Estimations d'emploi en 2018Estimations d'emploi - Insee Résultats

Chiffres détaillés
Insee Résultats
Paru le : Paru le 05/12/2019
Thomas Cohadon (division Synthèse et conjoncture du marché du travail – Insee), Éric Planchais (mission Estimations d'emploi localisées – Insee)
Insee Résultats - décembre 2019
Sommaire

L’emploi reste dynamique en 2018 malgré un repli dans quatre régions

Thomas Cohadon (division Synthèse et conjoncture du marché du travail – Insee), Éric Planchais (mission Estimations d'emploi localisées – Insee)

En 2018, l’emploi en France progresse moins vite : + 225 000 après + 338 000 en 2017, malgré l'accélération de l’emploi non salarié. L’emploi est surtout porté par le tertiaire marchand, la légère reprise de la construction et une hausse dans l’industrie. Le ralentissement du tertiaire non marchand se poursuit.

En 2018, l’emploi n’augmente plus partout : il baisse à La Réunion, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Centre-Val de Loire et le Grand Est. Il est par contre particulièrement dynamique en Corse, en Guadeloupe et en Guyane.

Insee Focus

No 172

Paru le : 05/12/2019

L’emploi progresse moins vivement en 2018 qu’en 2017

Fin 2018, 28,1 millions de personnes occupent un emploi en France hors Mayotte (sources). L’emploi continue de progresser fortement avec la création nette de 225 000 emplois en 2018 (figure 1). La hausse est plus faible que l’année précédente, mais avec 338 000 créations d’emplois, 2017 marquait la plus forte progression annuelle depuis 2007.

Cet infléchissement est surtout imputable au ralentissement de l’activité économique : 1,7 % de hausse du produit intérieur brut en 2018, après + 2,3 % en 2017. En outre, l’effet des politiques allégeant le coût du travail continue de s’estomper, du fait notamment de l’arrêt mi-2017 de la prime à l’embauche dans les PME.

Le ralentissement de l’emploi provient de l’emploi salarié, qui constitue près de 90 % de l’emploi total. L’emploi salarié augmente de 154 000 emplois en 2018, soit plus de deux fois moins qu’en 2017 (+ 323 000).

En revanche, l’emploi non salarié accélère en 2018 (+ 71 000 en 2018, après + 15 000 en 2017). Les assouplissements apportés au régime de la microentreprise, notamment le doublement des plafonds de chiffre d’affaires à compter de janvier 2018, expliqueraient ce regain de dynamisme.

Figure 1 – Variation de l'emploi en France entre 2007 et 2018

en nombre d'emplois
Figure 1 – Variation de l'emploi en France entre 2007 et 2018 (en nombre d'emplois) - Lecture : en 2018, l'emploi salarié progresse de 154 000 personnes et l'emploi non salarié de 71 000. Au total, l'emploi augmente de 225 000 personnes en France.
Salariés Non-salariés Ensemble
2007 345 327 22 722 368 049
2008 – 161 354 15 827 – 145 527
2009 – 228 858 12 561 – 216 297
2010 51 604 119 838 171 442
2011 66 414 75 648 142 062
2012 – 70 110 101 530 31 420
2013 78 265 112 046 190 311
2014 11 656 – 6 061 5 595
2015 102 211 9 722 111 933
2016 193 950 8 859 202 809
2017 (p) 323 388 15 029 338 417
2018 (p) 153 892 70 625 224 517
  • (p) : données provisoires.
  • Lecture : en 2018, l'emploi salarié progresse de 154 000 personnes et l'emploi non salarié de 71 000. Au total, l'emploi augmente de 225 000 personnes en France.
  • Champ : emploi salarié et non salarié, en fin d’année ; France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 1 – Variation de l'emploi en France entre 2007 et 2018

  • (p) : données provisoires.
  • Lecture : en 2018, l'emploi salarié progresse de 154 000 personnes et l'emploi non salarié de 71 000. Au total, l'emploi augmente de 225 000 personnes en France.
  • Champ : emploi salarié et non salarié, en fin d’année ; France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Le tertiaire marchand porte encore la hausse de l’emploi en 2018

En 2018, le tertiaire marchand continue de porter la hausse de l’emploi, même si sa progression est moins forte qu’en 2017 (figure 2). Le secteur représente 176 000 créations nettes d’emplois en 2018 (+ 1,3 %), après 307 000 créations en 2017 (+ 2,3 %). Cette décélération est imputable à l’emploi salarié : + 121 000 en 2018 (soit + 1,0 %), après + 295 000 en 2017 (+ 2,5 %). L’emploi non salarié au contraire accélère nettement : + 55 000 (soit + 3,8 %) en 2018, après + 12 000 (+ 0,8 %) en 2017.

Le ralentissement de l’emploi dans le tertiaire non marchand se poursuit : + 11 000 emplois en 2018, après + 18 000 en 2017. L’emploi salarié recule notamment plus nettement en 2018 (– 6 000) que l’année précédente (– 1 000).

En 2018, l’embellie se confirme dans l’industrie : l’emploi progresse (+ 14 000). En 2017, l’emploi dans l’industrie avait quasiment cessé de reculer, pour la première fois depuis 2000.

La reprise de l’emploi dans la construction se confirme également, avec + 31 000 emplois. Pour la première fois depuis 2008, l’emploi a augmenté en 2017 (+ 22 000). En 2018, la progression est portée principalement par l’emploi salarié (+ 28 000). L’emploi non salarié rebondit aussi : 3 000 emplois supplémentaires en 2018, alors qu’il baissait en 2017 (– 5 000).

Enfin, la baisse de l’emploi agricole persiste en 2018 (– 7 000). Elle est particulièrement marquée chez les exploitants agricoles (– 6 000) mais elle touche aussi l’emploi salarié (– 1 000).

Figure 2a - Nombre d'emplois total par secteur d'activité en France

en nombre d'emplois
Figure 2a - Nombre d'emplois total par secteur d'activité en France (en nombre d'emplois)
Agriculture,
sylviculture, pêche
Industrie Construction Tertiaire marchand Tertiaire non marchand Total
2000 819 988 4 194 641 1 473 789 11 260 270 7 355 527 25 104 215
2001 805 516 4 187 067 1 507 391 11 484 224 7 392 475 25 376 673
2002 788 163 4 104 575 1 511 234 11 613 205 7 526 152 25 543 329
2003 774 963 4 004 674 1 522 671 11 643 637 7 556 823 25 502 768
2004 770 068 3 913 432 1 553 100 11 765 310 7 622 704 25 624 614
2005 747 280 3 827 677 1 615 326 11 919 751 7 705 296 25 815 330
2006 726 047 3 772 350 1 692 551 12 123 699 7 813 307 26 127 954
2007 696 513 3 725 298 1 764 719 12 405 431 7 891 507 26 483 468
2008 680 894 3 649 754 1 776 066 12 299 963 7 931 082 26 337 759
2009 667 811 3 482 387 1 737 263 12 237 165 8 002 126 26 126 752
2010 656 959 3 401 907 1 735 474 12 470 968 8 019 992 26 285 300
2011* 656 826 3 387 255 1 734 818 12 618 105 8 028 087 26 425 091
2011* 677 912 3 427 353 1 770 354 12 862 728 8 258 669 26 997 016
2012 677 599 3 410 230 1 766 965 12 852 472 8 321 170 27 028 436
2013 681 664 3 378 203 1 753 347 12 952 365 8 453 168 27 218 747
2014 671 221 3 344 585 1 701 288 12 985 024 8 522 224 27 224 342
2015 666 348 3 308 257 1 659 826 13 134 682 8 567 162 27 336 275
2016 662 829 3 279 302 1 643 674 13 334 369 8 618 910 27 539 084
2017 (p) 656 353 3 277 110 1 665 972 13 641 399 8 636 667 27 877 501
2018 (p) 649 149 3 291 324 1 696 948 13 817 067 8 647 530 28 102 018
  • (p) : données provisoires.
  • * : avant 2011, les données d'emploi salarié et non salarié par secteur d'activité ne sont disponibles qu'au niveau France métropolitaine.
  • Champ : emploi salarié et non salarié, en fin d’année ; France métropolitaine jusqu'en 2011 (courbes en pointillés), France hors Mayotte à partir de 2011.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 2a - Nombre d'emplois total par secteur d'activité en France

  • (p) : données provisoires.
  • * : avant 2011, les données d'emploi salarié et non salarié par secteur d'activité ne sont disponibles qu'au niveau France métropolitaine.
  • Champ : emploi salarié et non salarié, en fin d’année ; France métropolitaine jusqu'en 2011 (courbes en pointillés), France hors Mayotte à partir de 2011.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Quatre régions perdent de l’emploi en 2018

En 2018, contrairement aux deux années précédentes, certaines régions perdent de l’emploi. En effet, l’emploi diminue à La Réunion, en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Centre-Val de Loire et dans le Grand Est (figure 3). En particulier, l’emploi se replie dans le tertiaire, marchand ou non, pour ces quatre régions. À La Réunion, les évolutions d’emploi sont les plus basses de France dans le tertiaire non marchand, le tertiaire marchand et la construction. Dans le tertiaire non marchand notamment, l’emploi diminue fortement (– 2,0 %) alors que ce secteur y représente 4 emplois sur 10.

Dans les Hauts-de-France et en Normandie, l’emploi progresse très faiblement. La croissance de l’emploi dans le tertiaire marchand y est inférieure à 1,0 % et l’emploi diminue dans le tertiaire non marchand (– 0,5 % dans les deux régions).

À l’inverse, l’emploi augmente très fortement en Guyane (+ 4,5 %), en Guadeloupe (+ 2,4 %) et en Corse (+ 2,4 %), où les hausses d’emploi sont particulièrement élevées dans le tertiaire, marchand ou non, et dans l’industrie.

Dans les autres régions (Île-de-France, Martinique, Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire), l’emploi continue d’augmenter nettement (de + 0,8 % à + 1,6 %).

Dans toutes ces régions, sauf dans les Pays de la Loire, le tertiaire marchand y augmente davantage qu’en moyenne nationale. Le secteur est particulièrement dynamique en Martinique et en Île-de-France (+ 2,1 % dans les deux régions), d’autant qu’il représente 6 emplois sur 10 dans la région parisienne. Dans les Pays de la Loire, l’emploi du tertiaire marchand progresse plus faiblement que la moyenne nationale, mais cet écart est en partie compensé par la bonne santé de l’industrie (+ 1,7 %).

Figure 3a - Évolution de l'emploi par région entre 2017 et 2018

en %
Figure 3a - Évolution de l'emploi par région entre 2017 et 2018 (en %)
Région Évolution
La Réunion – 1,0
Bourgogne-Franche-Comté – 0,6
Centre-Val de Loire – 0,3
Grand Est – 0,1
Hauts-de-France 0,0
Normandie 0,2
Pays de la Loire 0,8
Nouvelle-Aquitaine 0,9
Bretagne 0,9
Auvergne-Rhône-Alpes 0,9
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1,1
Occitanie 1,1
Martinique 1,3
Île-de-France 1,6
Corse 2,4
Guadeloupe 2,4
Guyane 4,5
France hors Mayotte 0,8
  • Note : données provisoires.
  • Champ : emploi salarié et non salarié, en fin d’année ; France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 3a - Évolution de l'emploi par région entre 2017 et 2018

  • Note : données provisoires.
  • Champ : emploi salarié et non salarié, en fin d’année ; France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Encadré - Avertissement sur les révisions

Les Estimations annuelles d’emploi provisoires sont les estimations les plus récentes pour l’année 2018. Elles intègrent notamment les premières estimations d’emploi non salarié. S’agissant de l’emploi salarié à fin 2018, il est légèrement révisé par rapport aux Estimations d’emploi trimestrielles publiées en septembre 2019. Notamment, l’évolution de l’emploi salarié dans l’agriculture entre fin 2017 et fin 2018 est revue à la baisse de 2,5 points ; celle du tertiaire marchand est revue à la baisse de 0,1 point.

Sources

Les Estimations d’emploi constituent la source de référence pour le suivi conjoncturel de l’emploi. Elles comptabilisent, annuellement et trimestriellement, le nombre de personnes en emploi en France hors Mayotte.

Les Estimations annuelles mesurent l’emploi total (salarié et non salarié) sur la dernière semaine de l’année par secteur d’activité (jusqu’au niveau A88 de la NAF rév. 2) et par échelon géographique (jusqu’à la zone d’emploi).

Depuis le millésime 2007, les Estimations annuelles d’emploi sont issues du dispositif Estel (Estimations d’emploi localisées), qui se fonde sur l’utilisation de sources administratives. Pour les salariés, il s’agit des Déclarations annuelles de données sociales (DADS « grand format ») et de la Déclaration sociale nominative (DSN) contenant, en plus des DADS et de la DSN stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l’État et celles des particuliers employeurs. Pour les non-salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité sociale agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss). Estel mesure l’emploi répertorié dans l’ensemble de ces sources administratives sur la dernière semaine de l’année, avec prise en compte de la multi-activité.

Les Estimations annuelles provisoires, produites pour les années ultérieures à la dernière validité du dispositif Estel (ici pour 2017 et 2018), reposent principalement sur les déclarations des entreprises auprès des organismes de recouvrement (source Epure), les données sur l’emploi intérimaire de la Dares et les données relatives aux particuliers employeurs.

Dans les Estimations annuelles d’emploi, les secteurs d’activité sont définis en fonction de l’activité principale des établissements en fin d’année.

Dans les Estimations d’emploi, les multi-actifs, c’est-à-dire les personnes qui occupent plusieurs emplois à une même date (soit parce qu’elles sont salariées et ont plusieurs employeurs, soit parce qu’elles sont à la fois non-salariées et salariées), ne sont comptés qu’une seule fois, au titre de leur emploi principal, qui correspond à celui qui leur procure la plus forte rémunération sur l’année.

Définitions


Microentreprise :

une microentreprise est une entreprise occupant moins de 10 personnes, et qui a un chiffre d'affaires annuel ou un total de bilan n'excédant pas 2 millions d'euros. Les microentreprises font partie des petites et moyennes entreprises (PME).

Cette notion, utilisée à des fins d'analyse statistique et économique, diffère de celle du régime fiscal de la micro-entreprise et ne s'apparente pas non plus au statut de micro-entrepreneur, appelé auto-entrepreneur avant le 19 décembre 2014.

Remarque :

Cette catégorie d'entreprises est définie par le décret d'application (n°2008-1354) de l'article 51 de la loi de modernisation de l'économie, « relatif aux critères permettant de déterminer la catégorie d'appartenance d'une entreprise pour les besoins de l'analyse statistique et économique ».


Secteur d'activité / Secteur :

un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée).

L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Au contraire, une branche regroupe des unités de production homogènes.

Pour en savoir plus

« Estimations d’emploi en 2018 », Insee Résultats, décembre 2019.

« Emploi, chômage, revenus du travail », coll. « Insee Références », édition 2019.

Planchais E., Verriest G., « En 2017, l’emploi progresse encore dans toutes les régions », Insee Focus n° 135, décembre 2018.

« La France et ses territoires », coll. « Insee Références », édition 2015.

Sources

Cet Insee Résultats présente des estimations d’emploi annuelles et trimestrielles au niveau national, ainsi que sur les échelons localisés (région, département, zone d'emploi).

Les estimations d'emploi sont issues de la synthèse de sources administratives. Elles permettent de mesurer tout emploi déclaré dans les données administratives durant une semaine de référence.

À partir de 2018, chaque millésime est diffusé en deux temps. Une première estimation est mise en ligne en fin d'année N, les données portent sur l'année N-1. Puis, une deuxième estimation intervient au premier trimestre de l'année N+1 qui actualise et rend définitives les données du millésime précédent ; les données pour le millésime en cours sont aussi mises à jour mais restent provisoires.

Les estimations annuelles d'emploi couvrent un champ plus large que les estimations trimestrielles. Elles permettent de réaliser un suivi de l'emploi total (salarié et non-salarié), alors que les données trimestrielles ne portent que sur l'emploi salarié.

Suivant les validités, les estimations annuelles sont dites provisoires ou définitives, en fonction des sources administratives disponibles. Les estimations définitives sont établies à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées). Celui-ci mobilise, sur le champ salarié, les déclarations annuelles de données sociales « grand format » : elles rassemblent les DADS, les données issues du Système d'information sur les agents des services publics / Siasp et les fichiers des salariés des particuliers employeurs. Sur le champ non-salarié, les données proviennent de la Mutualité sociale agricole (MSA) pour les affiliés à ce régime et de l'Agence centrale des organismes de données sécurité sociale (Acoss) pour les autres. Dans le dispositif Estel, les multiactifs, c’est-à-dire les personnes qui occupent plusieurs emplois à une même date (soit parce qu'ils sont salariés et ont plusieurs employeurs, soit parce qu'ils sont à la fois salariés et non salariés) ne sont comptabilisés qu'une seule fois.

Une présentation générale des estimations d'emploi ainsi que du dispositif Estel (estimations d'emploi localisé) sont accessibles dans la rubrique « Définitions, Méthodes et Qualité » du site insee.fr.

Nomenclatures

Accéder à la Nomenclature d'activités française / NAF rev. 2