Emploi, chômage, revenus du travail Édition 2026

L’Insee et la Dares présentent dans cet ouvrage un ensemble d’analyses et d’indicateurs portant sur le marché du travail.

Insee Références
Paru le :Paru le02/07/2026
Emploi, chômage, revenus du travail- Juillet 2026
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Revenus d’activité des non‑salariés

Insee Références

Paru le :02/07/2026

Fin 2024, hors secteur agricole, 3,9 millions de personnes exercent une activité non salariée, à titre principal ou en complément d’une activité salariée (figure 1). Parmi elles, 49 % travaillent dans les services aux particuliers, la santé et la construction, alors que ces secteurs ne rassemblent que 32 % des salariés non agricoles du privé. Les économiquement actifs représentent désormais un peu plus de la moitié (52 %) des non agricoles, et même plus de 80 % dans certaines activités comme l’enseignement, le commerce de détail hors magasin ou les services administratifs et de soutien aux entreprises. Leur nombre a fortement progressé ces dernières années : de 8 % en moyenne par an de 2013 à 2017, puis de 15 % par an entre 2018 et 2021, à la suite du doublement des plafonds de chiffre d’affaires ouvrant droit à ce statut début 2018, avant de retrouver le rythme de 8 % entre 2021 et 2024 (figure 2). Celui de non‑salariés classiques a diminué de près de 2 % par an entre 2013 et 2019. Après une quasi-stabilisation en 2020 (‑0,1 %), notamment grâce aux dispositifs de soutien durant la crise sanitaire, il est reparti à la hausse depuis (+0,5 % par an en moyenne entre 2021 et 2024).

Figure 1 – Effectifs et revenus d’activité des non-salariés par secteur en 2024

Figure 1 – Effectifs et revenus d’activité des non-salariés par secteur en 2024 - Lecture : Fin 2024, 449 000 non-salariés travaillent dans la construction, dont 48,7 % de micro-entrepreneurs (ME) et 3,4 % de femmes. Dans ce secteur, le revenu mensuel moyen (hors ME) est de 3 050 euros, celui des ME de 900 euros.
Caractéristiques Effectifs au 31 décembre (y c. ME) Revenu mensuel (hors ME) Revenu mensuel moyen des ME (en euros)
Ensemble¹ (en milliers) Femmes Micro-entrepreneurs¹ (ME) Revenu moyen² (en euros) Proportion de revenus nuls ou déficitaires (en %)
(en %) Ensemble Femmes Hommes
Industrie (hors artisanat commercial) 206 48,0 68,5 3 320 2 040 3 640 12,4 370
Construction 449 3,4 48,7 3 050 2 350 3 080 7,5 900
Commerce et artisanat commercial 548 35,7 44,1 3 100 2 650 3 310 12,4 490
Commerce et réparation d'automobiles 86 6,7 45,3 2 830 2 440 2 860 12,2 530
Commerce de gros 87 30,8 43,6 3 940 2 800 4 260 16,5 850
Commerce pharmaceutique 24 56,2 0,3 6 390 5 760 7 210 3,8 610
Métiers de bouche 43 29,9 13,3 2 650 2 070 2 850 8,4 490
Commerce de détail en magasin 155 45,8 21,8 2 650 2 140 3 060 12,9 550
Commerce de détail hors magasin 154 42,8 81,5 1 560 1 230 1 720 17,1 340
Transports, dont : 151 8,2 60,0 2 050 2 020 2 050 11,1 290
Taxis et VTC 60 8,1 38,3 1 540 1 890 1 510 8,3 600
Services aux entreprises et mixtes 1 091 40,4 60,2 5 170 4 300 5 610 12,4 860
Information et communication 155 21,8 71,8 4 190 3 110 4 340 14,0 1 060
Activités financières et d'assurance 56 25,0 17,5 6 170 4 660 6 600 12,0 1 090
Activités immobilières 87 44,3 51,1 2 480 1 890 2 800 27,2 1 030
Activités juridiques et comptables 108 53,3 2,8 8 240 6 320 10 410 3,7 1 330
Conseil de gestion 195 46,1 68,8 4 510 3 090 5 210 15,7 1 010
Architecture, ingénierie 82 23,9 41,6 4 070 3 040 4 320 10,0 1 160
Autres activités spécialisées 166 49,4 81,4 2 950 2 270 3 350 13,7 720
Vétérinaires 12 51,7 5,5 6 370 5 180 7 510 2,7 850
Services administratifs et de soutien aux entreprises 230 42,9 80,0 3 370 2 490 3 740 18,8 630
Services aux particuliers (hors santé) 890 56,4 66,7 1 960 1 650 2 220 14,1 560
Hébergement et restauration 197 39,0 26,8 2 080 1 700 2 290 17,3 660
Arts, spectacles et activités récréatives 116 40,1 79,2 2 030 1 610 2 210 17,9 510
Enseignement 226 50,4 81,2 2 020 1 820 2 150 11,8 650
Coiffure et soins de beauté 140 90,5 60,1 1 690 1 640 1 980 6,2 530
Autres services personnels 211 65,5 86,0 1 730 1 330 2 110 14,3 490
Santé humaine et action sociale, dont : 576 66,2 17,6 6 020 4 640 8 310 2,1 860
Médecins et dentistes 166 45,5 0,2 10 180 7 970 12 020 1,8 910
Professions paramédicales et sages-femmes 294 72,1 5,0 3 890 3 650 4 500 1,5 1 340
Ensemble 3 911 42,1 52,3 4 150 3 620 4 470 9,6 680
  • ns : non significatif.
  • 1. Les non-salariés dont le secteur d'activité est inconnu ont été répartis dans les différents secteurs pour le calcul des effectifs. Dans les autres colonnes, ils sont en revanche pris en compte uniquement pour le total, mais pas dans le détail par secteur.
  • 2. Les revenus de ceux qui deviennent non-salariés en cours d’année sont annualisés, au prorata de leur durée d’affiliation. Les revenus de ceux qui ne sont plus non-salariés au 31 décembre sont exclus.
  • Note : Les taxés d'office sont pris en compte dans les effectifs mais pas dans les revenus.
  • Lecture : Fin 2024, 449 000 non-salariés travaillent dans la construction, dont 48,7 % de micro-entrepreneurs (ME) et 3,4 % de femmes. Dans ce secteur, le revenu mensuel moyen (hors ME) est de 3 050 euros, celui des ME de 900 euros.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes exerçant une activité non salariée au 31 décembre 2024, hors agriculture.
  • Source : Insee, base Non-salariés 2024.

Figure 2 – Évolution du revenu moyen en euros constants et des effectifs non salariés entre 2013 et 2024

indice base 100 en 2013
Figure 2 – Évolution du revenu moyen en euros constants et des effectifs non salariés entre 2013 et 2024 (indice base 100 en 2013) - Lecture : Entre 2013 et 2024, les revenus des non-salariés classiques ont augmenté en moyenne de 7,6 % (indice base 100 en 2013, en euros constants).
Année Ensemble des non-salariés classiques Ensemble des micro-entrepreneurs
Revenus (en euros constants) Effectifs Revenus (en euros constants) Effectifs
2013 100,0 100,0 100,0 100,0
2014 101,6 97,5 98,1 108,2
2015 104,1 96,2 104,0 114,5
2016 107,0 93,6 107,6 123,4
2017 110,1 92,0 111,9 133,7
2018 115,3 90,2 125,3 152,8
2019 114,1 90,3 135,4 180,3
2020 107,5 90,2 125,7 198,3
2021 117,8 90,7 141,7 235,7
2022 111,7 91,1 143,6 254,3
2023 106,8 91,2 138,6 272,6
2024 107,6 92,0 135,6 294,4
  • Lecture : Entre 2013 et 2024, les revenus des non-salariés classiques ont augmenté en moyenne de 7,6 % (indice base 100 en 2013, en euros constants).
  • Champ : France hors Mayotte, non-salariés en activité au 31 décembre, hors agriculture et hors taxés d'office pour les revenus.
  • Source : Insee, bases Non-salariés.

Figure 2 – Évolution du revenu moyen en euros constants et des effectifs non salariés entre 2013 et 2024

  • Lecture : Entre 2013 et 2024, les revenus des non-salariés classiques ont augmenté en moyenne de 7,6 % (indice base 100 en 2013, en euros constants).
  • Champ : France hors Mayotte, non-salariés en activité au 31 décembre, hors agriculture et hors taxés d'office pour les revenus.
  • Source : Insee, bases Non-salariés.

En 2024, hors agriculture et hors ME, les perçoivent en moyenne un de 4 150 euros par mois. Les activités de médecine sont les plus rémunératrices (10 180 euros par mois), suivies des activités juridiques et comptables (8 240 euros), du commerce pharmaceutique (6 390 euros) et des vétérinaires (6 370 euros). À l’opposé, le revenu moyen est le plus faible pour les taxis et VTC (1 540 euros par mois). Les ME économiquement actifs ont des revenus bien plus faibles, du fait des plafonds de chiffre d’affaires imposés par le statut, mais aussi de périodes d’activité parfois très courtes. Ils perçoivent en moyenne 680 euros par mois au titre de leur activité non salariée, soit six fois moins en moyenne que les non-salariés classiques. Par ailleurs, 28 % des ME occupent aussi un emploi salarié dont ils tirent leurs principales ressources, contre 6 % des non‑salariés classiques.

Les femmes restent minoritaires parmi les non‑salariés (42 % en 2024), mais leur part continue d’augmenter régulièrement : elle était de 31 % en 2008. Hors ME, elles perçoivent en moyenne 3 620 euros par mois en 2024, soit 19 % de moins que les hommes (4 470 euros). Elles sont pourtant proportionnellement plus nombreuses que la moyenne dans les quatre secteurs les plus rémunérateurs (entre 45 % et 56 %), mais y gagnent nettement moins que les hommes (‑34 % parmi les médecins et dentistes, ‑39 % parmi les juristes et comptables, -31 % parmi les vétérinaires et ‑20 % parmi les pharmaciens), en partie car elles exercent leur activité depuis moins longtemps et pour un nombre d’heures moins élevé dans l’année.

Hors agriculture, 10 % des non‑salariés classiques ont déclaré un revenu nul ou déficitaire en 2024, car ils n’ont pas dégagé de bénéfices ou ne se sont pas versé de rémunération. Parmi ceux percevant un revenu positif, 10 % ont gagné moins de 650 euros par mois, la moitié moins de 3 000 euros et 10 % plus de 9 360 euros (figure 3). Le (D9/D1) du revenu d’activité des non‑salariés classiques est ainsi de 14, quand celui des ME est de 108.

Figure 3 – Dispersion des revenus des non-salariés classiques en 2024 selon le secteur d’activité

revenu mensuel en euros
Figure 3 – Dispersion des revenus des non-salariés classiques en 2024 selon le secteur d’activité (revenu mensuel en euros) - Lecture : Dans les services aux particuliers, un non-salarié classique sur dix perçoit un revenu d'activité inférieur à 320 euros par mois (1er décile).
Secteur 1er décile (D1) 1er quartile (Q1) 5e décile (médiane D5) 3e quartile (Q3) 9e décile (D9)
Transports 430 880 1 630 2 800 4 450
Services aux particuliers 320 850 1 650 2 720 4 400
Commerce 440 1 160 2 410 4 310 7 260
Industrie 420 1 100 2 450 4 520 7 740
Construction 770 1 620 2 620 3 960 6 060
Ensemble 650 1 550 3 000 5 300 9 360
Services aux entreprises et mixtes 690 1 840 3 770 6 810 11 670
Santé 1 610 2 750 4 250 7 150 12 410
  • Lecture : Dans les services aux particuliers, un non-salarié classique sur dix perçoit un revenu d'activité inférieur à 320 euros par mois (1er décile).
  • Champ : France hors Mayotte, non-salariés en activité au 31 décembre 2024, hors agriculture, hors micro-entrepreneurs, hors revenus nuls ou déficitaires et hors taxés d'office.
  • Source : Insee, base Non-salariés 2024.

Figure 3 – Dispersion des revenus des non-salariés classiques en 2024 selon le secteur d’activité

  • Lecture : Dans les services aux particuliers, un non-salarié classique sur dix perçoit un revenu d'activité inférieur à 320 euros par mois (1er décile).
  • Champ : France hors Mayotte, non-salariés en activité au 31 décembre 2024, hors agriculture, hors micro-entrepreneurs, hors revenus nuls ou déficitaires et hors taxés d'office.
  • Source : Insee, base Non-salariés 2024.

Depuis 2019, les revenus d’activité des non-salariés ont d’abord été affectés par la crise sanitaire et la chute de l’activité qui en a résulté, puis par le fort regain d’inflation en 2022 et 2023. Le revenu d’activité moyen des non‑salariés classiques a, en euros constants, ainsi diminué de 5,2 % en 2022 puis de 4,4 % en 2023 (figure 2). En 2024, avec le repli de l’inflation, il a légèrement rebondi (+0,7 % en euros constants), mais est resté inférieur à son niveau d’avant crise sanitaire (-5,6 % en euros constants par rapport à 2019). Le revenu d’activité moyen des ME, quant à lui, a mieux résisté en 2022 (+1,4 % en euros constants), puis a nettement reculé à son tour en 2023 (-3,5 %). En 2024, il a diminué de nouveau, de 2,2 % en euros constants, revenant à son niveau de 2019.

Définitions

Un micro-entrepreneur (ME) bénéficie du régime de même nom (appelé auto-entrepreneur jusqu’en 2014), qui offre des formalités de création d’entreprise allégées et un mode de calcul et de paiement simplifié des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Il s’applique aux entrepreneurs individuels qui en font la demande, sous certaines conditions.

Les non-salariés désignent l’ensemble des personnes affiliées à un régime de protection sociale des travailleurs non salariés : Sécurité sociale des indépendants (SSI) ou Mutualité sociale agricole (MSA). Sont concernés les micro-entrepreneurs et les non-salariés classiques.

Les non-salariés classiques désignent les non-salariés (cotisant à un régime de protection sociale des travailleurs non salariés), hors micro-entrepreneurs.

Le revenu d’activité des non-salariés est le revenu ou bénéfice issu de l’activité non salariée, déduction faite des cotisations sociales payées dans l’année et des charges professionnelles associées. Les contributions sociales imposables (CSG non déductible, CRDS) ne sont pas déduites.

Le rapport interdécile est un indicateur de mesure des inégalités de revenus entre les personnes. Le rapport interdécile D9/D1 correspond au ratio entre le 9e et le 1er décile. Il fournit une mesure des disparités entre le haut et le bas de la distribution du revenu dans la population. Le rapport interdécile D5/D1 entre la médiane et le 1er décile est une mesure de la dispersion dans la moitié basse de la distribution, tandis que le rapport interdécile D9/D5 entre le 9e décile et la médiane rend compte des disparités dans la moitié haute.

Les déciles partagent la population en dix sous-populations de taille égale.

Pour en savoir plus

« Les revenus d’activité des non-salariés en 2024 », Insee Première no 2114, juin 2026.

 Emploi et revenus des indépendants, coll. « Insee Références », édition 2025.