Les marchés du travail français et américain face aux chocs conjoncturels des années 1986 à 2007 : une modélisation DSGE

Thomas LE BARBANCHON - Benoît OURLIAC - Olivier SIMON

Jusqu'à la crise en cours, il était fréquent d'opposer les capacités de récupération des marchés du travail américain et européen face aux chocs conjoncturels. Les États-Unis étaient en général considérés plus "résilients", c'est-à-dire davantage affectés à court terme mais revenant plus facilement à leur trajectoire initiale. La crise en cours relativise cette vision mais on peut aussi en réexaminer la validité pour la période antérieure. Entre 1986 et 2007, les États-Unis se sont certes caractérisés par un output gap à la fois plus fluctuant et retournant plus rapidement à l'équilibre. Mais ceci ne suffit pas à conclure à une plus forte résilience. Ceci a pu également résulter de différences dans la nature des chocs auxquels ils ont été exposés. Départager ces deux interprétations par des approches a-structurelles est difficile. On s'appuie ici sur une approche structurelle directement inspirée de Christoffel and Linzert (2005). Elle mobilise deux maquettes DSGE jumelles calibrées séparément sur les États-Unis et sur la France et intégrant un modèle d'appariement à la Diamond, Mortensen et Pissarides. Cette approche montre que les écarts de résilience ne peuvent être appréciés en bloc mais dépendent du type de choc considéré. Ces écarts sont marqués pour les chocs relatifs au marché du travail et sont moins nets pour des chocs standards (chocs de productivité, chocs de politique monétaire). On utilise les mêmes maquettes pour évaluer la nature des chocs sur la période étudiée et leurs contributions aux fluctuations de l'output gap. Selon cette modélisation, les écarts de trajectoire des deux pays s'expliquent donc surtout par des combinaisons différentes de ces deux types de chocs, plus que par des capacités différentes d'absorption de ces chocs.

Documents de travail
No G2011/01
Paru le : 24/01/2011