Les hauts revenus épargnent-ils davantage ?

Bertrand GARBINTI et Pierre LAMARCHE

Existe-t-il des différences de taux d'épargne en fonction des revenus ? Cette interrogation est au cœur de nombreuses questions de politiques publiques : les taxes sur la consommation sont-elles régressives ? Quel est l'effet d'une hausse d'impôt pour les hauts revenus ? Faut-il subventionner l'épargne-retraite ?,... L'observation des taux d'épargne en fonction des revenus courants laisse apparaître un lien positif. Néanmoins, l'épargne peut être une décision de long terme et pourrait donc ne pas être uniquement liée au revenu courant. Si les ménages anticipent une baisse de revenu, ils tendent à “lisser” leur consommation et, en cas de revenu exceptionnellement élevé, ils peuvent ajuster leur épargne à la hausse. Le vrai comportement d'épargne pourrait alors être révélé par le lien entre consommation et revenu permanent, celui-ci étant défini comme le revenu qui correspond au flux actualisé de ressources que le ménage s'attend à percevoir sur une longue période, corrigé de ses fluctuations transitoires. À partir de l'enquête Patrimoine 2010, nous étudions le lien entre épargne et revenu (courant et permanent) grâce à différentes approches pour estimer le revenu permanent. Jusqu'ici, les cinq approches différentes que nous employons n'ont jamais été utilisées conjointement. Ceci permet de comparer les résultats obtenus et leur sensibilité aux méthodes d'estimation. Tous nos résultats suggèrent que le taux d'épargne est significativement plus élevé pour les ménages aux revenus (courants et permanents) les plus hauts.

Documents de travail
No G2014/10-F1408
Paru le : 16/10/2014