Emploi, chômage, revenus du travail Édition 2026

L’Insee et la Dares présentent dans cet ouvrage un ensemble d’analyses et d’indicateurs portant sur le marché du travail.

Insee Références
Paru le :Paru le02/07/2026
Emploi, chômage, revenus du travail- Juillet 2026
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Négociations et grèves dans les entreprises

Insee Références

Paru le :02/07/2026

En 2024, en France hors Mayotte, 17,2 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole ont engagé au moins une négociation collective à leur niveau, au niveau d’un de leurs établissements, de l’unité économique et sociale ou du groupe auquel elles appartiennent (figure 1). Cette part a augmenté de 1,0 point sur un an. Dans les entreprises de 10 à 49 salariés, cette proportion atteint 9,8 %, 1,1 point de plus qu’en 2023.

Figure 1 – Négociation collective, signature d'accords et grèves dans les entreprises en 2024

en %
Négociation collective, signature d'accords et grèves dans les entreprises en 2024 (en %) - Lecture : En 2024, 9,8 % des entreprises de 10 à 49 salariés ont engagé au moins une négociation collective.
Caractéristiques Négociations engagées1 Grèves : entreprises ayant connu au moins un arrêt collectif de travail
Entreprises ayant négocié au moins une fois Salariés concernés par ces négociations Entreprises ayant signé au moins un accord parmi celles ayant négocié
Taille des entreprises
10 à 49 salariés 9,8 12,6 80,1 0,8
50 à 99 salariés 36,6 38,3 82,8 2,3
100 à 199 salariés 57,0 58,5 87,1 4,0
200 à 499 salariés 77,4 79,0 90,3 9,7
500 salariés ou plus 94,6 97,4 93,0 23,4
Secteur d’activité
Industrie 26,1 74,4 86,1 2,5
Construction 10,4 39,3 87,9 0,2
Activités tertiaires, dont : 16,5 60,2 82,6 1,7
Transports et entreposage 22,5 74,3 87,9 2,4
Entreprises ayant une couverture syndicale 81,3 95,8 88,6 11,4
Ensemble 17,2 61,5 83,7 1,6
  • 1. Au niveau de l'entreprise, de l'un de ses établissements, de l'unité économique et sociale ou du groupe.
  • Lecture : En 2024, 9,8 % des entreprises de 10 à 49 salariés ont engagé au moins une négociation collective.
  • Champ : France hors Mayotte, entreprises privées de 10 salariés ou plus, hors agriculture, particuliers-employeurs et activités extraterritoriales.
  • Source : Dares, enquête Acemo « Dialogue social en entreprise ».

En 2024, 83,7 % des entreprises qui ont ouvert des négociations ont conclu au moins un accord, un taux d’aboutissement en baisse de 3,2 points sur un an. Le thème salarial reste le premier thème abordé, par 10,3 % des entreprises, devant celui de l’épargne salariale (6,8 %) et du temps de travail (5,4 %) (figure 2). Le thème du droit syndical (2,5 %) a le plus diminué (-2,3 points par rapport à 2023), après le pic de renouvellement des comités sociaux et économiques (CSE).

Figure 2 – Thèmes abordés dans les négociations et les accords d'entreprise signés en 2024

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Thèmes abordés dans les négociations et les accords d'entreprise signés en 2024 (en %) - Lecture : En 2024, les salaires et primes ont fait l’objet de négociations collectives dans 10,3 % des entreprises de 10 salariés ou plus, que ces négociations aient eu lieu dans l’entreprise même, dans un de ses établissements, ou dans l'unité économique et sociale à laquelle elle appartient.
Thèmes des négociations Enquête Acemo DSE (hors négociation de groupe) Enregistrement administratif des accords d'entreprise
Entreprises ayant négocié au moins une fois sur un thème identifié Entreprises ayant conclu un accord parmi celles ayant négocié sur un thème identifié Part des salariés concernés par au moins un accord sur un thème identifié Nombre d’accords enregistrés par le ministère1
(en unité)
Variation du nombre d'accords 2023-2024 Part d’accords signés par les délégués syndicaux
Salaires et primes 10,3 71,6 35,8 21 080 3,2 81,8
Emploi
(gestion des âges, restructuration, PSE2, etc.)
2,0 64,3 12,4 4 230 10,4 81,6
Égalité professionnelle
entre femmes et hommes
3,5 69,2 14,9 8 570 26,2 85,0
Épargne salariale
(intéressement, participation, PEE, etc.)
6,8 86,3 27,2 39 210 9,4 25,6
Temps de travail
(durée, aménagement, etc.)
5,4 72,1 16,9 21 180 5,4 53,3
Conditions de travail
(dont pénibilité)
4,2 60,8 14,6 7 360 18,9 71,9
Protection sociale 3,0 64,5 11,8 4 570 37,7 87,7
Formation professionnelle 1,7 39,7 3,4 680 -5,6 85,8
Droit syndical (élections professionnelles,
mise en place d'un CSE, formation des élus, etc.)
2,5 76,2 13,9 4 100 -62,9 83,5
Ensemble 15,5 85,6 54,2 88 610 -3,0 50,9
  • 1. Nombre d'accords abordant chaque thème, un même accord pouvant être multi-thèmes.
  • 2. PSE : plan de sauvegarde de l'emploi.
  • Note : Les thèmes de ce tableau correspondent à ceux listés dans le questionnaire de l’enquête Acemo DSE (Dialogue social en entreprise). Il est possible qu'un répondant déclare la tenue de négociation sur un autre thème que ceux proposés, ou ne déclare aucun thème de négociation. De plus, les chiffres agrégés diffèrent de ceux de la figure 1 car dans la figure 2, la négociation de groupe n'est pas prise en compte.
  • Lecture : En 2024, les salaires et primes ont fait l’objet de négociations collectives dans 10,3 % des entreprises de 10 salariés ou plus, que ces négociations aient eu lieu dans l’entreprise même, dans un de ses établissements, ou dans l'unité économique et sociale à laquelle elle appartient.
  • Champ : France hors Mayotte, entreprises privées de 10 salariés ou plus, hors agriculture, particuliers-employeurs et activités extraterritoriales pour l’enquête Acemo DSE ; ensemble des accords d’entreprise (toutes tailles d’entreprises et tous secteurs confondus) pour la base des accords.
  • Source : Dares, enquête Acemo « Dialogue social en entreprise » et base statistique des accords d'entreprise (données consolidées).

Parmi les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur marchand non agricole, 1,6 % déclarent avoir connu un ou plusieurs arrêts collectifs de travail en 2024 (figure 1), soit 1,1 point de moins qu’en 2023, année marquée par le mouvement social contre la réforme des retraites. Ces entreprises emploient 18,5 % de l’ensemble des salariés du champ. Le nombre de journées individuelles non travaillées pour 1 000 salariés a fortement diminué : il est passé de 171 en 2023 à 62 en 2024 (figure 3).

Figure 3 – Nombre de jours de grève pour 1 000 salariés et motifs de grève(s) les plus fréquents en 2024

en %
Nombre de jours de grève pour 1 000 salariés et motifs de grève(s) les plus fréquents en 2024 (en %) - Lecture : En 2024, dans l'industrie, le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève rapporté aux effectifs salariés de ce secteur équivaut à 90 jours pour 1 000 salariés. 57 % des entreprises de l'industrie indiquent que les rémunérations figurent parmi les motifs de grève(s) survenue(s) en 2024.
Secteur d'activité Nombre de jours pour 1 000 salariés Rémunérations Réforme des retraites Emploi Conditions de travail Temps de travail
Industrie 90 57 27 21 17 9
Construction 3 ns ns ns ns ns
Activités tertiaires, dont : 61 55 9 10 39 15
Transports et entreposage 403 56 35 6 24 19
Ensemble 62 56 13 12 34 14
  • ns : non significatif.
  • Note : Le total des motifs est supérieur à 100 %, car un même arrêt de travail peut porter sur plusieurs revendications.
  • Lecture : En 2024, dans l'industrie, le nombre de journées individuelles non travaillées pour fait de grève rapporté aux effectifs salariés de ce secteur équivaut à 90 jours pour 1 000 salariés. 57 % des entreprises de l'industrie indiquent que les rémunérations figurent parmi les motifs de grève(s) survenue(s) en 2024.
  • Champ : France hors Mayotte, entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé, hors agriculture, particuliers-employeurs et activités extraterritoriales, ayant déclaré un arrêt collectif de travail.
  • Source : Dares, enquête Acemo « Dialogue social en entreprise ».

En 2024, parmi les entreprises concernées par des grèves, 54 % l’ont été au moins en partie dans le cadre de conflits nationaux, sectoriels ou interprofessionnels. À l’inverse, 46 % d’entre elles signalent exclusivement des motifs internes de mobilisation contre 15 % en 2023, année dominée par le conflit national au sujet des retraites. Cité par 56 % des entreprises ayant connu une grève, le motif des rémunérations est le plus fréquent ; viennent ensuite les conditions de travail (34 %) et le temps de travail (14 %).

Parmi les entreprises ayant une couverture syndicale, 11,4 % déclarent avoir connu au moins un arrêt collectif de travail en 2024 ; dans la plupart des cas, elles déclarent également l’existence d’une négociation collective au cours de l’année. Ces deux actions supposent la présence d’interlocuteurs, tels que les syndicats, en mesure de mener des négociations et à même d’organiser collectivement les salariés. Le processus englobant conflits, négociations et accords suit des chronologies diverses : soit qu’un conflit ait pour objectif de revendiquer des négociations ou de peser sur l’issue de ces dernières, soit que la négociation collective constitue un moyen de mettre fin à un conflit.