Salaires dans le secteur privé : caractéristiques des individus

Insee Références
Paru le :Paru le02/07/2026
Emploi, chômage, revenus du travail- Juillet 2026

Avertissement : Le champ des données de cette fiche s’est étendu dans cette édition 2026 de cet ouvrage, avec l’intégration de Mayotte d’une part, l’élargissement du champ aux apprentis et stagiaires rémunérés d’autre part. Les données ne sont pas comparables à celles de la fiche de l’édition 2025.

En 2024, dans le secteur privé, le s’élève en moyenne à 2 730 euros par mois (figure 1). Sur un an, il a continué d’augmenter en euros courants, mais moins qu’en 2023 (+2,8 %, après +4,0 %). Cependant, la baisse marquée de l’inflation en 2024 (+2,0 %, après +4,9 % en 2023 et +5,2 % en 2022) permet le redressement du pouvoir d’achat des salaires. En corrigeant de l’inflation, le salaire net moyen en euros constants a augmenté de 0,8 % en 2024, après -1,3 % en 2022 et -1,0 % en 2023. De 2019 à 2024, le salaire net moyen a toutefois quasiment stagné en euros constants (-0,1 % en moyenne par an), reculant notamment sous l’effet du regain inflationniste des années 2022 et 2023.

Figure 1 – Salaires mensuels nets moyens en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe

Figure 1 – Salaires mensuels nets moyens en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe - Lecture : En 2024, le salaire moyen des cadres est de 4 630 euros net mensuels en équivalent temps plein (EQTP).
Catégorie socioprofessionnelle Salaires en 2024 (en euros) Évolution 2024/2023 en euros constants (en %) Évolution annuelle moyenne 2024/2019 en euros constants (en %)
Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes Ensemble
Cadres¹ 4 180 4 910 4 630 0,4 0,0 0,1 -0,4 -0,9 -0,8
Professions intermédiaires 2 470 2 780 2 630 -0,1 -0,1 -0,1 -0,2 -0,5 -0,4
Employés 1 930 1 970 1 940 0,5 0,2 0,4 0,2 -0,3 -0,6
Ouvriers 1 850 2 100 2 050 1,6 1,0 1,1 0,4 -0,1 -0,1
Ensemble 2 510 2 890 2 730 1,0 0,7 0,8 0,3 -0,3 -0,1
  • 1. Y compris chefs d'entreprise salariés.
  • Lecture : En 2024, le salaire moyen des cadres est de 4 630 euros net mensuels en équivalent temps plein (EQTP).
  • Champ : France, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, base Tous salariés 2024, séries longues sur les salaires.

Le salaire net moyen a évolué différemment selon la catégorie socioprofessionnelle : en euros constants, il a progressé de 1,1 % en 2024 pour les ouvriers (2 050 euros) et de 0,4 % pour les employés (1 940 euros). Il s’est en revanche presque stabilisé pour les cadres (+0,1 % à 4 630 euros) et les professions intermédiaires (-0,1 % à 2 630 euros). Sur la période 2019-2024, le salaire net moyen a davantage reculé en euros constants pour les cadres (-0,8 % en moyenne par an) et les employés (-0,6 %) que pour les professions intermédiaires (-0,4 %) et les ouvriers (-0,1 %).

Sur plus longue période, entre 1996 et 2024, le salaire net en EQTP dans le secteur privé a augmenté de 0,5 % par an en moyenne, en euros constants (figure 2). Celui des ouvriers a le plus augmenté : +0,6 % par an, contre +0,4 % pour les employés, alors que celui des professions intermédiaires et celui des cadres ont globalement stagné.

Figure 2 – Salaire mensuel net moyen en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe

en euros 2024
Figure 2 – Salaire mensuel net moyen en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe (en euros 2024) - Lecture : En corrigeant de l'inflation, c'est-à-dire exprimé en euros 2024, le salaire net moyen en EQTP des femmes est passé de 2 035 euros à 2 514 euros entre 1996 et 2024, soit une augmentation de 0,8 % par an en moyenne.
Année Cadres, y c. chefs d'entreprise Professions intermédiaires Employés Ouvriers Femmes Hommes Ensemble
1996 4 640 2 683 1 807 1 787 2 035 2 618 2 400
1997 4 661 2 686 1 819 1 802 2 059 2 629 2 415
1998 4 684 2 688 1 841 1 811 2 088 2 647 2 437
1999 4 798 2 702 1 850 1 829 2 122 2 687 2 475
2000 4 881 2 702 1 839 1 834 2 130 2 704 2 486
2001 4 925 2 686 1 850 1 848 2 147 2 723 2 503
2002 4 934 2 684 1 853 1 860 2 151 2 730 2 507
2003 4 899 2 683 1 850 1 868 2 159 2 728 2 508
2004 4 876 2 670 1 843 1 877 2 164 2 734 2 511
2005 4 923 2 684 1 863 1 900 2 198 2 755 2 536
2006 4 936 2 695 1 867 1 891 2 207 2 758 2 541
2007 5 043 2 724 1 885 1 917 2 241 2 808 2 583
2008 5 012 2 720 1 887 1 940 2 248 2 817 2 590
2009 4 931 2 720 1 908 1 981 2 292 2 846 2 622
2010 4 991 2 727 1 905 1 979 2 308 2 859 2 635
2011 4 911 2 724 1 928 2 027 2 319 2 867 2 644
2012 4 865 2 692 1 914 2 016 2 316 2 852 2 633
2013 4 803 2 680 1 918 2 012 2 317 2 842 2 627
2014 4 827 2 699 1 935 2 021 2 339 2 852 2 641
2015 4 877 2 712 1 952 2 044 2 367 2 885 2 670
2016 4 892 2 715 1 952 2 048 2 385 2 892 2 681
2017 4 901 2 742 1 964 2 057 2 422 2 906 2 705
2018 4 890 2 729 1 964 2 060 2 437 2 911 2 714
2019 4 855 2 766 2 001 2 103 2 478 2 930 2 743
2020 4 947 2 803 2 039 2 117 2 568 3 010 2 826
2021 4 860 2 773 2 026 2 097 2 525 2 950 2 774
2022 4 800 2 748 2 008 2 077 2 505 2 906 2 738
2023 4 663 2 709 1 998 2 071 2 490 2 872 2 712
2024 4 665 2 708 2 007 2 095 2 514 2 891 2 733
  • Note : Les apprentis et stagiaires sont dans une catégorie socioprofessionnelle à part, non incluse dans ce tableau.
  • Lecture : En corrigeant de l'inflation, c'est-à-dire exprimé en euros 2024, le salaire net moyen en EQTP des femmes est passé de 2 035 euros à 2 514 euros entre 1996 et 2024, soit une augmentation de 0,8 % par an en moyenne.
  • Champ : France depuis 2000, France métropolitaine jusqu'en 1999, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l'agriculture et des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, base Tous salariés 2024, séries longues sur les salaires.

Figure 2 – Salaire mensuel net moyen en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe

  • Note : Les apprentis et stagiaires sont dans une catégorie socioprofessionnelle à part, non représentée sur ce graphique.
  • Lecture : En corrigeant de l'inflation, c'est-à-dire exprimé en euros 2024, le salaire net moyen en EQTP des femmes est passé de 2 035 euros à 2 514 euros entre 1996 et 2024, soit une augmentation de 0,8 % par an en moyenne.
  • Champ : France depuis 2000, France métropolitaine jusqu'en 1999, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l'agriculture et des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, base Tous salariés 2024, séries longues sur les salaires.

Le salaire net moyen croît avec l’âge et l’accumulation de l’expérience. Ce lien traduit aussi les effets des entrées en emploi et des sorties d’activité à des âges plus tardifs pour les salariés les plus qualifiés, avec des études plus longues et des départs en retraite plus tardifs. En 2024, un salarié de moins de 25 ans perçoit en moyenne 1 620 euros net par mois en EQTP, contre 3 270 euros pour un salarié de 55 ans ou plus (figure 3).

Figure 3 – Salaires mensuels nets moyens en EQTP selon l'âge et le sexe

Figure 3 – Salaires mensuels nets moyens en EQTP selon l'âge et le sexe - Lecture : En 2024, le salaire moyen des moins de 25 ans augmente de 0,4 % par rapport à 2023 en euros constants.
Tranche d'âge Salaires en 2024 (en euros) Évolution 2024/2023 en euros constants (en %) Évolution annuelle moyenne 2024/2019 en euros constants (en %)
Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes Ensemble Femmes Hommes Ensemble
Moins de 25 ans 1 590 1 640 1 620 0,2 0,5 0,4 -0,4 -0,1 -0,2
De 25 à 39 ans 2 440 2 630 2 550 1,0 0,5 0,7 0,5 0,0 0,2
De 40 à 49 ans 2 760 3 190 3 010 0,7 0,5 0,6 0,3 -0,4 -0,2
De 50 à 54 ans 2 820 3 430 3 170 1,5 0,9 1,1 0,7 0,0 0,2
55 ans ou plus 2 810 3 600 3 270 0,7 0,4 0,5 0,1 -0,7 -0,4
Ensemble 2 510 2 890 2 730 1,0 0,7 0,8 0,3 -0,3 -0,1
  • Lecture : En 2024, le salaire moyen des moins de 25 ans augmente de 0,4 % par rapport à 2023 en euros constants.
  • Champ : France, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, base Tous salariés 2024, séries longues sur les salaires.

En 2024, une femme gagne en moyenne 13,0 % de moins en EQTP qu’un homme, un écart qui s’est réduit de 0,3 point par rapport à 2023 et de 7,2 points depuis 2008. L’écart de salaire en défaveur des femmes est plus prononcé parmi les cadres (14,8 %) que parmi les ouvriers (11,7 %), les professions intermédiaires (11,2 %) et les employés (1,9 %). Cet écart diffère aussi selon l’âge : en 2024, les femmes salariées de moins de 25 ans gagnent en moyenne 3,2 % de moins que les hommes, alors que celles de 55 ans ou plus gagnent 21,7 % de moins. L’écart salarial entre les femmes et les hommes reflète en premier lieu la répartition genrée des professions : les femmes et les hommes n’exercent pas les mêmes métiers dans les mêmes secteurs d’activité. En comparant les salaires des femmes et des hommes exerçant le même emploi dans le même établissement, l’écart de salaire net en EQTP « à emploi comparable » est estimé à 3,6 % en 2024.

En 2024, en EQTP, 10 % des salariés perçoivent moins de 1 490 euros net par mois (1er , D1) et 10 % des salariés au moins 4 330 euros net (9ᵉ décile, D9) (figure 4). Le pouvoir d’achat des salaires a augmenté de manière homogène pour l’ensemble de la distribution : de +0,9 % pour le 1ᵉʳ décile à +0,7 % pour le 9ᵉ décile en un an. Ces évolutions tranchent avec celles observées en 2022 et 2023 : le pouvoir d’achat du bas de la distribution avait été préservé par les revalorisations automatiques du , quand celui des salaires plus élevés était érodé par l’inflation. En conséquence, après trois années de baisses consécutives, la dispersion des salaires mesurée par le s’est stabilisée en 2024 à 2,9, son plus bas niveau depuis dix ans. Cette dispersion est d’autant plus forte que la qualification des postes est élevée : les salaires des cadres sont plus dispersés (rapport interdécile à 3,2) que ceux des professions intermédiaires (2,3), des ouvriers (2,0) et des employés (1,8).

Figure 4 – Dispersion des salaires mensuels nets en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe en 2024

en euros
Figure 4 – Dispersion des salaires mensuels nets en EQTP selon la catégorie socioprofessionnelle et le sexe en 2024 (en euros) - Lecture : En 2024, la moitié des femmes a un salaire net mensuel inférieur à 2 080 euros, en EQTP.
Distribution Femmes Hommes Cadres¹ Professions intermédiaires Employés Ouvriers Ensemble
1er décile (D1) 1 480 1 510 2 300 1 650 1 420 1 440 1 490
1er quartile 1 690 1 790 2 920 2 000 1 580 1 660 1 750
Médiane 2 080 2 280 3 750 2 440 1 810 1 950 2 190
3e quartile 2 800 3 180 5 090 3 000 2 150 2 340 3 010
9e décile (D9) 3 920 4 630 7 280 3 710 2 610 2 810 4 330
Rapport interdécile
D9/D1 2,7 3,1 3,2 2,3 1,8 2,0 2,9
  • 1. Y compris chefs d'entreprise salariés.
  • Lecture : En 2024, la moitié des femmes a un salaire net mensuel inférieur à 2 080 euros, en EQTP.
  • Champ : France, salariés du privé, y compris alternants, stagiaires et bénéficiaires de contrats aidés ; hors salariés de l’agriculture et des particuliers-employeurs.
  • Source : Insee, base Tous salariés 2024.

Définitions

Le salaire en équivalent temps plein (EQTP) est un salaire converti à un temps plein pendant toute l’année, quel que soit le volume de travail effectif. Par exemple, pour un agent ayant occupé un poste de travail durant six mois à 80 % et ayant perçu au total 10 000 euros, le salaire en EQTP est de 10 000/(0,5×0,8)=25 000 euros par an.

Pour calculer le salaire moyen en EQTP ou sa distribution, tous les postes, y compris les postes à temps partiel, sont pris en compte au prorata de leur volume de travail effectif (soit 0,5×0,8=0,4 EQTP dans l’exemple précédent).

Les déciles partagent une population d’unités statistiques classée selon un critère donné, par exemple le salaire (revenu salarial, revenu d’activité, etc.), en dix sous‑populations de tailles égales. Le 1ᵉʳ décile (D1) (respectivement 9ᵉ décile, D9) est le seuil au‑dessous (respectivement au‑dessus) duquel se situent les 10 % des salaires les plus faibles (respectivement les plus élevés).

Le Smic est le salaire minimum légal en France. Il se réfère à l’heure de travail. Il a été institué par une loi du 2 janvier 1970.

Le rapport interdécile est un indicateur de dispersion ou d’inégalité de distribution du critère. Ce rapport entre le 9ᵉ et le 1ᵉʳ déciles (D9/D1) mesure les disparités entre le haut et le bas de la distribution du critère dans la population.

La médiane correspond au 5e décile (D5) : 50 % des salaires lui sont inférieurs et 50 % lui sont supérieurs.

Les quartiles (Q1, Q2, Q3, Q4) partagent la population en quatre sous‑groupes de tailles égales.