Mouty, 2023 ; pour en savoir plus (2)].
La principale difficulté rencontrée est d’ordre financier : 71 % des entreprises ayant subi une perte d’activité liée à la crise ont dû y faire face, soit 12 points de plus qu’en France métropolitaine. Ces difficultés financières déjà présentes sont aggravées par la crise sanitaire. Un manque de débouchés ou de commandes s’est aussi fait ressentir pour plus d’un tiers d’entre elles. Enfin, le contexte insulaire de la Guadeloupe a amplifié les problèmes d’approvisionnement (26 % déclarent cette difficulté, 6 points de plus qu’en Hexagone). En effet, l’île est fortement dépendante de l’acheminement des marchandises depuis l’extérieur et les chaînes logistiques ont été perturbées durant la crise.
Inversement, deux entreprises encore actives en 2021 sur dix déclarent que la crise n’a pas affecté leur chiffre d’affaires et une sur dix a bénéficié d’une progression de son activité.
tableauFigure 3 – Effet de la crise sanitaire de la Covid-19 sur le chiffre d’affaires des entreprises créées en 2018
| Effet de la crise sanitaire | Guadeloupe | France Métropolitaine |
|---|---|---|
| Activité complètement arrêtée | 10 | 6 |
| Perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 50 % | 31 | 20 |
| Perte de chiffre d'affaires inférieure à 50 % | 29 | 29 |
| Pas d'impact sur le chiffre d'affaires | 20 | 33 |
| Chiffre d'affaires augmenté | 10 | 13 |
- Lecture : En Guadeloupe,10 % des entreprises créées en 2018 déclarent avoir complètement arrêter leur activité au cours de la crise sanitaire.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles, créées au cours du premier semestre 2018 et encore actives en novembre 2021, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).
graphiqueFigure 3 – Effet de la crise sanitaire de la Covid-19 sur le chiffre d’affaires des entreprises créées en 2018

- Lecture : En Guadeloupe,10 % des entreprises créées en 2018 déclarent avoir complètement arrêter leur activité au cours de la crise sanitaire.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles, créées au cours du premier semestre 2018 et encore actives en novembre 2021, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).
Deux tiers des jeunes entreprises ont bénéficié d’aides pendant la crise
Face aux conséquences économiques et financières de la crise sanitaire, plusieurs dispositifs publics de soutien aux entreprises ont été mis en place. Parmi les jeunes entreprises guadeloupéennes encore actives en 2021, 65 % déclarent avoir bénéficié d’au moins une mesure de soutien, une proportion proche de celle observée dans l’Hexagone (figure 4).
Parmi les entreprises créées en 2018 ayant atteint leur 3e anniversaire, environ neuf sur dix sont toujours actives en 2023, qu’elles aient ou non bénéficié d’au moins un dispositif de soutien. Cependant, même si les défaillances liées à la situation exceptionnelle sont évitées, les aides ne corrigent pas les difficultés préexistantes qui peuvent resurgir une fois celles-ci arrêtées.
En Guadeloupe, le recours aux dispositifs d’aide a été particulièrement fréquent dans les secteurs des arts, spectacles et activités récréatives (83 %), de l’hébergement et restauration (72 %) et du transport et entreposage (74 %). Les entreprises de certains secteurs ont moins recours aux aides qu’en Hexagone, notamment celles des secteurs de l’hébergement et restauration (-15 points), de l’enseignement, santé et action sociale (-11 points) et du transport et entreposage (-8 points). À l’inverse, elles en ont plus fréquemment bénéficié dans les activités financières (+17 points), l’industrie (+8 points) et la construction (+5 points).
Enfin, les jeunes entreprises guadeloupéennes ont moins souvent recours au report des échéances sociales ou fiscales qu’en France métropolitaine (18 % contre 29 %). En revanche, elles ont plus souvent mobilisé le fonds de solidarité pour les indépendants (30 % contre 25 % dans l’Hexagone). L’allocation d’activité partielle (chômage partiel) a concerné une jeune entreprise sur cinq en Guadeloupe comme à l’échelle nationale.
tableauFigure 4 – Part des entreprises créées en 2018 ayant déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État en lien avec la crise sanitaire
| Secteur d’activité | Guadeloupe | France métropolitaine |
|---|---|---|
| Arts, spectacles et activités récréatives | 83 | 81 |
| Transports et entreposage | 74 | 82 |
| Hébergement et restauration | 72 | 87 |
| Construction | 69 | 64 |
| Commerce et réparation d'automobiles | 68 | 74 |
| Industries et production et distribution d'énergies, d'eau, gestion des déchets | 66 | 58 |
| Ensemble | 65 | 64 |
| Activités de services | 62 | 66 |
| Activités financières, d'assurance et immobilières | 59 | 42 |
| Enseignement, santé humaine et action sociale | 57 | 68 |
| Activités spécialisées, scientifiques et techniques | 49 | 51 |
- Lecture : En Guadeloupe, 62 % des entreprises créées en 2018 dans le secteur des activités de service ont déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État durant la crise sanitaire.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles, créées au cours du premier semestre 2018 et encore actives en novembre 2021, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).
graphiqueFigure 4 – Part des entreprises créées en 2018 ayant déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État en lien avec la crise sanitaire

- Lecture : En Guadeloupe, 62 % des entreprises créées en 2018 dans le secteur des activités de service ont déclaré avoir bénéficié d’au moins une aide de l’État durant la crise sanitaire.
- Champ : Entreprises des secteurs marchands non agricoles, créées au cours du premier semestre 2018 et encore actives en novembre 2021, hors micro-entrepreneurs.
- Source : Insee, enquête Sine 2018 (interrogation 2021).
Encadré 1 : En Guadeloupe, 14 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 sont encore actifs cinq ans plus tard sous cette forme juridique
En Guadeloupe, un peu plus de 800 micro-entrepreneurs se sont immatriculés au premier semestre 2018. Cinq ans plus tard, 14 % d’entre eux sont encore actifs, un taux proche de celui observé en Martinique, mais inférieur de moitié à celui de la France métropolitaine.
Près de trois micro-entrepreneurs sur quatre développent leur activité principale dans un des secteurs suivants : commerce, activités de services, activités spécialisées, scientifiques et techniques, construction ou enseignement, santé et social. Le démarrage de l’activité est souvent marqué par des difficultés : 82 % des micro-entrepreneurs déclarent avoir rencontré des obstacles lors de la mise en place de leur projet, notamment en matière de démarches administratives et d’accompagnement.
La crise sanitaire a accentué les difficultés : près de la moitié des micro-entrepreneurs encore en activité en 2021 déclarent subir une baisse supérieure à 50 % de leur activité, tandis qu’un quart font état d’une baisse plus modérée. Un quart indique que leur activité reste stable ou progresse pendant cette période. Les principales difficultés rencontrées sont les difficultés financières, le manque de débouchés ou de commandes ainsi que les difficultés d’approvisionnement.
Pour faire face à cette situation, 55 % des micro-entrepreneurs bénéficient d’au moins un dispositif d’aide mis en place pendant la crise sanitaire. Parmi les bénéficiaires, 72 % ont recours au fonds de solidarité pour les indépendants, principal dispositif mobilisé, tandis que 39 % ont bénéficié d’autres aides liées à la crise sanitaire.
Encadré 2 : Un accompagnement de l’entreprise tout au long de son cycle de vie
Afin de favoriser la pérennité des entreprises et leur développement, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Îles de Guadeloupe propose une offre d’accompagnement couvrant les principales étapes de la vie d’une entreprise. En amont de la création, les porteurs de projet peuvent être accompagnés dans la validation de leur idée et la réalisation de leur étude de marché permettant d’évaluer sa faisabilité. Une fois l’entreprise créée, d’autres difficultés peuvent émerger. En effet, seules 13 % des entreprises créées en 2018 n’ont fait face à aucune difficulté particulière à leur démarrage. Parmi les difficultés les plus fréquemment rencontrées figurent les formalités administratives (42 %), l’obtention d’un financement (34 %) et le choix du statut (24 %). Il s’agit de trois domaines dans lesquels la CCI propose des supports. Au démarrage, 14 % des entreprises sont en difficulté pour embaucher du personnel qualifié. Ainsi, la CCI propose des offres de formations professionnelles afin de renforcer les compétences stratégiques des dirigeants et de leurs salariés. De manière plus générale, elle met à disposition des diagnostics pour identifier en amont leurs fragilités . Un volet spécifique est également disponible sur les transmissions/reprises des entreprises, à l’origine de 11 % des créations en 2018, avec une assistance personnalisée dans les démarches en ligne de modification de statuts ainsi qu’une mise en relation entre cédants et repreneurs.
Sources
Le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) est un dispositif permanent d’observation d’une génération de nouvelles entreprises tous les quatre ans. Le champ de l’enquête Sine couvre l’ensemble des créations d’entreprises du premier semestre d’une année donnée, hors micro-entrepreneurs, dans l’ensemble des activités marchandes non agricoles. Certaines unités sont classées hors champ de l’enquête, en particulier les entreprises qui ont vécu moins d’un mois, les activités de holding, les loueurs de logements et les sociétés civiles immobilières. Les entreprises créées sous le régime du micro-entrepreneur font l’objet d’une enquête spécifique. Bien que l’échantillon de l’enquête compte 40 000 entreprises, les résultats pour la cohorte Sine 2018 sont obtenus à partir de seulement 24 000 d’entre elles, considérées réellement comme des entreprises individuelles ou sociétés, les 16 000 autres étant des micro-entrepreneurs repérés après l’enquête. Cette cohorte a été enquêtée successivement fin 2018, fin 2021 et fin 2023.
La nomenclature utilisée pour les enquêtes relatives à la génération 2018 est la NAF rév. 2 au niveau A21. Les intitulés des postes « Commerce, réparation d’automobiles et de motocycles », « Activités financières, d’assurance et immobilières » « Industries, production et distribution d’énergies, d’eau, gestion des déchets » ont été remplacés par « Commerce », « Activités financières » et « Industrie » plus explicites. Par ailleurs les postes « Activités de services administratifs et de soutien » et « Autres activités de services » ont été regroupés sous l’intitulé « activités de services » dans cette étude.
Définitions
Une création d'entreprise correspond à la mise en œuvre d'une nouvelle combinaison de facteurs de production avec pour restriction qu'aucune autre entreprise ne soit impliquée dans cet évènement. Les créations d’entreprises sont en fait des créations d’unités légales.
Les chiffres sur les créations d’entreprises sont issus du dispositif rénové de calcul des créations d’entreprises, en vigueur depuis janvier 2022. Il en résulte un relèvement, en niveau, de l’historique des créations d’entreprises.
Le taux de pérennité à N ans est, pour une année donnée (2018 ou 2014), le rapport entre le nombre d’entreprises créées au cours du premier semestre ayant atteint leur Ne anniversaire, et l’ensemble des entreprises créées au cours du premier semestre. Les entreprises sont considérées comme actives à une date donnée si, jusqu’à cette date, elles n’ont pas effectué de formalité de cessation d’activité enregistrée dans le répertoire Sirene ou détectée lors de la collecte de l’enquête Sine.
La catégorie juridique correspond au cadre légal dans lequel une entreprise est créée et exercée. Elle détermine notamment son mode de fonctionnement, son régime fiscal et social, ainsi que le niveau de responsabilité du dirigeant. Les principales formes sont l’entreprise individuelle, où l’entrepreneur exerce en son nom propre, et les sociétés (comme les SARL, SAS ou EURL), qui disposent d’une personnalité juridique distincte de celle de leur dirigeant.
Un micro-entrepreneur bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions.
Le 1er janvier 2018, les plafonds de chiffre d’affaires permettant l’accès au régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social ont doublé. En 2018, année de création des entreprises de cette cohorte, le régime de micro-entrepreneur pouvait concerner des entreprises dont le chiffre d’affaires de l’année civile précédente ou de l’avant-dernière année n’excédait pas :
- 170 000 euros pour une activité de vente de marchandises, d'objets, d'aliments à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement ;
- 70 000 euros pour une activité de services.
Ces seuils ont été revalorisés de 4 % au 1er janvier 2020 puis de 7 % au 1er janvier 2023.
Pour en savoir plus
(1) Retrouvez davantage de données associées à cette publication en téléchargement.
(2) Béral A. (Cellule économique régionale de la construction de Guadeloupe), Mouty P. (Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Guadeloupe), « Construction - Une activité bridée par les tensions sur les conditions de production et sur les autres secteurs d’activités », Insee Conjoncture Guadeloupe no 24, juin 2023.
(3) Dorolle A., « En 2019, 61 % des entreprises classiques créées cinq ans plus tôt sont toujours actives », Insee Première no 1852, avril 2021.
(4) Baillot A., « Entreprises créées en 2018 : huit sur dix sont encore actives trois ans après leur création », Insee Première no 1962, juillet 2023.
(5) Duc C., Souquet C., « L’impact de la crise sanitaire sur l’activité des sociétés », Insee Première no 1830, décembre 2020.
