Demographic change and unemployment: what do macroeconometric models predict?

Jean-François OUVRARD - Roland RATHELOT

Le recul de la natalité et celui de la mortalité modifient la structure démographique de la majeure partie des pays industrialisés. Nous nous intéressons particulièrement au cas français, où, après plusieurs décennies de croissance assez soutenue, la population active devrait voir sa progression ralentir voire s'inverser. Ce retournement s'accompagnera d'une croissance rapide de la population en âge d'être retraitée. L'objectif de ce texte est d'examiner les conséquences de ces deux phénomènes pour le marché du travail. On compare deux modélisations de ce marché du travail : l'approche WS-PS et l'approche de la courbe de Phillips. On sépare les effets temporaires et permanents, les effets qui résultent du seul freinage de l'offre de travail et ceux qui résultent de la hausse des prélèvements requis pour faire face au vieillissement. Le recours au modèle macroéconométrique Mésange permet de prendre en compte l'ensemble des effets de bouclage et d'en préciser le calendrier. Des effets positifs sont attendus à court terme, mais ils seront de faible amplitude et transitoires. L'approche WS-PS fait apparaître des effets négatifs durables : la hausse des prélèvements provoquée par le vieillissement augmente le chômage à long terme. Cet effet de long terme disparaît si l'on revient à la spécification de type Phillips. Globalement, les effets à long terme dépendent du contenu de la négociation salariale. Plus l'objectif des salariés est éloigné du coût global du travail (et plus il est proche du salaire net), plus on risque d'avoir un effet défavorable du retournement démographique sur le chômage.

Documents de travail
No G2006/04
Paru le : 01/07/2006